‹ L'hérédité psychologiqueChapitre 65 sur 114 · HOMMES · texte numérisé non relu

HOMMES

Sur 1 000 cas.

128 venant du père.

110 — de la mère.

26 — des deux.

KEHMES.

Sur 1 000 cas.

130 venant de la mère.

100 — du père.

26 — des deux.

On voit que ce tableau conduirait à des conclusions analogues.

La prépondérance d’un sexe sur le sexe de même nom se révèle à chaque instant dans l’histoire.

Hérédité du père au fils. — Nous en avons donné tant d’exemples dans la première partie qu’il est inutile de les répéter ici. Rappelons ces familles de savants, de musiciens, de peintres, d’hommes politiques ou d’hommes de guerre , dont quelques-unes conservent l’hérédité d’un même talent pendant plusieurs générations consécutives : les Bernoulli, les Gassini, les Mozart, les Beethoven, les Van der Velde, les Téniers, les Guise, les Pitt, les Herschel, les Candolle, etc., etc.

Hérédité de la mère à la fille. — On ne s’étonnera pas qu’ici nous n’ayons pas beaucoup d’exemples à donner. Il est probable que tous ceux qui recueilleront un peu leurs souvenirs en trouveront dans les familles ordinaires. Dans l’histoire, les sciences et les lettres, c’est plus difficile. Les

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femmes n’y ayant joué qu’un rôle très restreint, il est naturel que les cas d’hérédité entre une mère célèbre et une fille célèbre soient assez rares. En voici pourtant quelques-uns

L’empereur Auguste, qui se maria plusieurs fois, eut de Scribonia sa célèbre fille Julie. Celle-ci, mariée à Agrippa, donna naissance à une autre Julie. Toutes deux firent son désespoir, par l’infamie de leur conduite. « Julias, filiam et neptem, dit Suétone (c. 65), omnibus probris contaminatas relegavit. »

Remarquons en passant que , d’après le même historien, César eut de Cléopâtre un fils « similem Cæsaris forma et incessu ». Il s’appelait Césarion et mourut très jeune.

Agrippine, femme de Germanicus, « la Mère des camps, » femme résolue, héroïque, pervicax iræ , disait Tacite. Fille d’Agrippa, elle a conservé dans les traits quelque chose de l’air farouche de son père. « Ma fille, lui disait Tibère, tu te plains toujours, si ta ne règnes pas. » Elle fut mère de la fameuse Agrippine, qui s’asservit Claude et fit de Néron un empereur.

Au moyen âge, on peut citer : Marozia, mère du pape Jean XI. Cette femme, célèbre au xe siècle par ses richesses, son influence et ses déportements, tenait ses vices de sa mère Théodora et les transmit à son fils.

Michelet signale la ressemblance de Marie Leczinska avec sa fille Adélaïde. « La reine, avant le mariage, avait des tendances à l’épilepsie. Même mariée, la nuit, agitée de peurs vaines, elle se levait, allait, venait. Madame Adélaïde semble avoir hérité beaucoup de cette agitation. Elle était courageuse, avait l’audace de sa race, avec certaines peurs enfantines, du tonnerre par exemple.... La reine aimait son père (Stanislas) et en était aimée extrè-

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mement, rendait sa mère jalouse. Adélaïde eut d’elle encore cela, aima éperdûment son père, sans mesure ni raison. » [H. de F., tome XVI.)

Pour nous résumer sur le sujet de l’hérédité directe et immédiate, disons : En fait, l’enfant hérite de ses deux parents. L’un des deux n’a jamais une action exclusive. L’un des deux a toujours une action prépondérante. Cette prépondérance a lieu de deux manières : d’un sexe au sexe du même nom ; d’un sexe au sexe de nom contraire. Nous avons vu que l’une et l’autre sont très fréquentes.

La seule question qu’on puisse poser serait donc celleci : Laquelle des deux est la plus fréquente ?

La réponse à cette question est impossible, et, si elle était possible, serait oiseuse. Il faudrait, pour être strictement exact, rassembler tous les cas d’hérédité directe, en faire deux groupes : d’une part le croisement, d’autre part le non-croisement, et comparer les deux sommes. Et tout ce travail, impossible d’ailleurs, ne mènerait à rien. Il y aurait probablement entre les deux sommes si peu de différence qu’on ne pourrait dire : Celle-ci exprime la loi, celle-là les exceptions. Toutes les fois que ce cas se présente, et il n’est pas rare, on peut dire que les deux partis ont raison et tort; que chacun ne tient qu’un fragment de la loi, en croyant posséder la loi tout entière. D'ailleurs, ce qui diminue beaucoup l’intérêt de cette question, c’est que la transmission héréditaire n’est pas restreinte aux deux générations qui se touchent : elle les dépasse. Pour la bien comprendre, il faut la suivre dans toute son évolution. C’est ce qui apparaîtra plus cla;rement après que nous aurons étudié les phénomènes d’atavisme.

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