USAGES RELIGIEUX A LONDRES
Bfista senum ac fueeaum densantur funera. NuUum Sapa caput Prose rpina fugit.
HOBACI.
Im î«IUMi «t 1m vicsK, «a fonj du monument, »U"iBête «itBMéi , toariMiit canfascment :
ir»i «M cn«l 9kM«i M Jtfffobe ta tèie.
Ttêd. de Daao.
L'usage ob&erfë pir les RjMiaias de fermer les yeux aux morls est fB€on religieusement suivi en Anf^^ve. On iaur donne aussi des soins particuliers : quand ijuelqu'un est mort, on lave le corps et on le pare pour la dernière fois. Le visage reste découvert jusqu'au moment où le cercueil doit le recevoir. Pendant cet intervalle, on appelle les visiteuses (searchers) : ce sont des femmes particulièrement chargées de constater que le défunt n'est sorti de la vie qu'en subissant la loi de la nature. Cette formalité remplie , on place le corps sur
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ua lit de parade. Alors les-parens et I«s amis viennent le contempler pour la den^ère fois , avant qn^it soit ravi pour jamais à leurs regards.
Le linceul n'est point , comme en France , de 4oile.de lin, mais d'une étoffe -de laine, et ce conformément à un bill du parlement rendu eu
Le soin de déposer le corps dans la bière est confié à Vaudertahier t c'est le nom commun de tous ceux qui se chargent de toutes les dispositions relatives aux funérailles. Si le défunt doit être inhumé dans un des caveaux de Téglise , le cercueil est de plomb ; s'il doit, au contraire , être enterré dans le cimetière , le cercueil est de bois.
U est chez les Anglais un asage dont le pau-^ vre même ne pourrait s'affranchir sans s'exposer à la sévère censure de s^s concitoyens ; c'est de garder chez eux pendant huit jours entiers toute dépouille mortelle après qu'elle a été renfermée dans le cercueil. Rien de plus conforme sans doute à la piété filiale , à la tendresse paternelle et conjugale que d'éloigner autant qu'il est possible l'instant d'une douloureuse et éternelle séparation. Cependant iâ raison et la po-^
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lîce condamnent ëgalenient nne semblable cour^ tume. Combien de malheureux dans là classe du peuple B^ont qu'une seuiie chambre pour une iai> mille entière , et sont réduits à la dure nécessité de préparer leurs alimens., de prendre leurs re-r pas, et de coucher dans le même :lieu. où. repose un cadavre ? Cet usage devrait donc être, laissé aux seuls riches *•
* Voici , pour les lecteurs curieux d'appr.e'cier le fasie de la grandeur qui s^elTorce encore de paraître après qu'elle n'est plus, le détail des funérailles du duc de Nortbumberland ^.
«c Le cortège partit vers une heure après n»idi de TbôtfJ de Northumberland ; les cloches de Tabbaye de West*minster et celles de Saint-Martin annoncèrent son départ. Six bedeaux ouvraient la marche ; au milieu d'eux était le! chef des constables de Westminster; venaient ensuite quatre homme& à cheval revêtus d'une riche livrée ; trente,-six pleureurs , également à cheval , les suivaient sur quatre de front. Chaque troupe , ainsi divisée ; s'avançait précédée d'une bannière. Cottes d'armes, banderoles, casques, boucliers, tout retraçait les tems de la chevalerie. Le plus remarquable des cavaliers était celui qui portait la couronne ducale ; spn cheval , magnifiquement caparaçonne , était couvert d'écus»
* Ce seigneur, depuU I« mort du duc de Norfolck, ^uit le pln^ riche yropriëleire qo*il j eût en en ^Angleterre. St» revenus s'élevaiiBAt il
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" " Pendant les trois premiers siècles du chrisfianisme on n'enterrait point les morts autour des temples : les chrétiens suivaient à cet égard Tusage des Juifs , des Grecs et des Romains *.
sons. Le corbîllatd était surmonté de douze superbes panaches noirs , et tiré par six chevaux décorés de la même manière. De chaque c6lé marchaient quatre cavaliers avec des attributs analogues. Le cortège était fermé par huit voitures de deuil vides , attelées chacune de •ix chevaux et chargées d*armoines et d'écussons. Vivant , rhomnte le pluspuissant ji*en peui occuper qu'une; mort y elles paraissent à sa suite. Quel faste ridicule !
Arrivée à ^'Vestminster , la dépouille du duc fut reçue par le doyen du chapitre. En ce moment disparurent tous les écussons qu'on avait si pompeusement étalés pendant la marche. Le cercueil ainsi dépouillé fut introduit dans le chœur ; et lorsque les cérémonies du culte furent achevées, il fut définitivement renfermé dans une chapelle. » \ - '
Quoi qu'on fasse , la mémoire de ces hauts et piyssanf seigneurs s'ensevelit pour toujours avec leurs ci^ndres celle des grands hommes échappe à l'oubli. Vous , sur-* tout , qui êtes animés du souille du génie , ne redoutez point le néant de la tombe ; l'immortalité vous y attend une couronne h la main.
* Chez les Romains on inhumait quelquefois dans l'intérieur des villes les citoyens qui avaient rendu des services signalés à la patrie. De ce nombre furent ValériusPublkolai Fabridus et Gicéroii| dont les restes Isreat déposés dans le Afnnb.
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La coutume d'mliumer dtms les églises ne date que du huitième siècle. On commença d'abord par accorder rhonneur de la sépulture sots le portique des temples ; plus tard , des rois et des empereurs furent , comme les évêques , enterrés dans Tintérieur même des églises. Par la suite ^ et dans le dessein d'exciter plus puissamment la libéralité des fidèles , on décerna également cet honneur à ceux ^ui avaient fait construire des édifices consacrés au culte ou doté des églises^ Enfin an moyen âge , Tusage prévalut d'enterrer les morts autour ies églises. Londres Ta conservé , et les cimetières se trouvent dans le sein de la ville.
La population s' étant successivefhent augmen* tée , leur étendue ne s'est plus trouvée en rapport avec; son accroissement progressif. Dès lors il a fyUu 9 pour ne pas infecter les vivans en ouyrantttop tôt la demeure des morts, acbetef de itouveaux terrains où l'on pût déposer les restes des victimes que la mort frappe tous les jours. Voici la description d'un des cimetières de Londres , celui de CMsta*.
* Chtlsea itA un vilby t aitué à environ deux milles die. Londres. Dans un certaiii noiiArt^ d^amiées il se tron*
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C'est un carré long de cent cinquante pas de longueur sur cent de largeur. Il est entcHiré d'une muraille au pied de laquelle règne une allée sablée. On a^acé sur ce mur une série de numéros depuis i jusqu'à 80 , placés entre deut raies blanches qui laissent entre elles une largeur proportionnée à T espace de terrain néces* saire pour creuser une fosse. Ces numéros servent à indiquer à chaque famille la ligne sur laquelle sont inhumés les êtres qui lui ont été (avis. Quant à la place ou ils reposent , elle est facile à reconnaître par Tusage où Ton est de placer verticalement une pierre en tête de la tombe. Cette tablette sépulcrale rappelle le nom et la date de. la mort de celui qui y est inscrit.
En Angleterre on a coutume de donner une grande profondeur aux tombes; cette. mesura devient indispensable puisque la même fosse doit recueillir la même famille. Dès qu'un de ses membres a cessé d'exister, son nom est placé 3ur la pierre fatale à la suite des antres.
On a élevé dans le cimetière de Chébea une petite chapelle an dessus de laquelle est la clouera joint tout-à-faîl à la capitale , comme il Te^t dcj^ f ur un autre point » ilûûaê^trtft.
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€he funèbre. Elle sonne depuis Tinstant où le obar va prendre le défunt jusqu'à celui où il est descendu dans son dernier asile. Lorsque le cercueil est arrivé à la porte du cimetière , ceux qui se vouent à ce triste nrinistère le sortent du corbillard, et vont le déposer dans la chapelle. .Un ministre en surplis fait les prières accoutumées. Quand elles sont achevées , quatre employés aux pompes funèbres chargent le corps sur leurs épaules. Le voile mortuaire dont il est recouvert retombe de tous côtés et enveloppe presquWtièrement les porteurs , qui ne le relè- ^ vent qu'autant qu'il est nécessaire pour assu- " rerieur marche. En cet état ils s'avancent lentément, suivis du prêtre et des parens et amis du mort. Arrivés au lieu de l'éternel repos,- les porteurs déposent la bière sur le bord delà tombe i pendant que le ministre , placé vis-à-vis dans une petite guérite portative , récite debout les 'dernières prières. Lorsqu'il a cessé, on descend doucement le cercueil dans l'humide demeure.
Aussitôt deux ou trois pelletées de terre occasionent un bruit sourd et lugubre en tombant sur la bière. Ce moment est pénible ; c'est celui où les parens et les amis s'approchent , s' in-
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clinent , et plongent la vue dans la sombre profondeur de la fosse, pour jeter un dernier regard sur r objet dont ils vont se séparer pour jamais.
II ne faut pas toujours ajouter une foi aveugle au contenu des ëpitaphes , autrement on cour-^ rait le risque de se tromper étrangement sur le compte de ceux dont elles font T éloge. Tel qui ne£t pas unAonne action pendant sa vie , qu'au-» cune vertu , aucune qualité ne fit remarquer, est souvent représenté comme un modèle de bienfaisance, de philantropie. Mais il est de ces épitaphes dont le style est si simple , l'expression si naïve , qui respirent une sensibilité sî touchante, qu'on a de la peine à croire qu'elles ne rendent point la vérité.
Une de celles qui honorent le plus la mémoire d^une femme est celle que j'ai remarquée dans le cimetière de Sottenham :
Fraises on iombs are irifles painfy speni This »oman*s goodname is her monumemL
« Graver des éloges sur sa tombe serait chose tuiicr* Hue ; nommer une telle femme , voilà son plus d^giM
éloge. »