‹ L'Hermite de Londres: ou, Observations sur les mœurs et usages des Anglais au commencement du (volume 2)Chapitre 7 sur 50 · POURQUOI SE FAIRE ATTENDRE · texte numérisé non relu

POURQUOI SE FAIRE ATTENDRE

• Parthis mendaeier.

HOEACB.

Il meot plus impademinent qu*an Parihe

Sed non ego eredulus iilù,

VlHGILB.

Maïs je n*al aucune confiance en eux.

Se faire attendre est pour les uns T effet du hasard, la suite d'un accident; pour les autres, c'est une affaire de calcul , un trait d'affectation. Mais quelle qu'en puisse être la cause , c'est un usage devenu à la mode parmi le beau monde , quoiqu'il soit évidemment contraire aux règles du véritable savoir-vivre.

Le jeune Woodville, merveilleu^ de la première classe , vivant magnifiquement , ayant un superbe équipage , une maison bien montée , possède ce défaut au plus haut degré. Ses.cUe-r

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Taux gris-pommelës arrivent ventre à terre ; il descend de son dlégant phaétont Le marteau de la porte annonce son arrivée par un bruit semblable à celui du tonnerre. Il entre dans la salle à manger, et paraît surpris et confus de voir qu'on est déjà à table , souvent même que le premier service a fait place au second.

Sa manière de se présenter dans ces occasions est en général de faire un pas en arrière , de joindre les mains , de lever les épaules , de courber le corps en faisant une légère inclination de tête, comme pour dire : « Cela est bien mal en vérité ! Ne suîs-je pas incorrigible? Je suis détestable pour arriver tard! Mais j'ai tant d'engagemens , je suis tellement poursuivi de plaisirs , que jenepuis être à tems nulle part. Que voulez-vous? c'est la mode , les dames me pardonnent , je suis le bienvenu partout. » Cette pantomime est suivît d^un sourire qui n'a d'autre but que de montrer des dents bien blanches. Alors prensmt la main d'un ami qu'il reconnaît, ou lui frappant 5ur l'épaule s'il est sur le pied de l'intimité avec lui, jetant un coup d'œil sur les convives, saluant les jolies femmes et les hommes à la mode , il s'aYance d'un air de confiance vers la place

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^i lui a été rëserv'^ée , causant, chemm faisant, autant de dérangement qu'il lui est possible , mais n'épargnant pas les excuses pour Tembarras ({u'il occasionne.

« Sur mon honneur, dit -il à la maîtresse de la maison quand il est assis, je suis indigne de pardon , mais je compte sur votre indulgence. Jamais je r ai commis une telle erreur. J'étais encore à six keures chez Fattersall , à examiner un cheval avec le duc de ***. Dès que je me suis aperçu qu'il était si tard, j'ai couru chez moi à toute bride , au risque d'écraser cent canailles ; ye n'ai mis que vingt minutes à ma toilette , et me voiei. >* Une autre fois , il dira : « Sur mon ame, je vous demande pardon. Je suis coupable, je le sens , et je ne sais comment n'excuser de celte apparence d'impolitesse ; mais j«ne sais rentré du bal qu'à sept heures du matin, j'ai été deux faeares sans fermer l'oeil ; j'avais oublié de remonter ma montre , et toute la journée s? en est ressentie : d'honneur, yt ne me doutais pas ifu'ià fût si tard . Mais je connais votre bonté , TOUS m'excuserez : vous savez ce <{ue je suis , fa^ plus mauvaise tête du loionde, n'ayant jamaii SI caki^er le tems, toujours en retard da deux

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heures , malgré moi. » Ou bien : « Mille pardons! ce n'est véritablement pas ma faute. Je voudrais que la chambre des communes fût anéantie. J'y ai été aujourd'hui avec mon frère , et je n'ai pu m'en échapper que depuis une demi-heure. Je dois être dans un désordre ! Je me suis habillé au hasard ; j 'ai fait la moitié de ma toilette en voiture. Jamais je n'ai été si contrarié de ma vie. » Et un sourire insipide termine ce tissu de mensonges. ^

Maintenant toutes ces excuses sont usées; presque aussi vieilles que lui , connues de toutes les personnes qu'il voit, elles ne trompent plus personne, et ennuient tous ceux qui les entendent. Cependant il n'en suit pas moins son système , auquel il croit devoir une sorte d'importance. U ne veut ni passer poumn homme qui a de l'ordre et de l'exactitude , ni s'exposer au risque d'arriver dans un salon qui n'est encore qu'à demi rempli. Plus d'une femme de sa Mk connaiiisance qui ne s'est pas laissée éblouir par son élégance, et son affectation, plus d'un épicurien qui ne veut pas qu'un dîner se refroidisse en l'attendant, ont cessé de l'inviter pour cette raison,' mais ce n'en est pas liae pour lui

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