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Qae TOQS joiiei an monde un petit persoimagr Ile TOUS claqneinvrer. aas cboM« du mén»^ !
A d« pliu hautt olfjctf iUrém roê désirs.
Songes à prendre un noût des p1u« nobles plaisirs ^ Et , traitant de me'pris les sens et la matière ^ A l'esprit comme nous donnetTom tout entière.
KouànB.
Lady Blandfield est ;ffle. unique d'un ministre fort instruit qui se donna des peines, extraordinaires pour son ëducatûm , et qui, n'ayant que cet objet en vue , réussit k en faire une femme savante. Gpmme'il ne possédait d^autre revenu que celui quMl tirait de sa cure , et qui devait s'éteindre avec lui, il saisit avec empressement Foccasion qui se présenta de lui faire faire un mariage d'intérêt ^ et il lui donna pour époux
LA FEMME SÀVàKT*E'. nèi
sir James Blandfield , riche baronnet âge de soixante-dix ans, dans la société conjugale dMquel elle n'eut à passer que trois ans.
La froideur réciproque des deux époux ne troubla pas leur bonne intelligence. Lady Blandfield ne (ut pas dans le cas de négliger ses occu^ pations scientifiques pour se livrer aux soins de la maternité ; elle ne fut épouse que pour la forme et pour présider à la maison de son mari. Délivrée des liens du mariage qui avaient ton- )onrs révolté son ame fière et indépendante , elle résolut de ne plus se courber sous ce joug.
Elle refusa depuis ce tems deux eu trois offres intéressées qui lui furent faites ; et son air grave^ son austérité rigide , firent enfin qu'elle ne se trouva plus exposée à de semblables importunités. Jouissant d'une belle fortune qu'elle doit à la libéralité de son mari , elle consacre le reste de ses jours à la littérature ; son ambition est de passer pour un esprit fort, et son orgueil d'être regardée comme un des 6as bleus les plus marquans.
Son extérieur est assez agréable, mais son air glacial et son front imposant mettraient ea déroute eaun instant tous les Amours et toutes
intellectuelles. Quant à la musique , elle la con-^ damne comme n'étant propre qu'à exciter les passions , comme tout ce qu'on peut imagines de plus dangereux et de plus déraisonnable.
Pour donner une idée de la manière dont elle passe sa yie, je n'ai que quelques lignes à ajouter, et je la laisserai alors se livrer tranquillement i l'étude dans son cabinet, invulnérable pour notn sexe , et aussi terrible que sévère à l'égard dt sien. Un matin qu'elle m'bonora d'une visite , elle s'était levée à six heures , avait pris un baii froid , et déjeûné à huit heures avec du lait e des fruits. Après avoir lu quatre heures dans s; bibliothèque , elle avait donné audience à ui architecte pour lui remettre un plan dessiné pa elle-même pour se faire construire une maiso: de campagne. Elle reçut ensuite la visite d'u auteur .qui venait lui demander la permissio de lui dédier un ouvrage. Enfin, elle régla le comptes de son intendant, qu'elle examine tou jours scrupuleusement, et elle le chargea i donner cong^ à deux de ses fermiers en retai de paiement ; car elle est rigide pour les autri comme pour elle-même , et elle ne veut ni d< ^r ni iaire crédit. Elle YÎnt alors me prend]
pour aller au Musée Britannique admirer les chefsHl'oeuyre de Tantiquité, ces monumens res*pectabies des arts j après quoi* elle retourna chez elle , se fit ser^r son dîner qui n'est jamais composé que d'un seul plat de viande avec des légumes et des fruits , ne but que de F eau pure y fit sa toilette à la hâte ^ et termina la journée dans une coterie littéraire où elle pérora pendant deux heures, debout et avec la véhémence d'un orateur de profession.
Lady Blandfield ne. peut souffrir mon étourdi de cousin l'officier aux gardes , et celui - ci de son côté lui rend le même sentiment avec usure. Il m'a juré mainte et mainte fois qu'il aimerait mieux vivre avec une Meg-Merrilies * qu'avec elle. U traite de grimoire ses connaissances en grec , en latin' et en nu^thématiques, et dit, en imitant son ton pédantesque et affecté , qu'une fenune qui porte des lunettes et qui parle latin est l'antidote le plus efficace qu'on puisse trouver contre Tamour.
Le lendemain du jour où j'avais reçu la visite
* Personn^e ^le G»/ Mmmmerini^ roman de Watter Scott.