POURQUOI SE FAIRE ATTENDRE
d'arriver assez tôt pour avoir à passer dans un salon les cinq minutes ennuyeuses qui précèdent 1(^ diner. Les idées qu'il s'est £siites du bon ton exigent qu'il arrive toujours à la hâte, comme s'il avait eu les affaires les plus importantes. Cette conduite lui a valu le sobriquet de tardif, mais il n'en est ni honteux , ni mécontent ; et , bien loin de se corriger, il semble aspirer à un degré d'honneur encore plus élevé , et vouloir se faire sumommev le tardif des tardifs , comme certain général français avait été appelé le brave des braçes.
Comment ne serait-il pas incorrigible , quand une maîtresse de maison , lui tendant la main à son arrivée, le fait placer près d'elle , et lui dit en riant : « Asseyez -vous , écervelé , je croyais que vous ne viendriez qu'au dessert ; » quand une autre s'écrie : « Ah ! déjà Woodville ! je ne vous attendais pas sitôt ! » ou bien qu'une troisième , l'interrompant au milieu de ses excuses banales et rebattues, lui dit : « Asseyez -voi^s , et ne cherchez pas à vous excuser. Nous vous connaissons tous. Nous savons que vous êtes un homme privilégié, que jamais vous ne pouvez
arriver que le dernier. »