Lucas, t. II, p
LES LOIS
et Vousgier, dans une communication à l’Académie des sciences, ont montré par des observations bien nettes « que l’enfant engendré dans un accès de délire toxique transitoire peut être épileptique, aliéné, obtus, idiot. »
« Depuis longtemps, dit M. de Quatrefages, on a remarqué que les enfants engendrés pendant l’ivresse présentent souvent en permanence certains signes caractéristiques de cet état : des sens obtus et des facultés intellectuelles presque nulles. Or, à Toulouse, pendant ma courte carrière médicale, j’ai eu l’occasion d’observer un fait de ce genre. Deux artisans, le mari et la femme, appartenant à des familles dont tous les membres avaient été sains de corps et d’esprit, avaient quatre enfants. Les deux premiers étaient vifs et intelligents, le troisième à demi idiot et presque sourd; le dernier ressemblait aux aînés. Des détails que me donna la mère, dont cet enfant dénué d’intelligence faisait l’affliction, il résulta qu’il avait été conçu dans un moment où son père était abruti par l’ivresse. Isolé, ce fait n’aurait que peu ou point de signification : rapproché de ceux qu’ont fait connaître Lucas, Morel, etc., il en a au contraire une très grande *. » Il nous fait comprendre, en effet, que ces états passagers qui existent au moment de la conception peuvent avoir une influence décisive sur la nature de l’être procréé; en sorte que souvent, où nous voyons de l’innéité, une connaissance plus complète des causes nous montrerait de l’hérédité.
Cette influence du moment a même été admise par certains auteurs pour des états plus transitoires encore, comme les passions et les affections morales. » Un des enfants adultérins de Louis XIV, conçu dans une crise de larmes et de remords de Mme de Montespan que les