II. i
— no —
'ne fusse pas sâr de l'avoir exprimée. Qu'il en arrive ce qu'il pourra \ ce que |e crains le pius^ c'est que Laura ne soit jugée irès sévèrement. 8a confiance illimitée a été sa seule erreur.
La voix du malade était très basse, et si douloureuse, queWalter doutait s'il devait le laisser continuer; mais, se rappelant le bien que fait parfois une libre confession, il ne l'arrêta pas, et lui montra seulement sa sympathie par quelques mots et quelques gestes.
— II faut que je m'explique, dit Philippe, afin que vous voyiez combien peu elle mérite d'être blâmée. C'était pendant l'été, il y a trois ans de cela, c'était Tannée qui suivit votre arrivée. Je crus avoir des raisons de la mettre sur ses gardes. Le résultat a montré que mes craintes étaient chimériques; mais n'importe. Dans le cours de noire conversation, je me laissai aller à montrer mes sentiments plus que je ne complais; elle était très jeune, et, avant de savoir ce que nous disions... noi|s nous sommes déclafés... Je ne parle pas ainsi pour excuser notre silence, mais seulement pour l'expliquer. Si nous avions parlé, cela aurait causé un grand trouble à Holly well ; j'aurais été exilé, et, quoique le temps oui pu arranger les choses, nous aurions eu tous deux beaucoup à souffrir. Dieu sait maintenant ce qu il en sera ! Mais, Walter, demanda-l-il en tremblant, quand avez-vous eu des nouvelles de Holly well? Savez-vous comment elle a supporté celle de ma maladie ?
— Nous n'avons eu qu'une lettre depuis qu'elle l'a
apprise 3 la lettre élaitde madame Jldmonalone pour Amy y elle ne parlait pas de Laura.
— Elle a beaucoup d'énergie , et souffrirait tout plutôt que de faiblir. Mais comment aura4-elle pu garderie silence avec une pareille anxiétél Vûus éttfê sfir qu'il n'esi pas question d'elle dans la tettra de ma tante ?
— Je la demanderai à Amy, si vous vouleal -—Non, non, laissex-moi finir, puisque j'ai cpmmencé. Nous ne nous sommres fait aucune piK)messe ; ce n'était guère qu'un aveu de préférence) je ne crois pas qu'elle en comprit Timportance, et je la priai de n'en pas parier. Je me suis trompé moimême en me figurant qu'elle était libre, parce que je ne lui avais demandé aucune promesse } mm les choses paraissent sous une autre face quand on est en présence de la mort, et il faut persister, quoi qu'il en coûte, dans les résolutions qu^on a formées en de semblables moments.
— Vous avez raison.
Elle sera contente, car elle désirait le dire à ^a
mère; mais je croyais qu'il valait mieux atteodi^ que j'eusse de l'avancement, ce qui était noire seule chance de pouvoir jamais nous marier. Dès que je pourrai tenir la plume j'écrirai tout à son père. 4e crains seulement pour elle les premiers mouvemenls de sa colère.
— Il est trop indulgent pour être longtemps fâcUé.
— S'il pouvait seulement tourner son indig^É^tion contre celui qui la mérite ! Je voudrais qu'Amy et
vous vous fussia» déjà de retour pour la consoler.
— Nous comptons partir dès que vous serez en état de voyager. Si vous voulez revenir à Hollywell avec nouS; vous trouverez M. Ëdmonstone tout prêt à pardonner. Personne n'est aussi content d'oublié son déplaisir.
— Oui ; mais en attendant c'est elle qui aura souffert. C'est égal, plus nous garderons le secret^ plus notre faute sera grande. Âh! vous ne pouvez pas imaginer nos difficultés, soupira Philippe; les difficultés que présente la pauvreté.
— Vous vous fatiguez en parlant si longtemps, dit Walter. Tâchez seulement de vous remettre pour partir avec nous. Les choses iront mieux que vous ne. pensez. D'abord, nous avons la dot d'Amy, pour aplanir les difficultés... Non! ne me répondez rien; vous avez déjà parlé trop longtemps.
Philippe était trop faible pour être capable de longues réflexions, et Tidée que les choses étaient mieux qu'il ne pensait suffisait à le calmer. La franche confession de sa faute l'avait aussi soulagé, et il n'avait trouvé dans Walter ni un accusateur, ni un juge, pas même cette magnanimité écrasante qui rend le bien pour le mal, mais un ami honnête et simple, faisant pour lui tout ce qui était en son pouvoir, et craignant par-dessus tout de le blesser. Ce n'est pas ainsi que Philippe aurait reçu une semblable confidence ! Dès que Walter put le quitter, il se rendit auprès de sa femme.
— Amy, dit-il tristement, il m'a tout dit; ce n*est que trop vrai !
Sa première exclamation le surprit :
— Alors, Charles est le garçon le plus clairvoyant du monde !
— Comment? Âvait-il des soupçons?
— Non; mais j'ai souvent pensé dernièrement à ce qu'il m'a dit une fois : c'est que Laura était trop raisonnable pour son âge, et que la nature prendrait un jour sa revanche, en lui faisant faire quelque grande sottise. Mais Philippe vous a-t-il tout dit?
— Oui. Il a parlé noblement et franchement , et n'attend que d'être mieux pour tout écrire à votre père.
— C'était donc vrai! répéta Amy, comme si elle l'apprenait pour la première fois. Que dira maman ? Elle ne voudra pas le croire. Et la pauvre Laura at-elle dû souffrir ! car je n'épargnais pas les détails les plus affligeants. Contez-moi cela, s'il vous plait !
Walter lui répéta tout ce qu'il venait d'entendre ; elle en fut indignée.
— Je ne puis être aussi fâchée contre lui que je le voudrais, à présent qu'il est malade et pénitent. Mais n'était-ce pas très mal d'oser nous regarder en face après cela ; de vouloir nous gouverner et de vous accuser comme il le faisait?
— Je vois que je n'ai jamais compris les tentations de la pauvreté , dit Walter ; je n'avais pensé qu'à celles de la richesse.
— Ne l'excusez pas. Je peux lui pardonner ce qu'il
— Hé —
nous a fait^ parce qu'il ne pouvait pas vous pousser au mal ; mais je ne peux lui parctonner d'avoir entraîné Laura hors du droit chemin. Pauvre fille ! Je comprends à présent qu'elle eût Tair si malheureux ! Non, je ne peux lui pardonner cela, répéta- t-elle, le$ yeux remplis de larmes*
— Sa meilleure excuse est sa repentance, Amy.Yous ne pourriez foire autrement que de lui pardonner, si vous voyiez combien il est changé. Vous savez que vous devez lui faire une visite demain, puisque le médecin dit qu'il n'y a plus de danger de contagion.
— Je ne ferai que penser à la pauvre Laura 3 mais que fait-il à présent?
— Il dort, comme toujours; il a une étonnante capacité de sommeil.
— Je voudrais que vous l'eussiez aussi. Je ne crois pas que vous ayez dormi deux heures depuis ^e vous avez tant veillé.
— ' Je commence à croire que le sommeil est un préjugé populaire. Je m'en passe à merveille.
— Vous croyez; mais M. Shene n'aurait certainement pas remarqué votre physionomie^ si vous aviez eu cette ligne bleufttre sous les yeux. Regardez ! Estce là la figure d'un Galahad ou d'un autre chevalier de la Table-Ronde? Voyons, couchez-vous un moment et tâchez de dormir.
— J'aimerais mieux à faire une petite promenade : le temps est si beau et l'air si irais ! Voulez-vous venir avec moi?
Ils marehèrent pendant quelque temps, en discou-
rant totljourâ dé la cotiduite de Lanra et de Philippe* Araftble ne comprenait pas qu'on pût ainsi garder un secret, et disait qu'elle ne savait ce qu'elle serait devenue sans sft mère et sans Chatoies, à l'époque de ses chagrins. Sa seule satisfaction était de rejeter la plus grande partie de la faute sur Philippe.
— Vous savez qu'il ne lui permettait jamais de lire des romans, dit-elle. C'est peut-être pourquoi elle n'a pas compris ce qu'il voulait dire.
— Voilà une excellente excuse pour une jeune personne qui a donné imprudemment son cœur, dit Walter en riant.
— Je crois que si la chose était arrivée à Philippe avec toute autre que Laura, Charles en serait bien aise. Il a toujours deviné Philippe sous cet extérieur hautain.
— Amy !
— Non , avouez que c'était beaucoup plus grave chez un hoïtime si peu romanesque que ce ne serait chez un étourdi, comme Maurice de Courcy, par exemjsle, qui n'aurait pas réfléchi à ce qu'il faisait.
— Il a d'autant plus de mérite à tout avouer, comme il vient de le faire.
Ensuite ils cherchèrent à deviner de qui Philippe avait voulu préserver Laura , et ils avaient si peu de soupçons , qu'ils se figurèrent que ce devait être de Maurice , ou de quelqu'un de ses amis irlandais.
Ils se demandèrent aussi ce quil y aurait à faire après la confession de Philippe. M. Edmonstone, une fois sa première indignation passée, n'exigerait pas,
sans doute, que cet engagement fût rocnpu. Philippe pourrait venir à Redclyflfe, où il achèverait de rétablir sa santé. Walter fit plus de projets pour faciliter le mariage de son cousin qu'il n'en avait fait pour le sien propre. Il amena presque sa femme à lui pardonner sa faute , et il lui dit encore dans la soirée qu'elle aurait été fort attendrie, si elle l'avait entendu parler de Stylehurst et de son père.
Le lendemain était un dimanche , et Amable devait faire ime visite à Philippe. Waher était enchanté, et disait que c'était un grand progrès dans sa convalescence. Il était si heureux d'avoir enfin obtenu sou amitié , qu'il lui faisait tons les plaisirs possibles , et l'on eût dit qu'il croyait ne pouvoir lui en faire un plus grand que de lui amener sa petite femme. Amable , pour ne pas diminuer sa joie , tâcha de ne plus penser à sa mère et à Laura.
C'était un beau jour du commencement de septembre; on sentait déjà dans l'air la fraîcheur de l'automne. Philippe était si bien, le départ si prochain, quil n'y avait plus de raison d'être inquiet. Amable sentait son cœur plein de reconnaissance ; elle avait peine à s'habituer à ce sentiment nouveau , qu'elle éprouvait de la pitié pour Philippe !
Elle fit tout ce qu'elle put pour distinguer ce dimanche d'un autre jour; elle s'habilla d'une robe de mousseline blanche , ornée de rubans blancs ; elle mit le bracelet de cheveux de sa mère , que Charles lui avait donné , et une broche de filigrane d'argent que Walter lui avait achetée à Milan : c'était le seul
bijou qu'elle eût jamais reçu de lui. Puis elle se mit à sa fenêtre , regardant les paysans italiens passer dans leurs costumes de fête , et songeant aux journées de solitude et d*angoisse qu'elle avait passées à cette même fenêtre. Elle se demandait si la lettre qui devait rassurer ses parents était arrivée à Hollywell , et elle se perdait en réflexions sur la conduite de I^ura.
— A présent! dit Walter, qui entrait enfin. Pourvu que ses préparatifs ne Taient pas trop fatigué ! Il voulait que tout fût si bien arrangé dans sa chambre, que je lui ai dit : Vous avez i'air d'attendre la reine plutôt que votre cousine Amable Morville.
Us descendirent, et Walter ouvrit la porte en annonçant, d'une manière badine :
— Lady Morville!... Je ne me suis pas trompé cette fois ; la voici !
Elle s'attendait naturellement à trouver Philippe fort changé; car il avait d'ordinaire un teint coloré et frais^ et, par conséquent, c'était un de ces hommes chez qui les traces de la maladie sont particulièrement visibles. Il avait complètement perdu ses couleurs; ses lèvres mêmes étaient pâles; ses joues étaient creuses , et son front paraissait plus fort que de coutume, à cause de la maigreur du reste de sa figure, et parce qu'il avait perdu ses cheveux. Ses yeux n'étaient pas reconnaissables, enfoncés comme ils l'étaient. 11 semblait heureux et tranquille , mais si faible, si dépendant, si différent de lui-même , qu'Amy en fut émue. Il sourit en lui tendant une main pâle , et qui n'avait littéralement que la peau et les os.
-^ Bonjour^ Amy^ dil-il d*uûe voix gÉîd, quoique très faible. Vous voyez que Waiter a eu raison, et que je vous ai fait terminer votre voyage de noce d'une manière fort désagréable^
— D'une manière fort agréable, au contraire, puisque vous êtes mieux;
— Faites-%ou8 les honneurs de ma chambre, Waiter? dit Philippe en soulevant sa tête de dessus l'oreiller avec une oitibre de sa courtoisie <^dinaire. Ofiûrez une chaise.
Amy sourit et le remercia , pendant qu'il la regardait , comme un malade regarde une fleur ou toul autre objet réjouissant qu'on offre à sa vue.
— Est-ce là votre robe de mariage , Amy î
— Oh ! non ; celle-là était bien plus belle !
— C'est que vous avez l'air d'une mariée.
— Voilà un compliment , pour une vieille femme comme vous ^ Amy , dit Waiter , comme s'il eût été fier de l'admii'ation de Philippe» Il est temps cependant qu'on cesse de parler de nous comme de nouveaux mariés.
— Vous aurez encore à jouer ce rôle quand vous serez chez vous à recevoir vos amis.
— Heureusement vous les connaissez tous, et vous viendrez nous aider, répondit Amy ; et son mari fut bien aise qu'elle invitât Philippe elle-même.
*— Merci , nous verrons , répondit-il.
— Oui , nous verrons , quand vous serez en étal de partir. Ce sera bientôt; nous voyagerons à petites journées , et vos progrès sont surprenants. Comment
Id trouvée- vous ^ Amy ? demanda-t-il avec une espèce d'orgueil presque amusant, en présence de la figure décharnée qui semblait lui causer tant de satisfaction.
■^ Saiïs doute il est beaucoup mieux qu'il n'a été , dit Amy ; mais je ne puis en juger.
— Vous ne pouvftz pas encore obtenir des compliments pour moi^ Walter. J'ai été fort surpris de ma ]t^opre figure , quand Arnaud m'a apporté le miroir ce matin.
— C'est domtriage qdfe vous ne vous soyez pas vu Il y a une senriaine, répondit Walter. Comme dit noire médecin français : « Il faut que monsieur ait nvte con* stitmion robuste* »
— Charles prétend , dit Amable, qu'une constitution robuste n'est qu'une autre manière de dire : Passer par toutes les maladies possibles.
— Je crois qu'il a raison , répondit Walter; car je me suis toujours bien trouvé d'en avoir une délicate.
— Comment savez-vous qu'elle est délicate? dit PhiKppe. Aucune maladie ne l'a éprouvée.
— C'est pourtant ce que prétendait le vieux médecin de Moorworth , la dernière fois que j'ai eu affaire avec lui , dans mon enfance. Il parlait avec Markham de je ne sais quelle petite maladie que je venais d'avoir, et dit : Il paraît rempli do santé à présent, mais sa constitution est délicate , disposée à la fièvre, et il aurait de la peine à se tirer d'une maladie grave; J'ai très bien compris ces paroles , quoiqu'elles ne fussent pas destinées à mon ordilc.
— Je suis bien ake de ne pas avoir appris cela plus tôt , s'écria Amy.
— Y avez-vous pensé , quand vous êtes venu ici ? demanda Philippe.
— Oui , répondit Walter, san9 songer à l'impression que produiraient ses paroles. A propos, Philippe, dites-nous œ qui vous est arrivé après nous avoir quittés, et ce qui vous 4 amené ici.
— Je traversai.à pied la Valteline, comme j'en avafts formé le projet , et je descendis par les sentiers à travers les montagnes. En arritantà Bolzano, je ne me sentais pas bien; mais je pensais que c'était seulement la fatigue , ei que le repos du dimanche suffirait à me remettre. Je repartis donc le jour suivant , quoique je sentisse des douleurs dans les jambes et dans la tête.
— Etes-vous parti à pied? demanda Amy.
— Oui ; je croyais que mes jambes s'étaient cnraidies en gravissant les montagnes , et que la marche les remettrait; mais je ne voudrais pas avoir à passer encore par tout ce que j'éprouvai dans ces sentiers de montagnes , ébloui par la blancheur de la neige et brûlé par l'ardeur du soleil. Je voulais aller jusqu'à Vicenza; mais il parait que je n'ai pu me traîner plus loin qu'ici. Mes idées devinrent si confuses, que toute ma cr^mte était d'oublier l'italien. Je me rappelle vaguement d'avoir répété longtemps une phrase, de peur de la perdre. Je crois que je pouvais encore parler en arrivant ici ; mais la dernière chose dont je me souvienne, c'est de m'être senti fort mal dans une chambre différente de celle-ci, tout seyl, et avec
rhorrible pensée que je inourraift abandomié. J'ai aussi un souYenir confus d'avoir éprouvé du soulagement à entendre parler anglais, et à voir mon excel* lent garde-malade ici.
On causa encore un peu , mais c'était assez pour fatiguer Philippe. Walter lui conseilla bientôt de se taire , et lui fit apporter un peu de bouiUon. Philippe pria Amy de demeurer encono auprès de lui, et Walter n^y consentit qu'à la condition qu'elle ne causerait pas; il arrêta même le malade au moment où il allait donner des louanges au^uillon qu'Amable avait su préparer, en dépit des mauvais matériaux , et qui aurait contenté Charles lui-même.
Quand Philippe se fut un peu reposé, Walter lut le service dans la liturgie. Amable pensa n'avoir jamais entendu de voix plus douce que celle de son mari , ni plus convenable pour une chambre de malade. Elle eut de la peine à retenir ses larmes , à ces paroles de Jérémie : Ne pleurez point celui qui est mort , et n'en faites point de condoléance; mais pleurez amèrement celui qui s'en va en exil , car il ne retournera plus^ et ne verra plus le pays de sa naissance ( Jér. XXII^ 10), et Philippe en fut aussi vivement touché. Après que la lecture fut finie , ils le laissèrent dormir et allèrent dtner.
— Quand aurai-je le plaisir de vous entendre encore chanter? demanda Amy à Walter, en rentrant dans leur appartement.
— Pas avant qu'il puisse le supporter sans fatigue, dit Walter. Mais, si vous n'êtes pas fatiguée y allons ,
Atny, noos piwmpfiér sar les collines, pdndatit qu'il dort.
n$ marchèrent longtemps sur les pentes gazonnées, à Tombre des vieux châtaigniers , jouissant de la pureté dé i'air, causant peu et méditant doucement , comme ils Tavaient fait souvent autrefois. Après un long silence) AmaMe lui dit :
— Votis rappelez*vous Voire mélancolique définition du bonheur, il y a quelques annéfes?
— Nôtt ; qu'est-ce que c'était ?
— Des rayons d*uh autre*monde , trop tôt éclipsée oti f>erdus. Gela m'attrista. Pensez-vous toujours ainsi?
— Pas tout à fait.
— Quelle serait donc votre définition , à présent ?
— Des rayons d*trn autre monde , qui deviennenl plus brillants à mesure qu'on approche de leur source.
— La Vieillesse semblé si loin! dit Amy.
— Chaque jour est un pas, répondit-il. Et un autre silence suivit.
Fis s'assirent sous un arbre, en face des montagnes^ dont les flancs étaient cëuverts de nuages. Leurs blancè sommets se détachaient sur un ciel pur, pendant que les dernières lueurs d'un soleil d'Italie éclairaient toute la scène.
— Il ne manque ici qu'une chose , dit Amy. Philippe ne peut nous entendre : si nous chantions un psaume ?
Quand ils eurent fini , l'écho de la mpulugne répéta quelques-uns des sous harmonieux qui l'avaient éveillé.
Gooolc
L'effet était trop solennel pour qu'ils pussent exprimer ce qu'ils sentaient. Walter prit le bras de sa femme, et ils retournèrent à la maison.
Comme ils s'étaient un peu éloignés du village , il faisait nuit quand ils arrivèrent. La lune nouvelle éclairait d'une pâle lumière le sommet des montagnes, dont elle faisait ressortir encore la blancheur, et des nuées de mouches phosphorescentes brillaient sous les arbres.
— C'est dommage de fentrfer, dit Amy.Mjis Arnaud n'était pas de cet avis; car il venait à leur rencontre pour leur dire que la fraîcheur des nuits d'automne était dangereuse , qu'il ne fallait pas s'y exposer, et Walter convint que la soirée avait été délicieuse, mais qu'il 8# sentait un peu las.