VENTE DE FEMMES 4 LONDRES
son malheur , elle eut pourtant la consolation d'être achetée par son premier amant.
Un postillon , nommé Samuel Wallis , amena un jour sa femme au marché de Oantorbery , et lui ayant placé un licol autour du cdu , l'attacha aux poteaux qui servent au même usage pour le bétail : elle fut alors offerte par lui en vente publique. Un autre postillon se présenta et acheta la femme ainsi exposée , moyennant un gallpin de bière (quatre bouteilles) et un schelling, en présence d'un grand nombre de spectateurs. Le vendeur était marié depuis six mois , et sa femme n'était âgée que de dix-neuf ans.
Un milicien , nommé Toone , se trouvant en congé à Nottingham, et croyant avoir à se plaindre de la fidélité de sa moitié, résolut de. s'en défaire par une vente , en tâchant néanmoins de tirer parti de sa marchandise. La femme fut exposée dans le marché , mise à l'enchère Je trois pences ( six sous) et fut adjugée à un amateur qui en offrit six pences. Elle luijut délivrée avec le licol, aux applaudissemens des nombreux spectateurs.
hà vente des femmes par leurs maris n'est pas
jeid# autorisée. Les yentés des maris par fem^ iiemmes , qumqne fort rares , ne sont pas sans èiKémple ; et , bien qne les jnges rëpronrent les marchés masculins, ils n'osent pas pins en pr(H lloncer la nullité qn^ib n'osent déclarer celle des marchés féminins , comme on va le voir. Une afEiire d'une nature peu ordinaire fut portée devant sa seigneurie le maire de Drogheda. Une femme, Marguerite CoUins , porta plainte contre son mari qui l'avait abandonnée pour' aller virre avec une autre femme. Dans sa défense , le mari dit que sa femme était d'un caractère extrêmement violent , que dans sa colère elle l'avait offert en vente pour deux pences ( quatre sons ) à celle dans la possession de laquelle H était maintenant ; qu'elle Tavaît vendu et livré pour trois demi-pences (sixiiards) ; que sur le paiement de la somme il avait été emmené par Kacheteuse ; que phisieurs fois sa femme , la venderesse, dans ses. accès de colère, l'avait si cruellement mordu , qu'il en portait encore de terribles marqués, quoique plusieurs mn' se fussent ëcoulés depuis qu'il lie lui appar tenait plus ( et H fit voir ces marques). I
Y5NTE DE FEMMES A lOîWliXS- 3a3 femme acheteuse, ayaat^té mandée (kw tmit»
téaio%flaga ,, a corrobora la totaUtë Aes faits ^ confirmé l'achat , et déclaré qu'elle était plos contente, chaque jour, de son acqnisitipni qu elle ne croyait pas qu'il y eût de.loî qui pût lui ord<«ner de s'eii séparer , parce que le droit de la femme, de vendi^e son mari, dont elle était mécontente , à une autre femipe qui s'eu accommodait, devait. être égal au droit du mari dont la faculté de vendre était reconnue , surr tout lorsqu'il y avait consentement mutuel, comme dans le cas prés^t.
La femme plaignante fut tellement exaspérée du plaidoyer plein de bon sens de l'acheteuse , q^e, sans respect pour sa seigneurie, elle sauta au visage de $eB deux adversaii:e$, et qu'elle les aurait déchirés avec ses dents et ses ongles , si on ne l'en eût séparée.
Comment concilier avec la religion chrétienne^ surtout avec la religion catholique qui a été longrtems dominante en Angleterre , la transr mission d'une semblable coutume depuis les sièr clés de barbarie jusqu'à nos jours F C'est ce que je n'entreprendrai pas de résoudre. Je me bor?-
3a4 ^SNTE DK Ï*£MM£S À LONDRES.
nerai à observer qu'une coutume aussi infâme s'est conservée sans interruption,- qu'elle est mise chaque jour à exécution ; que si quelques magistrats des comtés , informés que de semblables marchés allaient se faire , ont cherché k les empêcher en envoyant sur les lieux des constables ou huissiers , la populace les a toujours dispersés , et qu'elle a maintenu ce qu'elle considère comme son droit.
LES DÉCOUVERTES. SaS