LE PROVINCIAL A LONDRES
et je prie un homme très-bien mis, qui s'était arrêté près de moi , de vouloir bien me le garder. Alors prenant une attitude savante, je me tiens sur la défensive , et je commence à lui faite voir que je ne suis pas un novice*
<c II est trop au dessous de vous pour que vous vous mesuriez avec lui , me dit alors un homme d'un certain âge , vêtu d'un bel habit noir , ayant les cheveux bien poudrés , et portant des besicles montées en or ; ne vous dégrades pas à ce point, il ne mérite pas tant d'honneur; Et vous , faquin , si vous ne demandez pardon à Monsieur. à l'instant, je prends le numéro de votre charrette, et je vous fais mettre à l'amende.' J'ai vu votre manœuvre , c'est par pure malice que vous avez éclaboussé Monsieur. — Je vous demande bien pardon, me dit le charretier. — Fort bien, lui dis -je, tout est oublié. » Je me retournai pour reprendre mon habit, mais Thomme oiBcieux à qui je l'avais confié avait disparu. « Au voleur ! au voleur ! cria le charretier. Le voilà là-bas qui s'enfuit, mais je le rattraperai bien. Où vous rapporterai- je votre habit , votre honneur t — Là , lui répondis-j#
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ea lui montraAt rëcurie' où étaient mes chevaux* — Je TOUS 2u:couipagnerai ^ me dit Thomme en habit noir. — Bien di69 remeffcimens, lai cépondis-je : quand j^aucai mon habit, j'espère que vous ne refuserez. pa$ d'entrés ayec moi ddn3 UA café pour y, prendi!e \tne. mndmch * et un yerre de vin* de Ma4j^ire. ^ Il resta aire« i|ioi.aavironttn.(yi|StFt-dheure ; mais yoyantque Ifi chariîetier n^ reyenait points iL' m^ pn^ d'agréer ses excuses., me dit qu une affaire rpbligieaU à me: qpttei? ,. eè me témoigna le désir d^ (aire ayeq moi;ph]^ ample connaissance ; nous nous remimes- mutu^Uysment chacun notre cairte^ et je lus sur la sienne ,. sir Joha. Jones ; iéMl Adclphi^ Strand. » Vous me faites hon^ nf^ui;, sic John^ lui dis-je ea lui senrant la main. » Et nou3 pous^sépanâtoe».
» Le charretier s^iÈTa.q^élque&instanfi après , tout eu sueur. « Qienfàiché,5P votre honneur ,
^ Ce sont deux tranches de pain beurrées, auxquelles oi) ajoute quelquefois de la moutarde ou des fioas herbe«| et entre lesquelles on met une tranche de jambon ou de quelque autre yîande froide. Ce mets a éié inventé» 4it-<m I par un lord Sand^rtcb dont il porte U nom.
me dit-il^ Biais le coquiio a ie meilleures jaimbes <{ae les mieuies ; jie Biài pn Fatteindre. » Je mi» Ift maift dans mmi gousset pour lui donner une 4enû-cour€aane. Nouyeau mdOieur \ je n^j treteh* vav j^s vuk bourae qoi conlenait quatorze gaimëe» et quielques pièces, d'argent. Ma montre ayait disparu, et même une bagne (jue j>vaia au daigt^ et qui ^tait un présent de m» Bkère. « B faut que le ébUe soit dans Londres, m'ëcriai'j.e. QueHe honte pour cette capitale ! Tous les bandits de Botaay-Bay * soiil^îk done déchaînés dans ce quartier? » Eh bien, le croinear-votts ? un las de jockejs et dé fÎMiiéaRS qui étjûent radsembUs^ près des écuries: se- miresit k me rive ,ait ne». 11 ei^t &it ! dkait Pun : c'est ^B blan€-bee ! eriait l'autre ; il est bien de son pays ! ajiouAa«t un troisième. Enln je ne sais ce qui'iif ne dirent poinè. Je tombai sus eux St cenps de houssine, mais ils détalèrent en criant encore ^s. haut.
»■ J^enyoyai mon domestique chercher ma redingote ¥erl-bouteilIe ; et prenant mon superbe cheval rouan qm me coûte 200 guinées, j'allai
^ Colonie anglaise où Ton enroie les gens condamnes è la déportation.
i 76 LE PROTIVCIÀL A LONDRES.
iaire un tour dans le parc , suivi de mon domestique monté sur un beau cheval bai. J'y étais à peine que deux espèces de singes , de ceux que vous nommez, je crois, des dandys, vinrent me regarder sous le nez en ricanant, braquant sur moi leurs lorçnettes et me toisant de la tête aux pieds. « Le bel oiseau ! dit Tun, Quelque nouveau débarqué, ajouta Tautre. Cette redingote est sûrement à la mode dans le comté de Lincoln, reprit le premier. Ainsi que ces bottes à revers d'acajou, riposta le second. »
» Je méprisai leurs propos , et tournai brusquement d'un autre côté pour m' éloigner d'eux. Mais en faisant ce mouvement ma houssine frappa le bras d'une jolie fbmme montée sur un très-joli cheval, et suivie d'un domestique en livrée écarlate galonnée en or. « Mille pardons, Madame, lui dis-je en la saluant respectueusement ; j'espère que je ne vous ai pas blessée? — ' Pas le moins dii monde , répondit-elle en souriant d'un air agréable. » Je lui renouvelai mes excuses , et nous fîmes deux fois ensemble le tour du parc. Pendant notre promeni^de, }' aperçus lady Marie dans son équipage , et je