I08 LE ROMAN
, Daphné 9 poursuivie par Apollon; ne fuyait pas avec plus de vitesse ; mais je n'étais ni Phëbus , ni Zéphire , ni TÂmour ; je n'étais ni un fou, ni un chevalier erranfc, et je n'avais ni le désir , ni la possibilité d'atteindre à la course les deux beautés qui m'échappaient. Je regrettai de les avoir troublées dans leur solitude mélancolique , et je ramassai les trophées qui étaient restés en mon pouvoir. Je les appelai pour les leur rendre ; je leur fis signe de m'attendre , j'agitai en l'air le mouchoir blanc en signe de drapeau de paix; mais elles ne virent pas mes signaux; elles continuèrent à fuir avec la même rapidité ; enfin , au bout de quelques secondes, je reconnus l'impossibilité de les arrêter ou de les rejoindre.
, C'était une leçon utile, parce qu'elle était jpratique. Elle me fit sentir , mieux que jamais ^ quelle folie commet un vieillard quand il veut poursuivre la jeunesse et la beauté. Il ne le fait jamais qu'en boitant , et presque toujours sans honneur ni profit.
, Je retrouvai donc l'usage de ma raison; je me dis que j'étais, un vieux fou d'avoir ainsi troublé et efiîpayé deux jeunes personnes qui re-.