‹ L'hérédité psychologiqueChapitre 53 sur 114 · I. D’antres faits dans Lucas, II · texte numérisé non relu

I. D’antres faits dans Lucas, II

l’hérédité psychologique morbide 151

banal que, pour en trouver des exemples, il suffit d’ouvrir presque au hasard un livre sur la folie ou de rechercher les antécédents d’un malade quelconque dans un asile. Aussi je n’indiquerai que quelques cas et en me bornant à ceux où l’hérédité est accumulée à sa plus haute puissance.

Il y a des familles dont les membres, à peu d’exceptions près, sont tous attaqués de folie et de la même espèce. Trois parents entrèrent à la fois dans l’hôpital des fous de Philadelphie. On a vu, dans l’asile du Connecticut, un fou qui était le onzième de sa famille. Lucas parle d’une dame qui était la huitième. Souvent ce mal se déclare au même âge dans les générations successives. Toute la descendance d’une famille noble de Hambourg, remarquable depuis le bisaïeul par de grands talents militaires, était à quarante ans frappée d’aliénation : il n’en restait plus qu’un seul rejeton, officier comme ses pères, à qui le sénat interdit de se marier : l’âge critique arrivé, il perdit la raison *.

Un octogénaire connu de Trousseau est atteint à soixantequatre ans de manie mélancolique et en guérit. Il a deux fils et une fille. Le fils ainé est sensé, mais d’un caractère triste. Le cadet est mort fou : il a eu un fils sain d’esprit, mais qui a lui-même un fils idiot. — La fille, peu intelligente et bizarre, a eu deux fils : l’un est mort fou, l’autre est presque idiot. — Ce nonagénaire avait une sœur. Elle est devenue folle à trente ans, laissant un fils et une fille. Le fils est épileptique. La fille est morte folle, laissant un fils qui a déjà des troubles notables de l’intelligence 1 2.

M. G. Doutrebente, dans son Etude généalogique sur les aliénés héréditaires 3, a recueilli les faits les plus curieux.

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