‹ L'hérédité syphilitiqueChapitre 64 sur 67 · HÉRÉDO-SYPHILIS. TRAITEMENT · texte numérisé non relu

HÉRÉDO-SYPHILIS. TRAITEMENT

réditaire. Cela est ou du moins semble logique, car, de l’aveu commun, l’hérédité n’a rien de fatal.

Mais n'est-il pas des conditions où il est permis, voire prudent, voire indiqué, de déroger à la règle, à l'habitude? Qu’arrive-t-il en effet pour nombre de cas? Ceci : Un enfant est né chétif, petiot, peu résistant, à la façon des enfants hérédo-syphilitiques. Cependant, bien qu'issu de souche syphilitique, il ne présente rien de syphilitique. Alors et pour ce motif, on s'abstient du traitement spécifique ; on attend. Puis survient l'orage syphilitique qui exténue l'enfant, l’athrepsie, l’étiole, et l'emporte en quelques semaines.

N’aurait-on pas mieux fait d’intervenir preventivement, et cela au cours de cette période latente qui a préludé à la grande poussée? Sans nul doute, et l’on aurait agi en ce sens, on serait intervenu, « si l'on eût pu prévoir », comme on le confesse après coup. Mais n'est-il pas des cas où la prévision de la bourrasque héréditaire est une prophétie plus que facile? N’est-il pas des cas où l’hérédité s’impose, où l’hérédité est pour ainsi dire fatale, comme ceux, par exemple, où un enfant a été procréé par une femme en pleine période secondaire, en pleine crise aiguë de syphilis?

Eh bien, dans les cas de cet ordre, c’est-à-dire alors que l'hérédité est non pas une éventualité possible, mais une quasi-certitude, voire une certitude à peu près formelle, il y a indication, je

pense, à intervenir préventivement.

Cette méthode préventive, qui consiste à traiter l'enfant suspect d’hérédo-syphilis avant l’invasion apparente des accidents d'infection héréditaire, est, sans contredit, rationnelle en principe. De par expérience, je la crois bonne et la recommande à l’attention de mes confrères.

Moi aussi, j'en fais l’aveu, j’ai commencé, comme tout le monde, par obéir à la tradition, c’est-à-dire par n'instituer le traitement qu'après diagnostic confirmé, qu'après explosion patente de la syphilis chez l'enfant. Mal m'en a pris. Aussi ai-je été conduit, et cela par de nombreux insuccès que je regrette, à modifier ma ligne de conduite. Aujourd'hui j'interviens avant les accidents, et, si ce n’était sortir de mon sujet, j'aurais à vous citer bon nombre de résultats favorables que j'ai déjà retirés de cette pratique.

VII. — Enfin, ce qui n’est pas douteux, c’est que le traitement de la syphilis héréditaire doit être, comme direction et comme durée, calqué sur le traitement de la syphilis acquise de l'adulte.

Et, si Je précise ce dernier précepte par lequel je terminerai cet exposé, c’est qu'il y est fait en pratique de fréquentes, voire d’incessantes infractions. J'en appelle à vos souvenirs. Est-ce l’usage que les enfants hérédo-syphilitiques, après guérison des accidents pour lesquels on les a traités, soient soumis derechef à une série de cures préventives,

a l'instar de ce que l’on a coutume de faire pour

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