HÉRÉDO-SYPHILIS. — TRAITEMENT
l’adulte? Non, très certainement non. Quand un enfant a été guéri de ses manifestations, quand il n'a plus rien d’apparent, on s’applaudit, on croit volontiers que tout est fini, et, pour une raison ou pour une autre, on n'insiste pas sur le traitement ; voilà le fait, voilà ce qui se passe en pratique, sinon absolument toujours, au moins 9 fois sur 10, d’après mes observations.
Eh bien, je dis que cette pratique, cette coutume, cette routine est mauvaise, détestable, déplorable, parce que j'ai pu en apprécier le résultat usuel. Ce résultat, c’est la réapparition presque fatale d’autres accidents, à échéance plus ou moins distante de la pseudo-guérison première, c’est-à-dire quelques années, 5, 10, 15, 20 années plus tard. De cela les exemples foisonnent et ne sont plus à citer.
Pourquoi done ne pas traiter un enfant hérédosyphilitique comme on traite un adulte? Pourquoi, après l'avoir guéri de ses manifestations actuelles, ne pas essayer, en plus, de le préserver des manifestations à venir, lesquelles, nous ne le savons que trop, sont de l’ordre des éventualités presque certaines? Est-ce que la syphilis a deux façons de guérir, l’une pour l'adulte au prix d’un long traitement, et l’autre pour lPenfant avec un traitement de quelques semaines ou de quelques mois?
Et, puisqu'il est démontré que la syphilis de l’adulte a pour habitude, presque pour loi, de ne guérir que lentement et progressivement, sous l’in-
fluence d’une médication longuement poursuivie, d'une sorte de dépuration chronique exigeant au moins plusieurs années, l’analogie et le bon sens ne donnent-ils pas à préjuger qu'un traitement de même ordre est nécessaire, indispensable à la guérison de la syphilis chez l'enfant?
Or, cette induction rationnelle, Pexpérience clinique la confirme.
Et, au total, le traitement de la syphilis héréditaire ne saurait différer de celui qui, dans la syphilis acquise, réalise je n’oserai dire la guérison (car je n'ai pas le droit de prononcer ce mot), mais le silence indéfini de la diathèse.
Voilà, messieurs, l’ensemble des indications prophylactiques où thérapeutiques que j'avais à cœur de vous soumettre relativement aux conséquences possibles de l’hérédité syphilitique; — indications multiples et diverses, mais se rattachant toutes (vous devez en être convaincus maintenant) à des questions essentiellement pratiques et d’un intérêt journalier, permanent.
J'ai achevé.
Étudier en elle-même l’hérédité syphilitique; — en rechercher les origines, les sources; — déterminer à quelles étapes de l'infection elle est le plus redoutable et quelles influences sont susceptibles
L'HÉRÉDITÉ SYPHILITIQUE. AII
de la modifier ; — vous en signaler les lamentables conséquences; — finalement et surtout, vous montrer de quels moyens nous disposons pour la restreindre, l’atténuer, voire la neutraliser ; — tel était le programme que je m'étais imposé en commençant ces conférences. Et tel est le labeur auquel,
dans l’exposé qui précède, mes efforts ont tenté de satisfaire.
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