‹ L'hérédité syphilitiqueChapitre 47 sur 67 · Behrend. Berliner Klin. Woch · texte numérisé non relu

Behrend. Berliner Klin. Woch

4. Lancry, Observation pour servir à l’histoire de l'influence hérédi-

taire de la syphilis. (Annales de dermat. et de syphiligr., 1886, p. 418.

Dec :

déterminer la naissance d’un enfant sain; puis que, ce traitement ayant été discontinué prématurément, son influence s’est effacée, et qu'alors la diathèse, reprenant ses droits, s'est affirmée par de nouveaux méfaits héréditaires.

Rappelez-vous, à ce sujet, la belle observation de Turhmann que je vous ai relatée et qui se résume en ceel :

Femme syphilitique devenue enceinte onze fois.

Au cours des sept premières grossesses, pas de traitement. — Résultat : sept enfants syphilitiques, tous morts.

Au cours de la huitième et de la neuvième grossesse, intervention du traitement spécifique. — Résultat : deux enfants vivants et sains.

Dixième grossesse, pas de traitement. — Accouchement d'un enfant syphilitique, qui meurt de syphilis.

Onzième grossesse, reprise du traitement. — Enfant né vivant et restant sain.

Il n’est guère possible qu’un tel cas ait jamais ‘son pareil.

Cependant Taylor en a eité un de même ordre qui mérite mention. Ce cas est même particulièrement curieux en ce que l'alternance à dérivé en lPespèce d’une influence thérapeutique s’exerçant sur le père. Le voici, sommairement :

« Un homme syphilitique, marié à une femme saine, commence par avoir un enfant mort-né, probablement syphilitique.

Fournier. — L'Hérédité syphilitique. 19

« Alors, il se traite. — Second enfant, qui nait sain.

« Alors, 1l ne se traite plus. — Troisième en-

fant, fortement syphilitique.

« Alors, il se traite à nouveau. — Quatrième enfant, sain. »

Enfin, à titre d’analogie, citons encore cet autre cas, emprunté à mes notes :

Mari et femme syphilitiques. — Quatre grossesses.

Au cours de la première et de la troisième grossesse, la jeune femme est laissée sans traitement et avorte.

Au cours de la deuxième et de la quatrième grossesse, elle est traitée par les frictions mercurielles et l’iodure de potassium; — elle amène à terme deux enfants vivants et sains ‘.

Dans les cas de ce genre, c’est-à-dire alors que le traitement intervient ou n'intervient pas tour à tour, on a la clef de ces alternances héréditaires; et, avec toute raison, on peut dire :

C'est le traitement qui, cette fois, a suspendu, réprimé l'influence héréditaire; — c’est l'absence de traitement qui, cette autre fois, a laissé linfluence héréditaire se reproduire.

Et cette interprétation, qui satisfait absolument l'esprit, doit sûrement être exacte, c’est-à-dire eonforme à la pathogénie intime et réelle des phénomènes.

1. V. Syphilis et mariage, 2° édit., p. 211, où un autre fait de même ordre se trouve relaté.

Mais il est des cas où l’action suspensive du traitement sur l'hérédité syphilitique ne saurait plus être invoquée, le traitement n'étant pas intervenu. Et alors, comment comprendre, comment interpréter l’alternance héréditaire? On ne saurait pas, à coup sûr, la considérer comme une fantaisie, un caprice de la diathèse, un effet de pur hasard. IF faut bien qu’elle ait une raison. Mais quelle peut être cette raison?

Les hypothèses n'ont pas fait défaut. On a dit ceci, par exemple, sous des formes variées :

Les alternances héréditaires ne sont dues qu'aux alternances normales d'évolution de la maladie chez le géniteur ou les géniteurs infectés. La maladie estelle dans une période d’éréthisme, de poussées, les enfants procréés à ce moment sont touchés par l'hérédité pathologique et naissent en état de syphilis; — est-elle, inversement, dans un stade de repos, les enfants naissent indemnes.

Fort bien! répondrai-je; mais il n'est qu'un malheur pour cette théorie : c’est que l'hérédité syphilitique, ainsi que nous lavons établi précédemment, n’a nul besoin pour s'exercer que les géniteurs infectés soient, au moment même de la procréation, dans une période de syphilis active; il suffit qu'ils soient en état latent de syphilis. Maintes fois, en effet, des géniteurs en état latent de syphilis ont engendré des enfants sur lesquels à sévi, d’une façon ou d’une autre, l'hérédité syphilitique. À preuve ces avortements en série dans des ménages où le mari, anciennement syphilitique, ne

présentait plus depuis longtemps le moindre symptôme de syphilis.

Pour d’autres, la variabilité possible de l'hérédité syphilitique au cours de grossesses successives serait due à ce qu'ils appellent les « révivifications aceidentelles du virus », susceptibles de se produire « à propos d’une perturbation organique quelconque, à propos d’une excitation morale ou physique, d’une fluxion nerveuse ou sanguine, à propos d'une grossesse, ete »". — De même, en ce qui concerne l’influence héréditaire paternelle, Hutchinson a dit ceci : « On peut, ce me semble, parfaitement concevoir que le virus syphilitique existe dans la semence paternelle à un certain moment et ne S'Y rencontre pas à un autre. »

Sans doute, tout cela est possible; mais c’est là un ordre de possibilités hypothétiques dont la démonstration échappe absolument.

D'autres encore ont raisonné ainsi : Tout n’est pas infecté dans la personne d’un syphilitique. I y à dans le sang, dans le sperme, dans l’ovaire des syphilitiques, des cellules infectées et des cellules saines. Eh bien, voilà le secret des alternances héréditaires. Les enfants dérivant de cellules spermatiques ou ovulaires viciées subissent l’hérédité syphilitique, tandis que d’autres y échappent parce qu'ils

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