‹ L'hermite de Londres: ou Observations sur les moeurs et usages des anglais au commencement duChapitre 2 sur 63 · PAS UN INSTANT DE VIDE · texte numérisé non relu

PAS UN INSTANT DE VIDE

Tuer le temi était leur se&Ic affaire :

TraTâil bien dar, mais pourcnz n^esiairc.

I'hompsoh.

SiH Pierre Panemar reçut les honneurs de la nohksse pour les services qu il avait rendus dans Tadministration civile de Flnde. De retour en Angleterre avec une fortune considérable et une maladie de foie , il trouva des usuriers qui lui facilitèrent les moyens de placer avantageusement ses fonds en constitution de rente , ce qui se fit sous main et sans bruit. Lady Panemar éblouit par ses bijoux , aime le jeu , et s'y croit fort habile , ce qui tourne au profit de ses connaissances. Un bon cuisinier et une sTiperbe maison attirent chez eux une foule de gens de distinction qui daignent faire partie de leur cercle, et4|ui

PAS UN INSTAKT DE \II)Ï. iS

les appellent <t de bonnes gens à leur manière y » c'est-à-dire en donnant de bons diners , et en perdant lenr argent aux cartes.

La table et quelques autrei^ jouissances qu'il se pemiet incognito , composent tous les plaisirs de sir Pierre ^ et occupent son lems ; mais le caractère de lady Panemara dès traits plus prononcés. Elle a l'esprit impérieux, jaloux, versatile et ambitieux. Etre rangée dans la classe des grands, fatiguer les écbos de soAnom étranger et de s&a titre d'bier dans tous les bals , dass toutes les assenàblées, voilà pour elle le Summum bénum^ la plus douce jouissance. C'est en faisant du jour la nuit, en couvrant ses gens d'une sttperbe livrée ^ qu'elle veut briller dans te monde. Elle est connue comme Fensei^e d'une auberge ,et n'est guère plus estimée de la noblesse. « Entrons un instant chez le nabab » est une pbrase aussi commune que « allons boire un coup au cabaret. » La seule difiérence, c'est que I» dernière est dans la bouche du peuple , cf ijne Tautre n'appartient qu'aux gens dis-^ tin gués. Mais ceci nous ëcdrte de notre sujet.

Sir Pierre Panemarn'a jamais un instant de libre pour répondre à une kttre , pour recQV(Hr

iÇ PA$/UN INSTANT DE TIDE."

une humble pétition , pour écouter la voix de rhumanité, pour cultiver son esprit, en un mot il n^a pas un moment de vide : dans tout le cours de la journée , toutes ses heures sont comptées et remplies. Mais comment lie sont-elles, car c'est là Tobjet qui nous occupe? Quels sont ses travaux journaliers ? comment divise-t-il son temsP quel partage en fait-il entre le plaisir et Tinstniction? En un mot , quelle est sa manière de vivre ? quel est son agenda , son ji^imal ?> comment se rend-il utile à la société? quels services rend-il à ses semblables? Voilà ce qu'il nous importe de savoir, et c'est le tabtleau que je vais tracer.

Après avoir fait attendre tous ceux qui désirent lui parler, il descend déjeuner, comme bien des membres du parlement se rendent à la chambre , par habitude , la tête creuse , Tesprit vide. Il passe à dé jeûner le double du temsqu y mettrait un paresseux, bâille entre chaque" tasse de thé, jette un coup-d'œil sur le journal, noie son estomac avec Ttm , et brouille toutes . ses idées avec l'autre; consulte le baromètre et le thermomètre ; parle de l-Iode, de son climat , de sa constitutipn i blâme ce qui se passe eu

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