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LA JEUNE rUXE SORTANT PE PENSION.
Leur affectation couvre, atant dis-liaîi atiit, Dei frima» de l'hiver lei roeet d« priateaas. Po».
Il y a quelques semaines ma nièce Sophie est sortie de pension; et elle a commencé son entrée * dans le monde par une excursion sur les bords des lacs d\£cosse. C^est une charmante £IIe ; mais je m^ aperçois que rjéloigneiiient du monde dans lequel elle a vécu , et une tournure d'esprit naturellement romanesque , lui ont fait le plus grand tort. ^
Mon frère avait manifesté de son vivant Tintention de ne pas Finitier de trop bonne heure dans les plaisirs du grand monde ; et le tuteur de sa fille, pour se conformer k ses vues, crut devoir Tenfermer dans une pension jusqu à dixhuit ans. Elle n'en sortait jamais que pour aller
SORTANT DE PENSION. Il5
passer les vacances à sa campagne, dans le comté de Nortfaumberland . Qu'en est-il résulté ? que les bois, les lacs, les montagnes, les paysages pittoresques , sont les seuls objets qu'elle cott-<* naisse danis toute la nature. Mais elle a eu soin de se farcir le cerveau de tous les romans mo- «dernes qu'il lui a été possible de se procurer ; et il lui en est resté un fonds de rêveries sentimentales dont son esprit est complètement infecté.
Elle est, dans sa mise., bizarre jusqu'à la folie ; prenant pour modèle les héroîfnes de Rome ou de la Grèce , plus souvent encore cefles des romans qui ont été sa lecture favorite, et dont elle imite la description. Tantôt c'est une Héloïse , taoktM une Caroline de Litchfield ; aujourd'hui ce sera l'Hélène de la dame du Lac , et demain la belle Rosemonde , personnage histo-^ rique qui figure dans plus d'un roman.
Ses amnsemeiis sont de se promener, au clair de lune , dans les bois , sur les montagnes , le long desjcbtttes d'eaui de faire répétei^aux échos les açcens d'une muse plaintive ; de réciter des vers langoureui où tragiques ; de lire quelque roman Bien tejidre à l'ombre tf un vieux chêne ;
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de se parer d'un bouquet de fleurs champêtre» | et de pleurer sur elles quand elles se fanent ; de (aire paître un-agnéau au cou duquel elle attache un ruban bleu, youlant ressembler à la Marie de Sterne, en affectant un air pensif et mélancolique.
Toutes ces extravagances lui ont coûte la fraîcheur de son teint , qui brillait autrefois des cou-^ levLvi de la rose la plus vive , et luï ont donné un air sombre et réfléchi qui lui a fait perdre la moitié de ses charmes.
Sa conversation n'est qu'un composé de cita-^ tions de divers auteurs en différentes langues , et qui portent toujours l'empreinte de Tenthoùsiasme , de Tamour, de la mélancolie et de h \ sensibilité. Ses gestes, ses attitudes, le jeu de sa physionomie, tout est apprête, étudié et théâ- 1 tral. Un œil humide, un sourire languissant, un sein toujours agité, un bras élégamment ar- | rondi , une tête penchée d'un air réfléchi ; voilà ce qu'on remarque en elle. Ses nerfs sont si dé- i licats, ses sensations si vives, ses organes si ' susceptibles^ qu'une porte qui s'ouvre inopiné- ; ment la frappe d'une coinmotion électrique ; une | plume qui vole en l'air la fait tressaillir ; un