‹ L'hérédité syphilitiqueChapitre 58 sur 67 · V. Syphilis et mariage, 2° édit., p · texte numérisé non relu

V. Syphilis et mariage, 2° édit., p

le mari. Lui seul est juge en la matière. Lui seul a compétence pour décider si sa femme sera ou non éclairée sur la situation et dans quelle mesure elle devra l'être. Cela, encore une fois, est son affaire et non la nôtre.

Vous préjugez bien qu'il optera pour le parti qui, en apparence, le compromet le moins, à sa voir pour le parti du silence, pour le traitement subreptice et larvé. Et, en effet, huit ou neuf fois sur dix, les choses se passent de cette facon, d’après ce que jai vu en pratique. — Eh bien, tant Pis pour ce mari mal inspiré, car il aurait eu mieux à faire. Mais peu importe, en ce qui nous concerne. Nous n'en avons pas moins l'obligation de le suivre dans cette voie, dans cette mauvaise voie, puisqu'il l’a choisie, et de ly assister au mieux de ses intérêts ; Car 11 s’agit, au total, de la sauvegarde d’un enfant, et telle doit être notre seule préoccupation, tel doit être le seul but de nos efforts.

IT. —— Nous venons de prendre le parti de traiter, en vue de son enfant, une femme enceinte et saine. Eh bien, quel sera le traitement à instituer en l’espèce? Doit-il être léquivalent, lhomologue du traitement applicable à une femme syphilitique en état de grossesse ? Ou doit-il être différent ?

Je précise. Convient-il de traiter une femme saine en vue de son enfant comme on traite une femme syphilitique en vue d'elle-même ? Ou bien ne seraitil pas plus rationnel, alors que la médication est

seulement dirigée contre la svphilis de l'enfant, de l’amoindrir, de la mitiger, de la tempérer par rapport à celle qu'on administrerait contre une syphilis de la mère ?

Jusqu'ici je ne vois guère qu'on se soit préoccupé de ce point. On a traité une mère saine comme on a habitude de traiter une mère syphilitique, avec les mêmes remèdes, aux mêmes doses, avec la même intensité thérapeutique. Est-ce bien logique? Je ne saurais le croire.

Pour ma part, en plusieurs cas où j'ai eu à traiter des femmes saines en prévision de Pétat syphilitique probable ou éventuel de leur enfant, j'ai essayé d’abaisser les doses de mercure jusqu’à les réduire à la moitié environ des doses usuelles, c’est-à-dire des doses que j'ai coutume d’administrer à des femmes syphilitiques en état de gestation. Et les résultats n'en ont pas moins été satisfaisants.

Mais je m'empresse de dire qu'il n’est rien à conclure des quelques faits dont je dispose quant à présent. La question est seulement posée et reste tout entière à l’étude.

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