‹ L'hérésiarqueChapitre 47 sur 161 · Acte Second gi · texte numérisé non relu

Acte Second gi

Enguerrand.

Alors qu'on réunisse un concile et qu'on le condamne ! Est-ce une façon d'enseigner le trivium et le quadrivium que de rôder par les campagnes en traînant sur ses talons des bandes de faméliques ? C'est depuis lors que les incendies s'allument.

Un chanoine.

Sa doctrine est hérétique.

Un autre.

C'est un débauché. Le jeune disciple qui le suit partout est une femme.

Enguerrand.

Pourquoi ne pas réunir un concile, Monseigneur?

L'évêque.

Nous sommes bien vieux.

Un prêtre.

Rassurez-vous, Enguerrand, l'abbé de Valsainte veille, et voici la lettre que j'ai reçue de lui.

« Mon très cher frère en Notre-Seigneur, ma tristesse a été émue par ce que tu m'as conté sur la désolation dont a été frappe le troupeau

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chrétien à l'apparition en la contrée d'un loup dévorant de nouvelle race. Depuis sa fuite du cloître, je suis avec anxiété celui qui se nommait ici le frère Victorin et de qui la rentrée dans le siècle coïncida avec la délivrance du bienheureux Déodat, dont je suis le successeur très indigne. J'ai vu d'où lui viennent ses ongles et ses dents, et je ne suis pas surpris des rugissements que lui arrache son insatiable rage de nuire. Mais je sais aussi où sont la Forteresse et le Refuge, et je sais le Bouclier contre qui se brisera la malice diabolique. C'est pourquoi je t'exhorte toi, et les tiens, à la prière et à la vigilance; suis de près cet ennemi mortel de la croix, tête de colombe et queue de scorpion, afin que, mis par toi en possession des malsonnances que recèle sa doctrine vénéneuse, je décide s'il n'y a pas lieu d'en référer au Saint- Père pour convoquer sur-le-champ le saint concile qui extirpera cette ivraie de l'aire chrétienne. — Le moindre des serviteurs de Dieu : Frère Gilbert. »

Enguerrand.

Avez-vous recueilli ces erreurs ?

Le prêtre.

Oui, sire comte.

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