‹ L'hérédité syphilitiqueChapitre 2 sur 67 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

C’est, en second lieu, que cette question est de celles qui s'étendent et s’élargissent à mesure qu’elles sont plus explorées. Fort souvent, en l’espèce, une difficulté vaineue, c’est-a-dire une vérité découverte, n'a servi qu'à mettre en perspective un obstacle nouveau, c'est-à-dire un problème nouveau, auquel on n'avait même pas songé jusqu'alors. Sans compter que plus d’une fois le bilan de ce que l’on considérait comme des vérités acquises s’est trouvé soudainement réduit par l'avènement d’un fait inattendu, venant ébranler ou ruiner d’anciennes croyances. Plus d’une fois la vérité de la veille est devenue de la sorte l'erreur du lendemain. C’est ainsi, pour prendre un exemple, que l'authenticité de la syphilis héréditaire tardive à mis à néant certains résultats qu'on avait pu regarder comme démontrés et définitivement acquis. On vivait sur cette croyance qu'un enfant resté indemne de toute manifestation syvphilitique au cours de ses premiers mois était bien sûrement et définitivement un enfant sain. Puis, aujourd’hui, voici que cedit enfant peut n'être en réalité qu'un sujet syphilitique chez lequel l'infection ne se révèlera que tardivement, chez lequel la syphilis n’entrera en évolution apparente que dans un avenir plus ou moins éloigné, c’est-à-dire cinq, dix, quinze ans après sa naissance, voire plus tard encore peut-être. Et alors, en face de ce fait nouveau, de cette acquisition scientifique née d’aujourd’'hui, pour ainsi dire, que sont devenus les

résultats et les statistiques de la veille, qui nous représentaient comme sûrement indemne de toute tare héréditaire un enfant épargné au cours du premier âge? Autant de labeurs perdus; autant de travaux à recommencer et dans des conditions nouvelles d'observation.

Aussi bien, pour ces raisons et d’autres encore que je passerai sous silence, l’exposé qui doit suivre contiendra-t-1] — soyez en prévenus et n'en éprouvez point de surprise —, à côté de démonstrations acquises et probablement, voire sürement définitives, de nombreux points encore indéterminés, controversés et controversables, au total incertains, litigieux; sans parler même de nombreuses lacunes qu'il est encore impossible de combler dans l’état actuel de nos connaissances.

Aussi bien, done, mon rôle sera-t-il double en définitive, et c’est ainsi, je pense, qu'il m'incombe de le comprendre, à savoir :

D'une part, vous exposer ce que d'ores et déja nOUS SAVORS — OÙ CrovOns SAvOIr;

D'autre part, vous signaler ce que nous ne savons pas, ce qui reste à l'étude, et vous le signaler avec non moins de soin, en vue d'appeler sur ces obseurités et ces desiderata du sujet l'attention, les recherches, les efforts des observateurs.

Un mot encore pour en finir avec ce préambule. Il va sans dire que, pour ces conférences, je m' inspir eral largement du stock immense de Ve aux

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