‹ L'Hermite de Londres: ou, Observations sur les mœurs et usages des Anglais au commencement duChapitre 19 sur 43 · LE ROMAN · texte numérisé non relu

LE ROMAN

profonde ; je lus quelques journaux que j'avais apportes , et après avoir passé deux heures de cettç manière, m'apercevant qu'il était plus tard que je ne pensais , je traversai le bois pour, arriver plus vite à Tune des portes du jardin.

Je ne pensais plus aux denx sœurs , quand je. les aperçus au plus fourré du bois , seules , as* sises sur le ^azon , et versant des larmes en abondance. Quelle pouvait être la cause de leur chagrin ? Mille idées différentes se présentèrent successivement à mon esprit ; je résolus de les aborder, de leur demander le sujet de leur affliction, et de leur offrir tous les secours qui pouvaient dépendre de moi. Il me semblait que mon âge m'autorisait à une démarche qui , dans lin jeune homme , aurait pu paraître indiscrète* Elles étaient si absorbées dans leur douleur , qu'elles ne m'aperçurent que lorsque je n'étais plus qu'à quelques pas. L'une d'elles poussa à ma vue un cri si perçant , qu'effrayé à mon tour je restai un instant immobile; toutes deux se levèrent précipitamment, prirent la fuite comme de jeunes faons poursuivis par des chasseurs , laissant à la place qu'elles avaient occupée un Hyre entr 'ouvert et un mouchoir blanc.

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