‹ L'Hermite de Londres: ou, Observations sur les mœurs et usages des Anglais au commencement du (volume 2)Chapitre 18 sur 50 · II · texte numérisé non relu

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t46 LE PEÎHTRB DE POKTRAITS.

satisfaits ; et qu'il consentait à les donner pour rien , si des juges impartiaux , au choix de M. Lovegain, n'en portaient pas le même jugement.

On en fit Tëpreuve ; et tout le monde donna gain de cause au peintre , excepté mistress Lovegain et sa fille. La première lui demanda s'il troyait qu'elle aurait jamais épousé un monstre aussi hideux que ce portrait; la seconde s'é* cria que c'était une impertinence sans exemple, et qu'elle serait honteuse de papa , s'il avait une figure ^k basse et si ignoble.

Poussé au désespoir , l'artiste imagina un ex-* pédiént : il dit aux dames irritées qu'il ferait un troisième portrait , et qu'il ne demandait aucun salaire si elles n'en étaient pas satisfaites. L'aiderman était à peu près convaincu, par le témoignage unanime de tous ceux qu'il avait consultés, que le portrait était ce qu'il devait être ; il était fatigué des nombreuses séances qu'il avait déjà données , et ne se souciait pas d'avoir à recommencer une troisième fois à «^ denaer : il se prêta donc volontiers au stiatsigème inventé par l'artiste, d'autant phis q«e le résultat devait prouver, d'une manière évidente, si la critique

de. j$a 'femme et. de sa fille n^ avait d'autre base qu'une laveugle prévention.

Au bout de quelques jours il leur dit qu'il allait donner i)a dernière, séance , et les invita à !renir.uae{]|eilre après chez le peintre pour juger du troisième portrait. Il se rendit d'avance c}ie£ M. Vernis , qui , ayant coupé la tête du premier, ajusta celle de Talderman dans l'espace vide, et le plaça de manière que le portrait se réflé* clûs9aitdan$ ua grand miroir placé sur un chevalet eii face, de U porte : ce f^t le premier objet que les ^eux danses aperçurent en entrant.

« De pis en pis ! s'écria mistress Lovegain en fureur ; cela est épouvantable ! »> Et saisissant une palette qui se trouva sous sa main, elle la lança avec force contre la glace qui se brisa en mille morceaux. On juge qpelle (ut sa confusion. L'alderman paya le portrait et la glace, et l'artiste se trouva vengé. ■

L'année suivante cette famille, étant à Tun* bridge-Wells , y trouva un artiste ambulant qui . y avait obtenu ipelques succès. Mistress Lovegain voulut toGiHre'fûre peindre son mari ; et pour cette, foi» eHé eut lieu d'être satisfaite du peintre qui fit un portrait tellement flatté qu'il ne s'y trouvait pas un seul trait de l'original. Tout

)48 £K PElNTRt; DE PORTHAtTS; le monde fit l'éloge des acoessoiifes ; oo s'exiasiâ sur im chien qui était sor le second plan , mai^ personne ne reconnut l'alderman, eicept^ sa femme et sa fille. N'importe, on lui fit faire ttn cadre magnifique, au bas dnqnel «a tisaitcn lettres d'or : •■ ■" *' ' ■■ ■■ ■■■■)■'.* «it

JÉBÉpiE LovECAin,

iCCIIK DEHlDULIDITCB-aOnll. AJ.S£l»(jtH, STf-, TIC.

On le suspendit dans' lé salon oA'j'éusiltoflneur de le voir une fois . et où un ami ote ioknk les détails qtie je viens de ra^oHér.

LE CABINET DE Ii£CTURE« l49 — N° XLI. —

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