CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR L'HÉRÉDO-SYPHILIS. AOI
un à un, et cela non pas seulement quant aux signes physiques qui peuvent résulter de leur exploration, mais quant à leurs troubles fonctionnels. Car, je le répète, il est très habituel que l’hérédosyphilis se traduise d'emblée par des lésions viscérales, et je n'ai pas à dire si de telles lésions l’emportent comme importance, comme gravité, sur celles des systèmes extérieurs.
Il. — Ne perdez pas de vue non plus ce second point : La syphilis héréditaire peut être exclusivement visceérale, sans se traduire par aucun symptôme extérieur apparent.
J'ai vu plusieurs fois, par exemple, des enfants hérédo-syphilitiques mourir par le foie ou le cerveau, sans avoir Jamais rien présenté à la peau, sur les muqueuses, sur les os.
Que de surprises d’autopsie n’aurais-je pas à vous raconter à ce sujet, relativement à des enfants chez lesquels l'examen extérieur n'avait rien révélé de suspect pendant la vie, et sur lesquels on découvrait à l’amphithéâtre telle ou telle lésion viscérale restée absolument méconnue! Et pourquoi cette lésion était-elle restée méconnue? Le plus souvent parce que l’absence de manifestations extérieures avait semblé exclure la possibilité, la vraisemblance d’une infection héréditaire.
IIT. — Notez, d'autre part, que les symptômes qui servent d'expression à la syphilis viscérale Fournier. — L'Herédité syphilitique. 26
héréditaire n’ont jamais rien de spécial, en dépit de leur spécificité d’origine. Ces symptômes sont purement et simplement des troubles fonctionnels de l'organe affecté, et rien de plus; troubles vulgaires, troubles d'ordre banal, et, par conséquent, exposés comme tels à rester incompris en tant qu’expressions d’une lésion spécifique. D'où il suit que le diagnostic de spécificité ne pourra être établi en pareille occurrence que par la notion des antécédents de famille et d’après le calcul de probabilités que voici : Un enfant est affecté de troubles fonctionnels traduisant une lésion viscérale, une méningite, par exemple; — or, cet enfant peut être ou est en puissance de syphilis héréditaire; — donc, il est possible que sa lésion cérébrale soit de nature syphilitique.
Sans doute ce n’est là — je reprends le mot à dessein — qu'un simple calcul de probabilités. Mais, ne disposant et ne pouvant disposer de rien de plus significatif, force nous est bien de nous satisfaire de telles données et d’instituer sur elles tout à la fois le diagnostic et le traitement. Exiger plus, exiger un signe spécifique, pour se décider au traitement spécifique, ce serait priver le malade du seul ordre de remèdes qui puisse lui être utile, ce serait en nombre de cas — disons le mot — attendre l'autopsie pour faire le diagnostic".
1. C’est là un point sur lequel je ne cesse d’insister et de batailler
(qu’on me passe le mot), en raison de son énorme importance pratique. Et cette vérité si simple, si banale, je ne puis parvenir à