‹ L'hérédité syphilitiqueChapitre 56 sur 67 · XXX VIII · texte numérisé non relu

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Cela posé, 11 m'est impossible maintenant de ne pas ajouter 1e1 quelques mots sur la situation faite à la femme, à la future mère, dans l’ordre de eas qui vient de nous occuper, à savoir dans les cas où se présente l'indication de soumettre au traitement spécifique, bien que saine, la femme qui a conçu un enfant d'un père syvphilitique.

Sans doute, théoriquement, ce mode de prophylaxie fœtale, ce traitement indirect d’un enfant par la voie maternelle, n'a rien que de très naturel.

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En toute évidence nous ne pouvons atteindre que par l'intermédiaire de la mère l'enfant procréé syphilitique par hérédité paternelle, Done, nous nous servons de la mère, nous nous servons de son estomac et de ses vaisseaux pour porter au fœtus le correctif de la maladie dont il a hérité de son père. C’est logique, c’est physiologique, c’est tout simple.

Et j'ai même le droit d'ajouter : C’est la, pour le fœtus, un mode de traitement qui n’a plus rien d'hypothétique aujourd'hui, puisque les intéressantes recherches de M. Cathelineau ont abouti à la découverte du mercure dans le corps des fœtus issus de mères qui ont été soumises au traitement mercuriel pendant la gestation. Done, le mercure administré à la mère va de la mère à l'enfant, atteint l'enfant, le pénètre, imprègne ses organes. Cela n'est plus une simple appréciation d’analogie, une induction rationnelle; c’est un fait chimiquement. démontré".

1. V. Cathelineau, Passage du mercure de la mère au fœtus dans le traitement antisyphilitique fait pendant la grossesse, Bulletins de la Société francaise de dermat. et de syphil., 1889, n° 2, p. 167.

Ayant soumis à l'analyse chimique le corps d’un fœtus dont la mère avait été soumise au traitement mercuriel, M. Cathelineau a abouti aux résultats suivants :

Pt présence du mercure a été reconnue dans la plupart des organes du fœtus (foie, rate, cœur, rein, poumon, cerveau), voire dans le méconium.

II. — Elle a été constatée de même très nettement dans le liquide amniotique.

III. — Le dosage quantitatif, exécuté par le protédé électroly-

Fournier. — L'Hérédité syphilitique. 2

Mais, à un autre point de vue, n’êtes-vous pas frappés de ce qu'il y a d’étrange, de bizarre, d’extraordinaire en l'espèce, à savoir de la situation faite à la mère en pareille circonstance. Quoi! Voilà une femme qui n’a rien, et on la traite comme une malade ! Elle est indemne de syphilis, et on lui donne du mercure, tout comme si elle était affectée de syphilis ! On la traite à titre d’intermédiaire, de véhicule ; on lui prescrit des remèdes non pour son compte, mais à l'usage de son enfant; on en fait une sorte de filtre animé, dont le rôle est de transtique de M. Riche, a révélé l’existence des proportions suivantes de mercure :

1° Dans le cœur, du poids de 33 gr. , . . 0,0035 (mercure).

2° — les reins — DSLEnE- Ms MRO GTA — 3° — le’ foie —— TOP CDN T0 1 — 4 — le cerveau — SPC OT AOUX — 5° — Îles poumons — CLIS TD UE D ont — 0. strate — DLÉTENS ec EOTOD LE — 7° — le méconium, pour un

poids des" RTS ER NN 00) ———

IV. — En faisant la somme des poids de mercure trouvés dans les divers organes et celle des matières soumises à l’analyse, on voit que 100 gr. de ces matières renferment o gr. 0068 de mercure,

V. — Enfin, si nous rapportons à 10 pour chaque partie examinée la quantité de mercure, nous trouvons, par ordre de décroissance, que le mercure se trouve ainsi réparti :

Foie, ... . . o gr. oor2r1 pour 10 gr. de matière. Rate. O gr. O120 — — Cœur. . O gr. O106 — — Rein, O gr. 0106 — -—- Méconium. . Oo gr. 00406 — = Poumons. O gr. 0034 —— —- Cerveau . O gr. O931 — —

En résumé : la présence du mercure a été nettement constatée

mettre au fœtus les agents thérapeutiques qui peuvent être utiles non pas à elle, mais audit fœtus. Eh bien, ce rôle, ne croyez pas qu'il soit jamais décliné par les femmes de qui on le réelame. Ce rôle, — j'éprouve le besoin de le dire à leur honneur, et vous me pardonnerez cette digression — elles l’acceptent toutes, et du premier mouvement, Jamais, je le déclare, jamais, ni en ville, ni à lhôpital, je n'ai vu une seule mère hésiter à se soumettre à un traitement dont elle n'avait que faire pour ellemême, mais qu'on lui prescrivait comme pouvant être utile à son enfant. Pas une seule fois je ne me

non seulement chez l'enfant, mais encore dans le liquide amniotique. — C’est ce qu'avait depuis longtemps prévu M. le P' Fournier, sous la direction duquel ces recherches ont été entreprises dans le laboratoire de la clinique. »

Ces premiers résultats ont été confirmés depuis lors par de nouvelles expériences de MM. Cathelineau et H, Stef.

En outre, le mercure a été retrouvé dans le placenta et le cordon,

De même, chez l'animal, le mercure passe de l'organisme maternel à l’organisme fœtal à travers le placenta. « Une lapine fécondée depuis 14 jours a recu six injections au peptonate de mercure (renfermant chacune o gr. o01 de bichlorure hydrargyrique). Ces injections étaient pratiquées tous les deux jours dans l'une ou l’autre cuisse. L'animal reçut ainsi une quantité totale de 0,006 de bichlorure. — Nul phénomène d'intoxication ; l’appétit et l’état général ne présentèrent aucun trouble, La température rectale resta toujours à 39. — La lapine mit bas au bout du terme normal de la gestation (30 jours). — Nous avons recueilli six petits bien conformés, qui furent presque immédiatement plongés et conservés dans l'alcool. Ils pesaient ensemble 270 grammes. — Les six petits furent divisés d’une facon aussi complète que possible. On procéda ensuite à la destruction de la matière organique. — A l'analyse, la méthode de Witz donna l'anneau caractéristique du mercure, »

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