‹ L'hérésiarqueChapitre 149 sur 161 · Acte Cinquième · texte numérisé non relu

Acte Cinquième

Le chevalier Bernard.

Sire, ce n'est pas nuit de lune.

Victorin.

Les fous ! S'imaginent-ils, avec leurs trompettes, faire crouler nos murailles comme celles de Jéricho? N'est-ce pas que vous ne croulerez pas de sitôt, mes bonnes murailles ?

Astéria.

Monseigneur, ne restez pas ici, vos yeux s'injectent de sang, vos dents grincent. Rentrons au palais.

Victorin.

Non, non, je veux voir. Qu'on garnisse le rempart de soldats. Il faut qu'ils s'accoutument à la vue de cette multitude.

ier CHEVALIER.

Voici qu'un chevalier géant se détache de l'armée. La nuit ne permet pas de le reconnaître.

Victorin.

La nuit... la nuit est noire des pensées du Seigneur.

Voix d'Enguerrand [au dehors).

Au traître qui se dit césar et pape et qui

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n'est que moine apostat et sert rebelle, j'ordonne, au nom de l'Empereur, de remettre sa ville d'Avignon entre les mains du duc Guilhem, j'ordonne à tous les soldats du traître qui se dit Victor et qui n'est que Victorin, d'abandonner sa cause maudite. Vie sauve à ceux qui le quitteront. Trésors à ceux qui le livreront mort

ou vif !

(Galop de cheval qui s'éloigne.)

Victorin.

Pourquoi nul de vous, chevaliers, n'a-t-il bandé son arc contre cet homme ? Ce qu'il disait vous intéressait donc bien ? La vie sauve ! Je vais taire ouvrir les portes ; ceux qui ont peur pourront fuir.

Le chevalier Thibaut.

Sire, qui pense à vous trahir ? Nul de nous n'aurait sa grâce là-bas.

Victorin.

Oui, je le sais et je vous crois. Rentrez donc au palais, puisque voici la nuit. Je resterai sur les murailles. Dites au chevalier Foulques de venir m'y rejoindre.

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