‹ L'hermite de Londres: ou Observations sur les moeurs et usages des anglais au commencement duChapitre 51 sur 63 · V^ ^^^ MASQUE · texte numérisé non relu

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et d'y ëpier la conduite de stm içari. Celtfi-ei n'allait point à une cont^rsazionâ , il ne conduisait pas sir Charles au bal , il n y allait pas es domino ; il devait y être accompagné de certaine belle, et porter coQune eUe le costume espagnol.

Lady Foppington monta dans Tappartement de son mari dès que celui-ci fut parti. La première chose qu'elle y vit ^ fut Thabit de gcand d'Espagne qu'il comptait mettre plus tard. Elle y fii une marque qui ne pouvait être visible que pour elle , et par ce moyen fut certaine de ne perdre aucune des démarches de son çiari , en dépit de ses précautions.

Elle s'occupa ensuite d'arranger sa propre partie, et s'assura la compagnie de sa sœur et d'un colonel d'infanterie , son cousin. Ironisa , sa sœur , était vfitue en cavalier espagnol et portait une guitare. Le colonel était en do^fiino. Lady Foppington , en habit de religieuse , avait pris le bras de sa sœur ; le colonel TacccHapagnait de l'autre cAté.

Arrivés au bal, ils ne tardèrent pas à découvrir lord Foppington avec sa Dulcinée, et entendirent une partie de leur conversation.

« Yqus ne craignez dom; pas de donner de

fa jalousie à lady Foppington ,'Iai demandait la belle Espagnole , en s'appuyant sur son bras. — Pas le moins du monde , ma chère Maria ; je suis trop vieux soldat pour avoir* peur. — Il faut convenir que vous êtes de grands vauriens , vous autres maris. Mais il faudra vous retirer de bonne heure. — Pas avant cinq heures , Maria. Mais , ma chère amie , il faut que vous me promettiez de vous trouver à trois heures après midi dans le parc du Rëgent, près de NeiP-Road ; je vous mènerai voir ma chaumière de Datchei; vous aurez V^it de vouloir racheter. -*- Je n'y iaanqûerai pas. »

« C'est on ne peut pas plus édifiant , dit lâdy Foppington à sa sœur. »

Louisa~ déguisée , comme nous l'avons dit , en cavalier espagnol , aborda alors la belle Maria , et lai demauda si elle voulait faire une valse avec un de ses compatriotes. — r Qu'en dites* vous, mon cher ami, demanda celle-ci à lord Foppington en espagnol, danserai-je ? — iUen qu'une seule valse, m^iichère. »

La religieuse lui dit alors que puisqu'elle perdait son cavalier ^Ue' espérait qu'il voudrait bien k remplacer. Lord Foppington , voyant urte lôurmire qu\ lui plaisait, y €Ôa$en|it $an$ $a

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faire prier. Il s'établit eotr^ eux une t&vHtt^tion vive et animée t dans lamelle la religieuse montra autant d'esprit que d'asûlûlité- Lord Foppington en était encbanté.

« Consentes j^ 4ler votre. masque, lui «Kl*?

il, )e suis s&r qu'îl cache des traits ckarmans. Vous avex' la voix la plus sëduisttdte malgré le soin que vous ^prenez de la déguiser, et je suis convaincu que je Fai déjà entenduei ' — Ce serait donc en pays étranger, ,eaf je ne suis en Angleterre qipe depuis trois jéurs.- Mais il faut ^e vfms sayex un grand trompeur! Je suis sûre que vous êtes marié : vous êtes ici ayéc une maîtresse , et elle n a pas [rfus t^ le dos tourné que vous faites la cour à une autre, r^-Rieu dQ twl oelà, répoudil-il avec assurance ; je -yous proteste que la dame avec qui j'étais e$t ma;seHir, etque ^e suis gàrçm. Su à\i tiop^volage îusqu'ifii^Kiur me marier. Mais il faut que je vous cpwiaisse , afoota-tr-ii en lui l^aisant la main; tout me dit. qu'une femme comme vous est c^ble de«fixer kiplua inconsr iMni deS:.bommes.r-;-Toule&4vdus vous icouver 4aus. Hyie^P^irkk midi ?-*-l>e tootemoÉL urne, 4)lian^Aaitte inc^uaue.— îDotiuei&rmoi doàc mi fSdgfi.qu(4« ptaisse vçiuimontcsc puimmeiuiiie

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recoQoaitre. — PteHes cette bagae.-^£t vous fie manquerez pa$ i votre promesse ?-r Non, sur mon honneur. »,

La valse finissant en ne moment , lady Foppisgton repdt le bxas 4u prétendu cavalier es« pagaol^ et céda à Maria celui de son mari.

' (c Comme vous av^ valsé kmg-tems ! dit krrd Fcppington à Maria. Save^-vous que j'étais fort mal à mon aise ? Je portais envie à votre dan^ senr. Vous vs^z véritablement con amare^ et l'étais pcefiqae jalow* — Et moi, j- étais tout-àiait )alw$^ 9 répliqua, Mtiia« Je se vous ai pas perdu de vn^ \ je v<^usai vu baiser tendrement la ttaii^ de la nônne ; je suis sûre qfu'elle vous a domi4^ m rende»-vpus. -— Non , de par Ju-* pitçr I.Yoïi^ savez oombâen je vois aime, et ijliiaiiile icoBur eM une fms de la j^rtie^ la chan^ gmeit devient imposuble. D'afflents jeTai esi^ ^ym acms.son masque; c'est une figure fort #r4i]Baite x itini ^e jremarquabki,. je vous assure, mmt^ retrottsié; »^ ^

. ftiiétaît près^dî^ quatoe .heuses ; Iwkf Fopph^ toa)iigeaqu'il.étaifc.tams de Rtdutnitt- chez elle. ËUe:fii«ea;adieuçan'jeobnël,''et paAit avec sa scsiu^, EUe. dkangea de ci)stfimé eU' >airyivant\» ««iccHatsiai i^e- «vec Im&^y ^ C(mia»v» seia

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dëgaisement ; et lorsque son ^ëèie ëpoax ar^ riva, il la trouva seule, eif déshabillé, jouant de la harpe.

« Vme jolie heure pour vous trouver encore debout ! s'écria*t-il «u la voyant. —J'ai eu.des rêves si affreux, lui répondit-elle , que je me suis levée, et 4{VLe j'ai eu recours k ma harpe pour calmer Tagitation de mon esprit. J'ai rêvé que vous m'étiez infidèle , ^pie nous allioos nous séparer, et cette idée me perçait le coeur. — Excellente Fanny., lut dit^l eu 1 -embrassant ! pas pour le monde entier! Où tronverais-je votre égale ? — Oh i partout. Quie sab - je ? peut-être au bal masqué. Je n'ai rien de remarquable ; vous savez ^ue j'ai le nez re^uss^.^ Vous,. Fanny Y Non, sur ma foi ! Vous avez le plus joli nez grec que j^aie jamais vu ! — Vous n'stvèz paès de mànoire , Myloid ; car je me sonvieidS: que vous faisiez autrefois l'éloge de ce petit nés en l'air. Mais j^aîeur liort dé vous croire; les hommes sont si trompée» I — Ce n'e$^ pas moi, Fanny', ce n'esCpas moi <iui le «ùis. Mâisîl'eatlard^, il &ut nous retirer. — yn instant, Mjrlcnrd» Biteff^noi donc qiielqttê ^hose :dé..ce bal aa$qué. Qu'y av^^voui vu .^^ Pers^^me. de notre cwulaîssancè,. mon amour.

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—Vrai? — Pas une ame. C'était la ténnionfla phift insipide que j'aie jamais vue. Je n^ di pas aperçu une J4îlîe femme. — En vérité? Quoi !

TOUS n^avez pas trouvé à qui adresser un mol de galanterie? — Personne au monde. Je n'ai pas quitté le bras du baronnet de toute la nuit.

— Quoi ! vous n'avez iait la cour à personne f Vous n'avez pas donné un seul rendez-vous ?r— Non, certainement! Que voulez-vous dire? — Allons, allons, Frédéric, continuà-1-eUe du ton de la plaisanterie , dites-^moi la vérité ; je ae me fâcherai pas. — Sur mon honneur, je n'ai rien à vous dire. — Mais où est donc votre bague ,.Mylotd? — Ma bague ? répéta-t-il d^un air con&s. Âh ! effectivement, il faut que je Taie perdue..., qu'on me Tait volée;.. Voyons , ai-je mon mouchoir de poche ?. . . ma tabatière ?» En la tirant de sa poche , il la laissa tomber ; et , en la ramassant , il aperçut un homme ca- (hé sous une table.

- « Femme indigne ! s'écria-t-il , voilà donc pourquoi vous avez si facilement renoncé à' aller au bal masqué! Yuilà pourquoi je vous trouve deb<^t à une pareille heure ! pourquoi vous aveu feini devoir aller à l'Opéra , où tous n'avez sur

ranent pas été ! -^ Toat celi est vrai , Mylorè ; mais me direz-yous 4 votre tour pou-quoi vms aves pris, pour aller au bai, rhafaitd'vii; grand i'Espfl^e au lieu .d'un domina? Pourquoi vous 4vee ptéféré une prétendue Espagnole à votre malheureuse femme P Pourquoi, quand l'objet de votre premier caprice vous a qpnttë un instant, vous aves cherche à séduire une antre femme vêtue en religieuse P — Fort bien , Maéame, fort bien ! Mais, quoique vous ayez pa me faire espbnner au bal, ne croyez pas nt^un trouver plus disposé à fermer les yeux sur votre condniU . 'Demain vous serez connue ; demain. . . Et vous^. Monsieur, tous montrerez-vous enfin ? dk-il au cavalier qui était encore sous la table. Je vous attends dans trob heures, derrière les murs de Paiitngfon. En attendant, sentez de chez moi à T instant , à moins que vous ne préfériez que }e vous jette par la fenêtre. -^ Me voici , Mylord , dit Louisa en se levant et en étant son chapeau. Me reconnaîssei^voas ? — De par le ciel ! c'est une perfidie , vneconspi'ration ! Je Tavoue, je $ui&. coupable.*. , mais pas autant que vous pourriez te croire. AUqas, Fanny , conveae^^n, vous étiez au bah Quel

c0slMÉe atm^^ous P--?Ce n'était pas celui A' m» Espagnole, Mylord. Mais m' assurez-vous qa»

yoas uj ayes pas éosmé de reudez-TOtts ? -^ Je irons le jnr£ par.. .. — N'achevez pas , Mylord , lui 4it-elle en Ini mettant la laain sur la bonche. N'en avez'vous pas un près de NefP-Roûd? -^ IBiim^ certainen^ait. —Poor aller ensuiteiiDd/-» cieiF -^ Et non , vous ^-je. Qui peut vons iairc songer à Datcbei? «-* Et vous ne devet pas re* tnnnrer la religieuse dans Hyde-Purk ? — Non , ntille fois noml — Fi, Mylord, fi !» Et en même tems eSe lui montra sa bagne. « Mort et coaorfumn ! s'ëoria~t-il d'un ton humilié , ceci- est trop fort ! -«-YoHS éle% trop vieux soldat pour avmr peur. — Fauny , s'écria lord Foppiiigtôa i n'abuses pas de votre victoire ! Je suis battn compUrtement, mats pas autant que je le mérite à mes propres yeux. — Ceux de Maria vous en Consoleront. » ^

La sœur intervint ici , servit de médiatrice , et il s'ensuivit une réconciliation. Des promesses pour l'avenir assurèrent une amnistie générale pour le passé. Lord Foppington renonça à sa Uaison avec Maria , et, au Heu d'aller avec elle i Datchet, il partit avec sa fesmie pour Bafh, où il passa un mois qui lui parut aussi délicieux

q«e le premier de ceux qui avaient sttiyi son

mariage.

On dit que les querelles entre amans amènent souvent un renouvellement d^amour. De même une réconciliation est une route qui conduit quelquefois à un redoublement d'affection ; mais c'est un chemin dangereux , et dans lequel il ne faut pas s'engager avec trop de confiance. Que tous les maris inconstans n'espèrent pas trouver une lady Foppington. Il en est tant qui songeraient à d'autres moyens de vengeance !

La bague, le rendez-vous, l'accès dé jalousie causé par le prétendu cavalier, tout cela réuni rendait la leçon excellente ^ et elle ne fut pas inutile. Lady Fq>pington garda toujours la bague comme un trq[>hée de son triomphe ; mais sou mari fit encore mieux : il tint sa promesse.

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