‹ L'hérédité syphilitiqueChapitre 25 sur 67 · Diday, Le Péril vénérien, p · texte numérisé non relu

Diday, Le Péril vénérien, p

Et c'est ainsi, très certainement, que doivent s'expliquer (au moins pour un certain nombre) ces cas singuliers où de jeunes mariées se sont trouvées tout à coup en état de syphilis peu de temps après leur mariage, et cela sans qu'on sache ni pourquoi ni comment. « C’est tout à coup, vous raconte-t-on (et que d'exemples de ce genre n’aurais-je pas à citer!), que la jeune femme a présenté des accidents de syphilis secondaire », alors cependant que le mari était resté indemne de tout accident. Comment donc a pu se produire cette syphilis étrange, extraordinaire ? Cherchez bien, et toujours, en pareil cas, vous apprendrez ceci : que, peu de temps après son mariage, cette femme a fait une fausse couche de quelques semaines; — ou bien, si la fausse couche ne vous est pas dénoncée en propres termes, elle vous sera implicitement révélée par ce fait que la femme aura éprouvé, peu de temps avant l'invasion des accidents syphilitiques, quelque chose comme un « retard » ou une « perte ».

Dans ces conditions, bien évidemment, l'infection de la femme a fœto, c’est-à-dire la syphilis par conception ne saurait être démontrable, puisqu'un des éléments essentiels de cette démonstration fait absolument défaut, c’est-à-dire puisqu'entre la syphilis du père et la syphilis de la mère 1l manque un chainon, à savoir la syphilis de Penfant. Mais en est-elle moins réelle, moins authentique pour cela? Non. Car elle ressort en non moindre évidence des deux particularités suivantes :

FourRNIER. — L'Hérédité syphilitique. I

SE

1° Impossibilité de rattacher cette contamination à une autre origine que celle d’une infection par le fœtus ;

2° Et production fréquente d'infections identiques dans un ensemble de circonstances identiques.

Aussi bien, si de telles contaminations étaient “apportées à leur véritable cause, si nous étions assez enhardis pour les rattacher à leur origine réelle et leur imposer l'étiquette qui leur convient, la fréquence de la syphilis par conception serait-elle considérée pour ce qu’elle est réellement, je crois, à savoir comme beaucoup plus considérable qu’on ne la suppose généralement.

Voila déjà deux raisons qui, dans une large mesure, surélèvent la fréquence de la syphilis conceptionnelle au-dessus de ce que j'appellerai son taux accrédité. Eh bien, ce n’est pas tout. Car aux deux raisons qui précèdent s’en ajoute encore une troisième qu'il me reste à vous signaler.

Celle-ci consiste en ce fait que l'infection qui immigre de l'enfant à la mère est souvent méconnue, et méconnue parce qu'elle reste chez la mère à l’état d’imprégnation LATENTE.

Avec cette dernière proposition, à Coup sûr inattendue, nous voici en regard d’une particularité nouvelle qui, à elle seule, constitue tout un sujet d’études et qui, de par son importance, va exiger de nous de longs développements.

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