partie de vos hérédosphères, laissant le champ
hbre à votre activité. Il naîtra peu à peu, au centre de vous, une sensation de joie et de force, légèrement vertigineuse, à goût de per-
sistance et de victoire, sinon d’immortalité.
Votre soi vous parlera, et vous l'entendrez avec une sorte de ravissement, car il n’est pas de plus douce musique.
Tout le monde connaît un ou plusieurs cas de cette affection, appelée goitre exophtalmique ou mal de Basedow, devenue extrêmement fréquente depuis quelques années. La plupart du temps le goitre, l'accélération du pouls et l'exophtalmie, qui sont les trois termes principaux du syndromé, sont apparus soudainement, à la suite d’une violente émoton imaginative. On comprend ce qui s'est
passé; un fragment d'une hérédosphère, gra-
vitant devant le soi, a été violemment attiré par lui, dans le même temps que l'instinct génésique le gonflait, l'amplifiait, le rendait plus friable. D'où éclatement, prolongé jusque dans
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les ramifications ou répercussions organiques de l’hérédosphère et troubles somatiques correspondants. S'il en est ainsi, l'automatisme, les réflexes, etc., doivent être considérablement augmentés chez ces malades, et c’est en effet ce que l'on peut constater.
Nous pouvons maintenant nous faire une vue pius claire et plus précise de ce que nous avons appelé l'élection du soi pour les hérédismes sages et bienfaisants, pour les vertus congénitalement transmises. Le soi attire les segments des hérédosphères correspondant à ces hérédismes-là, puis il lui arrive de les repousser par le risque. C’est alors l'esprit de sacrifice et d'improvisation dans le sacrifice, qui caractérise les héros. Attractions et répulsions dont le signe est d'être librement délibérées et voulues, au lieu que les attractions et répulsions de la zone génésique sont conditionnées par l'instinct animal. L'anarchie du moi amène l'esclavage intérieur, l’archie du soi est une libération.
Dans le cas où le risque, qui n’a, par définition, rien d'obligatoire, ne fonctionne pas, les hérédismes sages, en gravitant devant le soi, composent la souveraine harmonie que
nous admirons en certaines natures privilégiées, issues elles-mêmes de parents pleins de bon sens et d'équilibre. Ces cas se remarquent surtout dans nos familles paysannes, alors qu'elles ne sont point encore corrompues par les vices habituels aux grandes agglomérations. Tous ceux qui s'occupent de folk-lore savent que le don de la légende et du conte est l'apanage de souches rustiques, conservatrices et gardiennes de ce style parfois sublime. Il faut voir là une transmission, de père en fils, des hérédismes sages réglés par le soi, une suite d’hérédoconstellations d’une grande pureté et, comme conséquence, le rythme harmonieux qui caractérise les chefsd'œuvre collectifs, ainsi que les chefs-d'œuvre d'un procréateur unique. Consultez à ce sujet la collection des contes de Gascogne, réunis par Bladé, et La Légende de la Mort en Bretagne de Le Braz. On y retrouve, bien entendu, un grand nombre d’hérédosphères de peur ou d'espérance, de châtiment, ou de pardon, ou de récompense, en pleine activité, puisque celles-ci sont les sources des images dans l'être humain. Mais toutes imprégnées d’une antique sagesse et remises en œuvre et en mouvement
par une raison autochtone, par un soi puissant.
C'est aussi ce qui nous explique que le soi d'une petite bergère ou d’une humble pastoure, ignorante des tentations humaines, soustraite à l'instinct animal, élevée dans un milieu sain, laborieux et paisible, que ce soi, administrant et équilibrant des hérédoconstellations sages, amène 1ici-bas des révélations plus profondes, des événements plus surprenants et féconds que le soi d'un grand capitaine ou d'un savant illustre. La raison humaine, dépouillée de ses scories et de ses nuages, réglant ce ciel intérieur, où gravitent harmonieusement, et dans une liberté égale à leur harmonie, des hérédoconstellations en partie sages, n'a presque pas de limites, dans la portée de ses actes et de ses réalisations terrestres. Elle est comme le feu divin, promidentiel, qui se transmet. Elle peut guérir les plaies, sauver Îles peuples et bouleverser les royaumes. Cette paix intérieure, que l'on appelle l'humilité, et qui a d'ailleurs toute la majesté d’un beau soir, se trouve ainsi le plus grand réservoir de forces, le plus grand dispensateur d'énergies connu. Je l’appellerai le levier du monde.
EL