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La eolire prodaiiit tom let malhenrf àt Tlij«il0.
«( De tous les fléaux de la vie , s'ëcria lady Saint - Florence en me voyant entrer dans son boudoir ,^ il n'en est pas de plus grand qu'un domestique maladroit. — Qu'y a-t-il donc , lui dis-je? — Ce qu'il y a , me répondit-elle d'une voix entrecoupée par la colèVe ? il y a de quoi faire perdre l'esprit. Un misérable d'une gaucherie san^ exemple , une véritable brute ; mais je l'ai cbassé. — Vous devriez plutôt chasser la colère qui vous agite ; elle sied' mal à un front si charmant. »
Elle voulut sourire , mais son emportement
arait fait fuir les grâces; ses sourcils étaient froncés, ses yeux noirs lançaient des éclairs^ les lis de son teint avaient fait place à un pourpre foncé , son sein palpitait avec violence ; en un mot tous ses attraits avaient disparu, et Ton ne voyait plus en elle qu^uipie expression de fureur qui m'effrayait .
« Qu'a donc fait le pauvre John, lui deraandairje ?-^ Le pauvre John î Sa stupidité augmente tous les jours , il ne fait que des sottises , et il faudrait le nourrir de foin comme un cheval de fiacre. — Allons, allons, ma belle dame, un peu de calme. Pardonnez ma franchise, mais une telle colère vous fait perdre tous vos charmes : elle ne convient ni à votre sexe , ni au rang que T0u$ tenez 4ans le monde. — Sottise , répliquat-elle. » Et prenant un éventail , elle Tagita si violemment qu'elle en brisa les bâtons.. Son petit chieii s'approcha d'elle , ellie le chassa d'un grand coup de pied. <c Insupportable animal , s'écria-t-elle , c'e^t encore un autre de mes tourmens. » Ses bras>. son: sein, 5on cou , son visage , tout était devenu écarlate. C'était une métamorphose ccHÉplète.
En ce moment, le m^alheureux délinquant paptf à la porte qu'il entr' ouvrit. « Mylady.... ,
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dit- il d'un ton humble et suppliant. ^-^Relirez-YOtts, monstre, s'écria sa maîtresse dont le teint se couvrit d'un pourpre encore plus foncé. » II obéit. Elle reprit son étentail brisé qui lui avait coûté cinq gmnées y le jeta loin d'elle avec impatience, et semblait pouvoir â peine respirer.
tr Ma chère ladj Saint-FIcvence , lui dis-je, tâchez donc de vous calmer. J'ai le droit de vous donner quelques avis, car je suis assez vieux pour être votre père : j'aimab votre mère comme si elle eût été n» soeur ; et vous ne pouvez avoir odilié combien de fois je vous ai fait danser sur mes genoux quand vous étiez encore enfont. — Je sais tont cela , dit--elle d'un ton un peu moins af^té. -^ Je suis fâdEé au fond du cceur , continuai-j« , de vous voir ainsi renoncer 1 à votre r»soli, oublier ce que vaa% voos devez à vous-m£me, et vous abandbnoer i la passion qui vous domine. Voyez , ajoulai-je, en la pre- K«it doucement par la main et en la conduisant devant une glace, voyez si ce visage re^ ' semble à celui de lady Saint-Florence ? Y ttouvez-vous la petite Sophie, ta plus jolie enfant que j'aie jamais vue P »
Elle essaya de sourire , mais cet effort lui fut i
XA FEMME COLinï. ^^
impossible: Je là conduisis à un soplia. Elle fondit en larmes , et ce nouveau paroxisme lui fut plus favorable que le premier. Ses yeux repris rent leur lustre ordinaire et brillèrent comme le soleil d'avril à travers les gouttes de pluie ; la rose et le lis reparurent à leurs places accoutumées ; le sourire se montra sur ses lèvres , et les palpitations de son sein devinrent moins violentes^ de même qu'on voit les vagues de la mer, après avoir été agitée par un ouragan furieux, se calmer peu-à-peu, etaie plus montrer que cette sorte d'effervescence qui subsiste encore quelque tems après que l'orage a cessé.'
« A la boiine heure, lui dîs-je, maintenant Je vous reconnais. » Car le nioment d'aupararavant le vif carmin de ses joues avait fait place à une pâleur mortelle , et l'on aurait cru voir en elle une furie épuisée par la rage.
« Je sais que je m'emporte trop aisément , dit - elle d'un ton de regret dans lequel on remarquait encore un reste de vivacité; mais tel a toujours été mon caractère, vous ne l'ignorez pas. — Cela est vrai , lui dis-je , mais le tems et l'empire que vous devez prendre sur vous-même doivent corriger ce défaut. —Je l'espère, ré-