‹ L'hermite de Londres: ou Observations sur les moeurs et usages des anglais au commencement duChapitre 24 sur 63 · LES JOUEUSES · texte numérisé non relu

LES JOUEUSES

.... ... Immama maïutra '

Praiferimus,

Vn«ii.B.

Hoiu pr^fëroDs Us loonstres les pli|s tffreoa.

J'ai toujours trouvé que les passions les plus violentes , telles que Tavarice , Tambition , la baine, paraissent doublement hideuses quand elles se montrent sous les traits du sexe que la nature semble avoir formé pour la douceur et la modération. Elles privent une femme de tous ses charmes , et en font un être tout autre. Le jeu , fils du désoeuvrement et de là cupidité , produit absolument le même effet , et déshonore le plus bel ouvrage de la nature.

D existe cependant une espèce de jeu qui n'offre pas les mêmes dangers ,. et qu'on ne peut

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blâmer cpic sous le rapport de la perte de tems qu il occasione. C'est u&e des taxes imposées sur rborame par la saciëié que d-être forcé ^ après un diaer, ou dans une visite du soir, de prendre des cartes , et de rester ainsi devant nue table pendant un tems convenu. J'éprouve je ne sais quel sentiment d'impatience et de dëgoût , quand je vois une maîtresse de maison s'avancer vers moi en me présentant quelques cartes pour que j'en tire une , et que je me trouve condamné à être cloué sur une cbaise pendant deux heures, et quelquefois davantage. Adieu le plaisir deb conversation ; adieu mon plus grand amusement, celui d'observer; adien toute gaîté, toute variété.

' Un jeune merveilleux peut ne faire qae paraître dans une assemblée. H salue la' maîtresse dfl logis , jette un coup-d'œil sur la compagnie afin de pouvoir citer les gens à ta mode qui s'y trouvent ; puis s' élançant dans sa calèche ou dans son phaéton, va répéter le même rôle dans trois ou quatre autres assemblées, dans le cours d'une seule soirée. Un danseur, grâce au seconrs àt ses jambes, peut échapper à la taxe des cartes; mats ir n'y a^pas de ressources pour un homme

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de' moyen âge , d'un caractère sérieux et rassis ; il faut qu^il paie une contribution sur son tems, et souvent sur sa bourse.

On ne saurait croire conbien cette occupation prend de tems am gens ^ vivent dans le grand nu^nde. Lady Lansquenet fait régulière* ment deux parties de whist tous les soks , à moins qu'elle ne trouve le moyen de jouer k quelque jeu de hasard. Dans le premier cas, elle donne, chaque jour , environ trois heures aux cartes ; dans le second, eHe leur consacre toute la soirée ; et quand elle est dans son château , eUe f oiue en outre deux ou tcois heures avant le dîner , toutes les fois que la moindre apparence de vent , de pluie , ou de chaleur , lui fournit un prétexte de garder la maison. En calculant ^ur un taux moyen le tems qu'elle pftssé à jouer , on pèutrévaluer à quatre heures par jour, ce qui fait le tiers de celui dosU, eUe peut disposer^ attendu qu'elle en passe dou^e au Ht. Déduisant du sQi|>lus quatre autres heui'es pour les soins de sa toilette , il ne lui reste donc que quatre heures par jour k employer d'une manière raisonnable , encore iaUt-il en défalquer le tems des repas.

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