‹ L'hérédité syphilitiqueChapitre 37 sur 67 · Page 80 et suiv · texte numérisé non relu

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spécifique, puis s’amaigrit, s'émacie, présente une orchite spécifique, de la péritonite, et finalement succombe le dix-neuvième jour. »

M. Homolle dit de même « qu'il est des eas où les effets de l’hérédité syphilitique, bien loin de s’atténuer progressivement, se montrent, au contraire, plus graves chez les enfants qui naissent à une période avancée de la syphilis de leurs parents que chez les premiers-nés "».

Ainsi done le fait est authentique ; et, quelque bizarre qu'il soit ou puisse paraitre, force nous est de l'enregistrer en nos souvenirs sous la formule générale suivante :

Il n'est pas impossible que l'hérédité syphilitique échappe à l'influence atténuante du temps.

Comme corollaire, donnons immédiatement place ici à cet autre résultat d'observation clinique.

il est une croyance répandue parmi les gens du monde, voire agréée de quelques médecins : e’est que, dans un ménage syphilitique, la naissance d’un enfant indemne de syphilis constitue une sorte de brevet d'immunité, de garantie d'avenir, et cela soit pour les enfants ultérieurs, soit même pour les parents.

Que de fois, pour ma seule part, n’ai-je pas entendu tel ou tel de mes malades, venant d’avoir un enfant indemne, me dire : « Ah! docteur, c’est

1. Nouveau dictionnaire de médec. et de chir. pratiques, art.

Srphilis, p. 693

donc fini, bien fini désormais ; car cet enfant, qui n'a rien, prouve bien que je suis guéri, n'est-ce pas ? Grâce à lui, je suis bien certain maintenant de n'avoir plus rien à craindre, ni pour moi, ni pour un autre enfant à venir. »

Eh bien, non, la naissance d’un enfant sain n’est pas ce que s’imaginent les malades, à savoir : un certificat de libération. Elle n’a pas cette signification, malheureusement, et loin de là !

D'abord, en ce qui concerne les parents, elle ne comporte en rien pour eux une garantie d'avenir. On voit couramment (c'est un point dont nous allons parler en détail dans un instant) des parents engendrer un enfant sain, puis, consécutivement à la naissance de cet enfant, présenter tel ou tel aceident de syphilis. Je suis Pami d’une famille où le père est mort de syphilis cérébrale (constatée à l’autopsie) après avoir donné le jour à deux enfants qui, âgés actuellement de vingt-quatre et vingt-deux ans, n’ont jamais présenté le moindre symptôme d'infection.

En second lieu, la naissance d’un enfant sain ne constitue pas davantage un ceritérium d’immunite certaine pour les enfants ultérieurs. Cela, nous venons de le voir par plusieurs des cas précités, cas assez démonstratifs, je crois, pour qu'il soit inutile de leur adjoindre d’autres preuves. Il est indéniable qu’à la suite d’un enfant né sain, dans un ménage syphilitique, peut naître un enfant entaché de syphilis.

Notons toutefois une différence profonde entre les deux dernières propositions que nous venons de formuler. Ainsi :

La naissance d’un enfant sain ne comporte, pour ainsi dire, aucune signification favorable relativement à la syphilis des parents, relativement à l’avenir de cette syphilis ; — tandis que, tout au contraire, elle ne laisse pas de constituer, pour les grossesses futures, pour les enfants à naître, un pronostic réellement favorable et une sécurité non pas absolue (nous le savons de reste), mais tout au moins relative. C'est presque une garantie, dirai-je, pour les enfants ultérieurs, c'est presque un augure de sauvegarde.

Eten effet, de par l'expérience, de par le dépouillement de nos statistiques, 11 m'est permis d’affirmer les deux résultats que voici :

1° Il est absolument commun de voir, econséeutivement à la naissance d'un enfant sain, la syphilis des parents sévir à nouveau sur eux et sévir quelquefois d’une facon grave, très grave, voire d’une facon mortelle.

2° Au contraire, il est absolument rare de voir, dans un ménage syphilitique, la naissance d’un enfant sain étre suivie de la naissance d’enfants affectés de syphilis ou éprouvés par la syphilis d'une façon quelconque. Certes, cela s’observe, comme nous en avons eu la preuve par ce qui précède, mais cela s’observe quelquefois seulement, de loin en loin. Les cas de cet ordre sont de

réelles exceptions relativement aux cas inverses. Si bien, en définitive, qu'on peut poser ceci, non pas comme règle, mais comme fait habituel, à savoir :

Que l'influence hérédo-syphilitique, alors qu'elle ne s’est pas exercée dans une première grossesse ou, a fortiori, dans une série de grossesses, ne s'exerce pas dans les grossesses ultérieures.

En autres termes, dans un ménage entaché d’une tare syphilitique, la naissance d’un enfant qui reste indemne est une garantie 4 peu près formelle d’immunité pour les enfants à naître subséquemment.

Ce résultat d'observation clinique ne comporte, je le répète, que des dérogations assez rares.

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