‹ L'Héritage de Pierre Le GrandChapitre 42 sur 66 · LA MAISON I>J: (;LACK · texte numérisé non relu

LA MAISON I>J: (;LACK

bition (rima;;e> huinorisdqiies et ol)scènes elles fenêtres de la maison, brillaninient ilhiininôes le soir, en montraient autant. l']nfin, dans un bâtiment voisin, éfjalement construit en glace, il y avait un bain où le public était admis (I).

Cette maison devait être la demeure nuptiale de Oalitzine et de l'épouse que 1 Impératrice lui avait destinée. Par les ordres de Sa Majesté, toutes les nationalités composant la population de 1 empire furent conviées à se faire représenter au mariage, (|ui eut lieu le G février 17iO. Après la bénédiction donnée à réjjlise comme à l'ordinaire, un cortège de carnaval, semblable à ceux dont Pierre I" aimait à se donner le spectacle, se forma. Ostiaques, Tchérémisses, Samoièdes, Kamtcliadales, Iakoutes, Kirguizs, Kalmouques, Finnois, vêtus de leurs costumes nationaux, montant des clievaux, des cerfs, des bœufs, des chiens, des boucs, des porcs et jouant de divers instruments, précédaient une cage portée à dos d'éléphant, où se trouvaient les mariés. Sous la conduite de Tatichtchev la procession passa devant le palais impérial, traversa les principales rues de la ville et s'arrêta au manège du duc de Courlande, où un repas fut servi, comprenant des plats et des boissons en rapport avec la nationalité des convives. Trédiakovski lut une pièce de vers ; sous les yeux de l'Impératrice et de sa cour, divers couples exécutèrent les danses de leur pays; puis, à la nuit tombante, le cortège reformé prit le chemin de la Maison de glace, qui apparut ruisselante de lumière, entourée de flammes. Avec de grandes cérémonies, on coucha les mariés, et des factionnaires furent mis aux portes pour les empêcher de s'en aller avant le jour (2;.

Le Prince Kvassnik et sa compagne survécurent à cette épreuve. Après la mort d'Anne, en 17 il, ils eurent la permission d'aller à l'étranger, où la Kalmouque mourut bientôt, après avoir donné à son époux deux fils : le prince Alexis (|ui n'a pas laissé de postérité et le prince André, qui, marié à une

(1) KnAFT, Description de la maison de rjlace, 1741.

(2) (JiioijiiiNSKi, Esfjuisses historiques, 120-128; NACiiTCHOKiNh:, Mémoires, Archive Russe, 1883, 2'' partie, p. 288.

Khitrovo, a fait souche d'une nombreuse famille. Remarié luimême une quatrième fois avec une Khvostov, qui le rendit père detroisfilles, le Kvassuik arriva à une grande vieillesse (1778).

Tel était l'aspect moscovite de cette cour et des plaisirs qu'on s'y donnait, en un prolongement très apparent de l'ancienne vie du Kreml, amplifiée seulement et recevant un reflet des fantaisies licencieuses dont le Réformateur avait donné l'exemple.

L'autre aspect consacrait une rupture décisive avec la tradition, par un complément naturel de la réforme, auquel Pierre avait répugné, mais qui ne pouvait plus être évité sous le gouvernement d'une femme, veuve d'un prince allemand. A Mittau, Anne s'était évertuée à appliquer dans le train dispendieux de sa maison les modèles que les cours allemandes du temps, affolées elles-mêmes de Versailles, offraient à son imitation. A Moscou, Liriaassura non sans exagération sansdoute, que les splendeurs dont la cour de France lui laissait le souvenir étaient dépassées dans les fêtes que la nouvelle Souveraine multipliait dès le lendemain de son avènement. Mais ni Pierre II ni même Catherine I" ne possédèrent de cour proprement dite, avec l'organisation compliquée et l'appareil décoratif en usage dans les pays d'Occident. Pierre l" avait supprimé jusqu'aux derniers vestiges de ce qui constituait la majesté et la pompe de ses prédécesseurs et n'avait rien mis à la place. Il vivait dans une cabane et faisait ses courses dans un cabriolet. A part quelques charges de chambellans, tout était à créer, et Anne ne s'en fit pas faute. Elle eut des officiers de cour à tout usage et des réceptions à jour fixe; elle donna des bals et fit jouer la comédie comme chez le Roi. Pour les fêtes de son couronnement, Auguste II lui envoya de Dresde quelques acteurs italiens, et elle comprit que la possession d'une troupe italienne à demeure lui était indispensable. Elle s'en donna une en 1735, et, deux fois par semaine, les « intermèdes » alternèrent avec les ballets. Des élèves du corps des Cadets, dressés par le maître de danse français, Landet, y figuraient. Puis ce fut un opéra italien avec soixante-dix chanteurs

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