‹ L'hérésiarqueChapitre 137 sur 161 · Acte Cinquième · texte numérisé non relu

Acte Cinquième

pensée, que si vous me preniez à bras-le-corps pour me jeter à cette tourbe, vous la calmeriez peut-être et sauveriez votre tiare. Mais vous n'avez pas bien entendu. Ce n'est pas seulement : A mort Astéria ! C'est : A mort Astéria

et Victorin !

Cris.

A mort, Astéria ! A mort, Astéria et Victorin !

Victorin.

Moi ! Moi aussi !

Astéria.

Oui, vous aussi ! Ah, cela vous affole, n'estce pas? et c'est de rage que vous sortez ce poignard! C'est bien; moi aussi, j'en ai un, et nous pourrons avec eux tailler en pleine chair rebelle ! Les entendez-vous ? Qui veulentils qu'on leur jette, vous ou moi?

Cris.

A mort, Victorin ! A mort, Astéria ! Vengeance !

Astéria.

Pourquoi ces regards de béte prise au piège ? Pourquoi ne me regardez-vous pas en face? Est-ce ainsi que vous punissez la révolte, et faut-il que ce soit moi qui vienne à votre aide ?

Victorin (d'une voix sourde).

Misérable !

Astéria.

N'approchez pas, il y a un mort entre nous. Allons, une fois encore je vous sauverai malgré vous. {Criant.) A moi, les soldats de Victor et d'Astéria! A moi!

(Les portes s'ouvrent. On aperçoit une multitude de chevaliers et de gens d'armes en habit de guerre.)

Victorin (avec un éclat de rire sauvage). Ils attendaient ! Ah, ah, ah, ils attendaient !

Astéria.

Messires, c'est en vous que nous mettons notre espoir. La révolte est terrible, mais vous l'abattrez à coups de hache. Pas de miséricorde !

Cris au dehors.

A mort ! A mort ! Vengeance ! Mort au faux César et à la papesse !

Le chevalier Thibaut.

Sire, vos armes ont été brisées et vos pennons jetés dans les douves. Les paysans promènent les têtes de Marcabrus et des siens au bout de piques.

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