‹ L'hérésiarqueChapitre 144 sur 161 · Acte Cinquième · texte numérisé non relu

Acte Cinquième

Victorin.

Bienvenue à ma femme, Astéria, impératrice

et papesse.

Astéria.

J'ai voulu voir, au soleil levant, les cadavres du Rhône.

Victorin.

Ma femme ne veut-elle point recevoir de moi le baiser du matin? N'est-ce point après une pareille victoire que le pape et la papesse doivent s'embrasser devant leurs fidèles ?

Astéria.

Je vous obéis, monseigneur.

Victorin {la prenant dans ses bras).

Ho! ho! Qu'est ceci? Une cuirasse sous votre manteau ?

Astéria.

Seigneur, j'ai mené la charge, cette nuit.

Victorin.

Nous avons tous combattu, mais à présent nul ne nous menace. Voyez, n'avons-nous pas tous quitté notre armure?

Je vous obéirai, seigneur.

2 66 V Hérésiarque

Victorin.

Tout de suite, par Dieu ! Personne n'a le droit de porter une cuirasse quand je n'en porte pas. Quittez ce manteau ! Quittez-le !

Quelques voix.

Sire ! Sire !

Victorin.

Et cette cuirasse ! Quittez cette cuirasse, ou je vous l'arrache !

3e CHEVALIER.

Malheur à qui touche à la reine !

Victorin.

Arrière ! Je ne touche pas à la reine, mais à sa cuirasse. Ne suis-je pas le maître ici ? (// lui arrache son armure). C'est bien, remettez votre manteau! Nul n'a le droit d'être armé, ni de me demander compte de mes actes. (A un chevalier.) N'est-ce pas toi qui me criais : Malheur !

3e CHEVALIER

C'est moi, sire, je suis chevalier et vassal de la reine.

Victorin.

Mais tu es mon soldat et tu m'as désobéi.

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