V. British and foreign Medico-chirurg. Review, oct
DIAGNOSTIC FRÉVISIONNEL. 301
pour influer sur la syphilis dans un sens où dans l’autre, où tout est moyen (passez-moi le mot), soit comme prédispositions héréditaires, soit comme garanties de sauvegarde. — Exemple du genre, que je n'aurai pas la peine d'inventer, car il s’est présenté à mot 1l y a peu de jours, et je ne ferai que le copier sur nature.
Un jeune homme a contracté la syphilis, 11 y a un peu plus de deux ans. Il n'a éprouvé comme accidents, à la suite de son chancre, qu'une roséole, quelques plaques muqueuses, quelques adénopathies, ete. Il s'est traité « au mercure » pendant plusieurs mois; mais quelles préparations, quelles doses a-t-il absorbées ? Il n’en sait rien, et impossible de le savoir; car, quelques jours avant ses noces, il a fuit, suivant l'usage, un holocauste de tous ses papiers compromettants et tout particulièrement de certaines ordonnances. Bref, se jugeant guéri, il s’est marié, et sa femme est enceinte de trois mois actuellement. Or, me racontet-il, depuis cette grossesse 1l a été pris d’un remords de conscience, car 1l a entendu dire que les enfants des syphilitiques héritent parfois de la syphilis de leur père, qu'ils naissent en pitoyable état, étiques, scrofuleux, « pourris »; et il vient à moi pour me demander deux choses : 1° ce à quoi il doit s'attendre relativement à l'enfant que porte sa femme; et 2° s’il est quelque chose à faire pour prévenir de regrettables éventualités.
Ne parlons pas de ce dernier point (à savoir du
quid agendum), car nous aurons bientôt à en traiter longuement, et restons exclusivement sur le terrain du pronostic. Or, dans les conditions précitées (que j'ai choisies à dessein, parce que ce sont là précisément celles de milliers de cas qu'on observe en pratique), est-il un pronostic ferme à déduire de semblables données? Non, en toute évidence. Avec des données de cetordre, moyennes de tout point, moyennes comme âge de la syphilis, comme caractères de cette syphilis, comme traitement, ete., tout est possible, manifestement tout, aussi bien la naissance d’un enfant sain que la naissance d’un enfant syphilitique. On trouverait de part et d’autre des centaines d'observations. pour démontrer qu’en de telles conditions, qu’à nouveau je qualifie de moyennes, l’hérédité syphilitique s’est exercée ou ne s’est pas exercée. Donc, dans toute situation de ce genre, pas de pronostic possible à formuler, pas de présomptions véritablement sérieuses et scientifiques à émettre; rien à dire, au total.
J’accorde que, dans certains cas quelque peu différents, où viendra prendre place telle ou telle circonstance soit atténuante, soit aggravante, le pronostie pourra trouver une base plus solide sur des considérations plus motivées. Mais encore, quelle part ne faudra-t-1l pas laisser à l'inconnu, à l'imprévu, à toutes ces exceptions, ces irrégularités, ces inégalités, ces anomalies, etc., que je vous mentionnais précédemment!
Aussi bien, comme conclusion, pouvons-nous dire ceei :
Certes, oui, il est des cas où, dans l’ordre de situations qui nous occupe, le médecin sera en état de présager le résultat favorable ou défavorable d’une grossesse, et de le présager avec une somme de probabilités équivalant à une quasicertitude.
Mais les cas de cet ordre ne sont pas les plus communs.
Et bien autrement fréquents, au contraire, sont les cas où, en l’absence de raisons suffisamment motivées pour ou contre l’éventualité d’une transmission héréditaire, les prévisions à émettre se borneront à de simples présomptions plus ou moins hypothétiques, voire où toute prévision deviendra scientifiquement impossible.
XXXIIT
Si l’on me demandait ceci: « Qu’y a-t-il de plus redoutable dans toute la syphilis? Quel est le plus malfaisant dommage que la syphilis inflige à Phumanité? Sous quelle forme symptomatologique, par quel ordre d’aceidents est-elle plus particulièrement nocive, funeste, pernicieuse ? » — si, dis-je, une telle question m'était posée, je n’éprouverais
oo
pas l'ombre d’un embarras, d’une hésitation, pour répondre tout aussitôt :
Ce qu'il y a de plus redoutable dans toute la syphilis, ce par quoi la syphilis s'élève au rang d’un fléau pour lhumanité, c'est, à coup sür et sans contestation possible, sa faculté de transmission héréditaire, c’est ce qu'on appelle son Aeredité, sous les diverses formes par lesquelles cette hérédité peut se traduire.
Et le bien fondé de cette réponse, de cette appréciation, va ressortir immédiatement pour vous du simple parallèle que voici.
Qu'y a-t-il au total de véritablement sérieux, d'important, de grave, dans toute la vérole? Les manifestations tertiaires, n'est-il pas vrai? Et, parmi les manifestations tertiaires, quelle est la plus redoutable tout à la fois comme fréquence et comme dommage possible, voire comme menace pour la vie? La syphilis cérébrale, chacun de vous Pa eitée
N | 1 a l'avance".
r. Est-il besoin de légitimer ce que je viens de dire sur l’excessive gravité du pronostic que comporte la syphilis cérébrale ? I me suffira de citer la statistique suivante, empruntée à mes Zecons sur la Syphilis du cerveau (G. Masson, 1879).
«.. J'ai dans mes notes go cas de syphilis cérébrale à terminaisons connues, c’est-à-dire dont il m’a été permis d'apprécier les résultats définitifs (réserve faite, bien entendu, pour l'éventualité de recrudescences ou de récidives ultérieures).
Or, ces 90 cas peuvent être très naturellement distribués en deux groupes, comme il suit :
1° Cas heureux où relativement heureux, comprenant : d’une part, les guérisons vraies, et, d'autre part, celles que nous sommes convenus de qualifier du nom de guérisons incomplètes. c’est-à-dire
Or, comparez, de par vos souvenirs cliniques, le nombre des victimes que fait la syphilis cérébrale à celui que fait l’hérédité syphilitique, et jugez! Dans un instant je vais vous dire que mes statistiques de ville (à ne parler que de celles-là) me
avec reliquats légers; 2° Cas malheureux, comprenant : d’une part, les cas suivis de mort, et, d’autre part, les cas de survie avec infirmités sérieuses, graves.
Eh bien, comparons ces deux groupes. Le premier s'élève au chiffre de 43; — et le second à celui de 47.
Ainsi, premier résultat : Le nombre des cas malheureux dépasse quelque peu celui des cas heureux (dans la proportion de 47 à 43).
En second lieu, remarquez ceci : Sur 90 cas, pas plus de 30 guérisons véritables.
De plus, sur 90 cas, 14 morts; — et 33 cas de survie avec injirmités graves, laissant les malades dans un déplorable état pour le reste de leur existence.
Quels résultats! Quels chiffres lamentables! Tout au plus un cas heureux ou relativement, incomplètement heureux, contre un cas se terminant soit par la mort, soit (ce qui est parfois à peu près équivalent) par une infirmité sérieuse, incurable, définitive! — Comparez à cette proportion la proportion des succès ou des insuccès fournis par tant et tant d’autres maladies importantes, graves, telles que la pneumonie, la fièvre typhoïde, la variole, ete., et vous verrez la gravité de ces dernières rester fort au-dessous de celle de la syphilis cérébrale.
C'est qu’en effet, Messieurs, la syphilis cérébrale constitue, comme je vous l’ai déjà dit maintes fois, une AFFECTION DES PLUS GRAVES; — une affection comportant des risques de mort nombreux; — comportant des risques plus nombreux encore d’infirmités sérieuses ; — n’offrant aucune chance de guérison spontanée ; — accessible, il est vrai, dans une certaine mesure, à l’action du traitement spécifique; — mais seulement curable en de certaines conditions, alors que, reconnue comme nature à une période voisine de son début, elle est attaquée de bonne heure par un traitement d’une intensité particulière.
Voilà, Messieurs, ce qui ressort de l’expérience commune, et voilà ce que confirme numériquement la désolante statistique que
je viens de produire. » (P. 576.)
Fournier. — L'Herédité syphilitique. 20
fournissent un total de 527 morts d'enfants par hérédité syphilitique. Eh bien, me serait-il donné de vivre encore cinquante ans, je n'aboutirais certainement pas à enregistrer dans mes notes un chiffre égal de morts par syphilis cérébrale. Donc, la mortalité que réalise l'hérédité syphilütique est infiniment supérieure à celle qui dérive de la modalité la plus grave, la plus pré- Judiciable, la plus pernicieuse, de la syphilis. Vous voyez, conséquemment, si l’on est autorisé à dire que l’hérédité constitue le pire danger qui puisse dériver de la syphilis. C’est de par ses facultés héréditaires que la syphilis s'élève au triste rang d'une calamité domestique pour les familles et d’un facteur de dépopulation pour la société. Cette proposition est déjà justifiée en partie à vos yeux par ce qui précède; elle le sera mieux encore et plus complètement, je l'espère, par ce qui
va suivre.
Un point se présente à discuter et, s'il est possible, à élucider tout d’abord.
Avec quel degré de fréquence s'exerce l'héredité syphilitique dans les ménages entachés de syphilis ?
Je ne sache pas que jusqu'ici aucun document ait été pro-
statistique — AU TOITS important
duit sur ce sujet. Eh bien, j'ai eu l’ambition, sinon de combler cette lacune, du moins de commencer à la combler.
J'ai done dépouillé à ce point de vue 500 des observations dont je dispose, observations de tout genre, de tout ordre, forcément relatives aux cas les plus divers et parfois même les plus opposés, c'est-à-dire relatives à des malades très inégalement affectés par la syphilis; — à des malades dont les uns, par exemple, ont eu une syphilis légère et d’autres une syphilis plus ou moins grave; — dont les uns se sont traités longtemps et sérieusement, tandis que les autres n’ont suivi qu'un traitement à peine digne de ce nom; — dont les uns ne se sont mariés que tardivement et sur avis motivé de leur médecin, et dont les autres sont imprudemment devenus pères dès la première année de leur syphilis, etc., ete. Et ainsi de suite.
Mais que ce pêle-mêle d'éléments disparates ne vous effraye pas. Pour déroger à cette loi des statistiques qui réclame le groupement d'unités comparables, 1l ne sera en l'espèce que plus instructif; car 1] aura l'avantage de nous fournir, si je puis m'exprimer ainsi, une photographie sur nature de lP’hérédité syphilitique; 11 nous reproduira cette hérédité telle qu’elle est, telle qu'elle se présente en pratique, c’est-à-dire composée de facteurs absolument divers, de conditions et de circonstances variées à l'infini. Nous allons voir là l’hérédité syphilitique telle qu'il a été donné à un pra-
——— ms
ticien de l’observer en trente ans de clientèle, dans le monde parisien.
Voici donc les résultats du dépouillement minutieux de mes notes :
Sur les 5oo ménages en question, il en est :
223, où l’hérédité syphilitique ne s’est pas produite, c’est-à-dire où les enfants sont nés vivants et indemnes ;
175, où elle s’est au contraire exercée suivant tel ou tel de ses modes ;
Et 102, où elle s’est exercée d’abord, pour devenir plus tard inoffensive.
Eb bien, additionnant ces deux derniers groupes (que composent les cas absolument ou relativement malheureux, par opposition aux cas heureux qui constituent le premier groupe), nous aboutissons en définitive à ceci :
Que, sur les 500 ménages susdits, il en est 277 qui ont été éprouvés par l'hérédité syphilitique; — 277 Sur 200, c'est-à-dire plus de moitié.
D'où il suit que, d’une facon approximative, mais très certainement plus ou moins voisine de la vérité, on peut dire :
ge entaché de la tare syplulitique, il y a plus de 50 oo de risques pour
que la disposition morbide des parents se réfle-
Etant donné un mena
chisse sur le produit de conception.
Ce premier point, d’abord, ne laisse pas d’être intéressant. Mais poursulIvons.
En second lieu, de ces 500 ménages sont issues 1127 grossesses, lesquelles se sont terminées comme il suit :
1° Heureusement, c’est-à-dire par naissance d'enfants SAIS COUT VIVAILESS + sua ce à ou » tete tels à «000101.
2° Malheureusement, c’est-à-dire par avortements,
morts précoces, infection syphilitique des enfants, dé- Hnercscences diverses, reté, 2, "Die. 0% 2e 527 fois.
Enfin, au détail, ces 527 grossesses à résultats malheureux se répartissent ainsi :
Avortements . . . : ; ; y 290 Morts (généralement Du ‘dé \épe pres Le naissance, et soit par syphilis, soit par affections parasyphilitiques, par
débilité native, etc.). . . TR OL LE de PP RE le L'LO Enfants D tie survivants, : + . “et TECH 38 Dégénérés (hydrocéphales, arriérés, date. etc. .. #7 23 PE 14
D'où il suit :
* Que la proportion des grossesses à résultats
malheureux a été de 16 "|.
2° Et que la proportion de mortalité infantile détéude he il
Ne retenons, si vous le voulez, que le dernier de ces chiffres, ear c’est le plus essentiel et le plus frappant. Il en résulte, en définitive, que :
Dans un groupe de 500 familles entachées de syphilis, la mortalité infantile (comprenant celle des avortements et celle qui se produit au delà de
l'accouchement) s’est élevée au chiffre de 42 °},.
En autres termes, sur 100 grossesses issues des dites familles, 42 ont abouti à la mort par le fait de la syphilis. Je dis par le fait de la syphilis, car j'ai pris grand soin d’exelure de cette statistique tous les cas où la mort de l’enfant était notée comme imputable à une cause vulgaire (pneumonie, croup, fièvres éruptives, ete.).
Eh bien, si tel est le chiffre de la mortalité infanüle par hérédité syphilhtique (et je ne crois pas que ce chiffre soit bien éloigné de la vérité des choses, étant donnés les efforts que j'ai faits pour m'en rapprocher le plus possible), et si tel est ce chiffre comme expression de ce qui se produit dans la généralité des cas, ne le trouvez-vous pas en vérité lamentable, néfaste, désolant? Voyez donc! Une hérédité morbide qui tue 42 enfants sur 100! Quel fléau, même à ce seul titre, constitue la syphilis pour la société!
Toutefois il est besoin d’expliquer cette statistique.
Le chiffre que je viens de citer (42 morts ‘/) est indéniable. Oui, en réalité, 100 grossesses ont abouti sous mes yeux à 42 morts d'enfants; cela n'est pas à contester. Mais cela ne veut pas dire qu'étant donnés 100 ménages syphilitiques, il y en aura 42 qui seront condamnés à perdre un enfant. Toujours, en effet, dans les statistiques de cet ordre, on rencontre un certain nombre de ménages qui fournissent à eux seuls un gros contingent de déces,
par exemple 4, 5, 6 décès pour une seule famille, et même davantage quelquefois, à savoir jusqu’à 8, ro et 12. Or, veuillez remarquer que lélévation de la mortalité infantile dans ces familles si cruellement éprouvées diminue d'autant la quote-part des autres. Et, en effet, trois familles, je suppose, venant à perdre chacune quatre enfants, le tribut d'ensemble à payer par les autres se trouve de ce fait abaissé à 30 °/,. Donc, le risque personnel de chacune est ainsi allégé d'autant, c’est-à-dire devient, pour une certaine proportion, inférieur à la moyenne précitée.
Quoi qu'il en soit, la proportion de mortalité que réalise l'hérédité syphilitique n’en reste pas moins très élevée, extrêmement élevée, voila le fait.
Quant à apprécier et à déterminer exactement cette proportion de mortalité, c’est et ce sera là toujours œuvre plus que difficile, presque impossible même, dirai-je. Et cela, pour bien des raisons: parce que beaucoup d’avortements restent inconnus du médecin ; — parce que bien souvent la cause qui a produit la mort de l'enfant ne peut être sûrement déterminée, même après autopsie; — parce que, très fréquemment en pratique, la syphilis des parents ou de l’un des parents (celle du père surtout) est absolument ignorée ; etes, ICS, = el aussi (n’oublions pas ce fait) parce que les résultats de l’hérédité syphilitique sont extrêmement varia-
bles suivant le milieu d'observation. — Un mot, au passage, sur ce dernier point.
D'une facon générale on peut dire que le chiffre de la mortalité hérédo-syphilitique est considéra-
blement plus élevé à l'hôpital que dans la clientèle de ville.
Une statistique, que j'ai dressée à Loureine et qui porte sur les sept années que j'ai passées dans cet hôpital, m'a fourni le chiffre terrifiant de QUATRE- VINGT-sIx enfants morts sur cent grossesses”.
De même, un de nos très estimables confrères, M. le D° Coffin, observant lui aussi à Loureine, a
1. V. Syphilis et mariage (2° édit., p. 117) où se trouve reproduite une statistique de M. le D' L. Le Pileur, relevée de même à Lourcine pour une période de dix années. — De cette statistique il résulte que :
1° Sur 414 grossesses, 14 se sont terminées soit par avortement, soit par expulsion d’enfants mort-nés à divers termes de la gestation.
2° Des 260 enfants venus à terme et vivants, 141 sont morts dans un très court délai (22 seulement ont survécu plus d’un mois).
Additionnons. Cela fait bien un total de 295 morts sur 414 grossesses, c’est-à-dire, en chiffres ronds, presque trois morts sur quatre nalssances.
Et notez encore que, parmi les enfants considérés ici comme « survivants », il en est très sûrement un certain nombre qui ont dû succomber au dehors, du fait seul de leur maladie.
De même encore M. Durac, observant à Toulouse, a vu, sur 43 grossesses de femmes syphilitiques, 36 se terminer d’une facon fatale pour l'enfant. (De l’hérédité de la syphilis, Thèse de Montpellier, 1866.)
Je rapprocherai de ces diverses statistiques celle qu'a dressée M. le D' L. Le Pileur à la prison de Saint-Lazare et dont voici le résumé :
209 grossesses issues de 78 femmes non syphilitiques ont fourni ceci comme résultats :
vu 28 grossesses de femmes syphilitiques aboutir à ceci :
27 enfants morts;
1 seul survivant”.
Avec toute apparence de raison on pourrait croire que cette mortalité excessive, extraordinaire, trouve son explication dans la qualité spéciale du public féminin qui fréquente Lourcine. Eten effet, comme chacun le sait, les malades de Loureine sont (pour la plupart au moins, et réserves faites pour de très honorables exceptions) de jeunes prostituées qui s’adonnent à tous les excès, qui commettent toutes les imprudences imaginables, qui se traitent aussi mal que possible, ou, pour mieux dire, qui ne se traitent pas le plus souvent, et qui
D'ROTÉENES—— BON 0) 0. he JON) 99 décès après la naissance; — soit, . , 47,3 © TOR SUEVIOS A SOC ee Le UOTE 48,8 0/0.
Tandis qu’au contraire, sur 153 grossesses de femmes syphilitiques, On à compté :
120 fœtus où mort-nés; — soit , . . , . 76,4 % 25 décès après naissance: — soit. . . . 16,3 0j
DÉSUEVIES ES SOI, UNE LE, Hanoi:
C'est-à-dire que le chiffre de mortalité a été, pour les enfants issus de femmes non syphilitiques, de 51 /,; —. et de 94 ?/, pour les enfants issus de femmes syphilitiques. (De la mortalité infantile causée par la syphilis; documents recueillis à la prison de Saint-Lazare, Paris, 1889.)
1. Étude clinique pour servir à l'histoire de l'influence de la syphilis, du traitement mercuriel, et des ulcérations du col sur la grossesse.
(Thèses de Paris, 1851.)
recherchent plutôt qu'elles ne redoutent l’avortement.
Et, d'autre part cependant, à lhôpital Saint- Louis, dont le public féminin est à coup sûr bien plus relevé que celui de Lourcine comme composition moyenne, la mortalité des enfants issus de femmes syphilitiques n’est que peu différente de ce qu'elle est à Lourcine. A preuve les chiffres suivants, qui résument ce que j'ai observé à Saint- Louis ces dernières années :
1/8 grossesses de femmes syphilitiques ont abouti, d’une facon sommaire, aux résultats suivants :
125 enfants morts;
Et 23 survivants.
D'où, comme proportion de mortalité : 84 °/,.
80 ‘/, à Lourcine, 84 ‘|, à Saint-Louis, ce sont la, vous le voyez, des chiffres presque équivalents.
Or, — est-il besoin de vous le faire remarquer ? — il y a loin, bien loin, de ce quotient de mortalité infantile hospitalière au quotient de mortalité de même origine dans la clientèle de ville, à savoir 42 ‘,. Celle-ci est exactement moitié de celle-là.
En tout cas, les divers chiffres qui précèdent convergent tous, quel que soit le milieu où nous les récoltions, vers un résultat identique qu'ils traduisent avec une éloquence indéniable.
Ce résultat (qui constitue presque une caractéristique en l'espèce, tant il est accentué), c’est l'influence énergiquement meurtrière que le vice
hérédo-syphilitique exerce sur le produit de conception et sur l'enfant. La verole tue les jeunes, comme on l’a dit, et les tue par véritables hécatombes; voilà le fait, le grand fait que je m’efforce de mettre en lumière. La vérole est, de toutes les maladies, celle qui produit le plus d’avortements et qui tue le plus d'enfants en bas âge.
Mort avant la naissance oumort peu de temps après la naissance (sans parler même des méfaits possibles de la syphilis héréditaire tardive), tel est le sort réservé, dans une moyenne que je n'ai plus à dire, aux enfants issus de souche syphilitique.
Eh bien, ce n’est pas tout. [l y a pis que cela encore.
Les deux faits précités (mort du /œtus et mort de l'enfant) pouvant s'ajouter l’un à lautre et n'étant que trop sujets à répétitions, il en dérive souvent un troisième, encore plus néfaste, à savoir : polymortalité des jeunes dans les familles syphilitiques. Certaines familles syphilitiques sont effectivement éprouvées de la façon la plus cruelle par l’hérédité spécifique, laquelle dépeuple littéralement le foyer domestique en tuant coup sur coup toute une lignée d'enfants. Je ne vous citerai plus de cas particuliers à l'appui de cette proposition, car bon nombre ont déja trouvé place dans ce qui précède, et c'est là un point sur lequel vous êtes maintenant édifiés. Mais, comme spécimens, je vous énumérerai les résultats sommaires d’un certain
nombre d'observations. Voyez quel a été, pour quelques-unes de ces familles, le résultat de lhérédité syphilitique relativement à leur progéniture : Cas d’'Hutchinson.
— de Roger. ,
— de Bertin. - — personnel,
enfants morts sur 5 grossesses,
ges 2 Fe re
— personnel, . . . . . 5 6 — personnel, . . . satisfes à 7 =“ DérS0NnEL UE. 2 A 0 = 34 8 GS — personnel. . 7 () — personnel, . . . 7 8 — de Behrend. . 8 — de Turhmann. . 8 — de Bonnet. 8 — personnel. . 9
re 0 2 == PRISON LE LT ER DU ee — 10 — SPA Dryant Re en ER ET —— — 12 — <<. d'Hutchinson” +... r1 = UP — Het arTe te Tee IT — — 12 -— — de Zambacos,". 0 :- 14 — — 15 —
Puis, viennent d’autres cas où l’hérédité syphilitique a fait, passez-moi le mot, table rase. Autant de naissances, autant de décès. Exemples :
Observation de Cazenave, 4 enfants morts sur 4 grossesses. — d’Artéaga .…. 4 en = 4 es F- personnelle, 4. — — 4 Le.
… personnelle. 4 — re 4 + — de Tanner. . 6 Le RO 6 ee - personnelle. . 6 — — 6 doae — de Trousseau,. 7 … Es 7 su — personnelle, 7 LES e 7 1:
oe personnelle, . 7 pe: ve 7 Be:
— de Wilson. 8 BE es 8 ee + de Ribemont-
Dessaignes.. 19 — — : 19 4
Quelles statistiques! Quelles horribles tables
mortuaires! — Tout commentaire, j'imagine, serait superflu *.
Aussi bien cette polymortalité des jeunes constitue-t-elle, comme je l’ai indiqué de vieille date, un véritable élément de diagnostic pour la syphilis héréditaire. Et ce signe peut être, doit être utilisé dans le diagnostic rétrospectif de la syphilis héréditaire. Ainsi :
Etant donné, je suppose, un malade (enfant, adolescent ou adulte même) affecté de symptômes ou de lésions qui peuvent être rapportés à la syphilis héréditaire, le médecin ne devra jamais néoliger de remonter dans les antécédents de famille, en vue d’élucider, s’il est possible, les divers points que voici :
La mère de ce malade a-t-elle fait des fausses couches, et, notamment, a-t-elle été éprouvée par des fausses couches multiples, par des fausses couches en série, suivant l'expression actuellement adoptée ?
1. M. le professeur Neumann (de Vienne) disait de même, au Congrès international de 1889 :
« .…. Les chiffres que nous venons de communiquer montrent le triste sort des enfants héréditairement syphilitiques.. 7 faut donc considérer la syphilis héréditaire comme UNE DES PLUS AFFREUSES MA- LADIES, qui, sauf peu d’exceptions, tue presque tous les enfants.
« Sous de tels rapports, ajoutait-il, la syphilis ne reste pas dans le cadre étroit de la science, mais ressort du domaine de l'Etat, qui devrait mettre en œuvre tous les moyens pour arrêter les conséquences funestes que la syphilis des parents peut entraîner. »
(Congrès international de dermat. et de syphiligr., p. 268.) V. aussi : Barthélemy, Syphilis et santé publique, Paris, 1890.
La mère de ce malade a-t-elle amené à terme ou avant terme des enfants morts ou mourants?
La famille de ce malade a-t-elle perdu des enfants? — Et combien? — Et à quel âge sont morts ces enfants? Etc., etc.
Car, si de cette anamnèse spéciale 1l résulte que la famille dudit malade a été frappée de cette polymortalité infantile, ce seul renseignement équivaut presque à la constatation d’un symptôme ou d’une lésion syphilitique dans les antécédents et peut concourir utilement au diagnostic de la syphilis héréditaire.
Tel est, Messieurs, le pronostic de l’hérédité syphilitique; — et vous jugez maintenant si j'étais autorisé à vous le présenter au début de ce chapitre sous les couleurs les plus sombres.
Et même, ai-je tout dit? L'hérédité syphilitique s’en Hent-elle 11? Ne comporte-t-elle pas d’autres conséquences? Par exemple, ne comporte-t-elle pas des conséquences plus éloignées ?
Un mot encore sur ce point.
La syphilis héréditaire, affirment certains auteurs,
1. C’est là un point sur lequel j'ai longuement insisté dans une
publication antérieure et que je me borne à rappeler ici. — V. La srplulis héréditaire tardive, Paris, 1886 (p. 159 et suiv.).
peut à son tour devenir cause et raison d’hérédosyphilis; c’est-à-dire qu'un sujet né syphilitique de parents syphilitiques peut à son tour procréer des enfants syphilitiques; auquel cas la syphilis du grand-père, je suppose, servirait parfois d’origine à la syphilis du petit-fils. — C’est là ce qu’on exprime en disant que l’hérédo-syphilis est transmissible à LA SECONDE GÉNÉRATION.
À priori, rien ne s'oppose logiquement à la possibilité d’une telle transmission. Car on ne voit pas de raisons pour qu'un sujet syphilitique soit incapable de transmettre la syphilis par hérédité, alors même qu'il laurait contractée héréditairement. Puisqu’il est constant que la syphilis peut exercer son influence héréditaire à longs termes, à très longs termes, puisque cette influence peut, comme nous l'avons vu, ne pas être périmée après des stades chronologiques de 15 et 20 ans, il est tout simple d’admettre que, par exemple, une jeune fille hérédosyphilitique puisse à 15 ou 20 ans devenir mère d’un enfant auquel elle transmettra la syphilis. Car l'hérédité dérivant d'un sujet hérédo-syphilitique n’est au total qu'une hérédité syphilitique à longue échéance, une hérédité syphilitique simplement différente des cas usuels en ce qu’elle s’est soustraite à l’action corrective et atténuante du temps”. = Rationnellement, done, je le répète, rien de plus