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UN TOUR DE PALAIS-ROYAL
SVITS.
J'aime les voyageurs qui font le tour du globe sans sortir de leurs chambres k coucher ; je lis volontiers les relations quUls écrivent au coin dv feu. Elles na manquent point d%térét ; mais peut-être seraient-elles un peu plus fidèles si leurs auteurs s'étaient promenés au Palais-Royal. C'est l'abrégé des quatre ou cinq parties du monde ; c'est l'univers en miniature.
Voulez- vous visiter la Suisse et ses sites pittoresques? Voulez -vous, nouveau Saussure, gravir au haut des Alpes, donnez-vous la peine de monter au premier étage. La cime complaisante des Alpes vient de s'y abaisser pour vous épargner les fatigues d'une course toujours pé-
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Bible et qadqaefois dangereuse. De là vos regards se portent sur le Simplon et le mont Saint-Bernard. Les mieiis cherchent le village de Femey et le château de son seigneur. Que n^ai-je pu voir le seigneur lui-même dans le derniei* ^oya^ quIV fit'à Pànris lye dirais aii moins : Virgilium vidi tantùm; mais je Tai manqué de vingt-quatre heures. Lorsque je me présentai chez le marquis de Yillette^, son portier me dit, U larme à Tœil , qu^il ne croyait pas que je pusse voir M. de Voltaire , parce qu'il était mort la veille. Ce fâcheux contre-tems m^a fait grand tort': ma vi^e n'était' pas tout-à^fait désintéressée. Je savais que Voltaire venait de donner sa c;anne à M. Clos, son écritoire à im autre, et sa: dernière plume à Villette , qui , par-parenthèse f ne s'en est jamais servi. Je comptais , moi', prier ce beau génie de me laisser emporter une de ses pantoufles. Quand on sait à quel prix la caitue a été vendue, il y a quelque tems, on peut dévider tout te parti que j'aurais tiré de la ][>antoil(le; car irèst bien reconnu que la canne d*un gtand homme est moins sentimentale , et parle moins au cœur et à Timagination que sa . pantoufle; Mais il n'en faut plus parler, puisque
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j' j^i Baaiiqué de vmg(Hiiiati^€| h«Qr^ 1^. grind homme et la pan^uflcu.
'Desç#|idei^&; d^autres pi»4ig^(i|p«fs â^ppe}léiit. N'étesrV<ou5,fa3jéb)iipi coo^mf^rSia^.du viCé^lat que îettent'Cea boutique reç^Ieiidî«3at4e$. de lumière , tt<m le .diamant et lerobis «UincéUent ? Cartes ,f si tout ce» qui briUe^sfc ot^ e^4att Palais^ R^yal il a'est pas peinoais d'eu idairt^r^ fosce est dei croira qw (Kolcoudfi jdépose ici les {A«f ric.hes produits de «63 ow^ J^Aifm^^fiWptfiiée^Ya^roii me dire y vaut mieux que ceinture dorée» Je sonnai», ce vieui:/ prov^be ; il «sltbiw henfeiix d-avoir été S^it; €at, &'il ét^it -ii .faire^ U w passerait: pa$:à la pluxitUté des voix. Je dirai» bieq qui voudrait^u'oiiile relwuiiâitxqiid leiPa)ai$--&eyal ne. soit donC; pas asses; soi yoqr s^èn,! inquiéter ; qa'il aoiJ; tonjouics fier des trésors iie€iun«lé$\daas $09 enocinte , et qu^ii ^ippose^ avec orgueil*, ses bijoutiers aux jKipraliates. 3(m«as estpriéiciséiiient celui detbeaucoup d'honnêtes gens de^noti^e con*najssaftçejy à qniiofram^itbienquelque petit reproche à faire s'ils avaient eu la maladresse de manquer leur< eoup^ mais il$ ont réussie Qu^avezvous k leur'4ire?.Leur swtpits si, couvert le^r^ fre^amesn demandes-kplut^t aw moralistes qui
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Tont dtner chez enx. S^emicUr, c'est réparer. Aux gueux la besace et tous les torts.
Tu n'as pas prospéré, toi , mon pauvre ami , lugubre appariteur du théâ^ de Séraplm, On ne s'engraisse pas au métier que tu fais... Vous le prendriez pour une des Ombns qu^il annonce depuis si long-tems au bas de cet escalier. Je ne passe jamais à cAté de ce revena|it san& le plaindre, surtout rhirer, et sans lui oflrir une prise de tabac : on doit encourager tous les arts, tons les talens.
Le Palais*Royal est leur patrie ; vous en trouvez jusque dans ses caves : nous avons les Aveugles , qui font tant de bruit qu'on croirait qu'ils ont perdu leurs bâtons. Nous avons le Sauvage, e Ventriloque : tout ce qu'il y a de curieux , d'extraordinaire, nous arrive. Nous attendions le' crocodile ; déjà il avait Icyié un appartement ; il en avait même donné le denier adieu ; mais une indisposition subite ne lui a point permis de^se rendre à nos vœux ; quelque bipède nous en consolera.
Je sais qu'il existe des préjugés contre les souterrains du Palais-Royal : des censeurs, qui igno rent que je les ai vus^ me demanderont ce que
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l'y yais faire. Qui leur a dit que fy faisab quelque chose? N'ai- je pas tiouW le moyen de mettre d'accord leur délicatesse et ma curiosité? Quand la scène se passe dans une cave , je prends un billet de soupjrail. Après tout , ne soyez pas si dédaigneux : vous savez où la haute société s'ennuie et bâille assez souvent. Seriez-vous fâché d'apprendre oii le peuple s'amuse ? C'est pour vous le dire, qu'en me promenant , je vais de son côté ; d'autres observent les sakms ; moi , je fais la rue.
L'esprit humain n'a point de bornes ; les philosophes l'anaient dit ; M. Berthelemot Ta prouvé. Vous croyez, chaque année, qu'il ne pourra jamais mieux faire , et l'aamée suivante il se surpasse encore, et offre à vos regards étonnés de nouvelles merveilles qui vous terrassent d!admiration ; mais un n^otif plus puissant m'attire dans ce magasin : M. Berthelemot , afin qu'on le sache, est l'instituteur de mes enfans.
Personne n'enseigne , aujourd'hui , la morale avec plus de fruit que les confiseurs ; elle entre dans toutes leurs préparatifs. II n'y a pas une de leurs pralines qui ne r^enneune leçon utile; ib donnent à la fois le précepte et le bonbon, et
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l'Ein iait puser l-'antre. G'esl enoare-à l'aid* du mime: proche qu'ils s«iit devetias d'exelell«iB pn^festeuis d'histoire- U IwrsirfEt ded^cioi^ier Bollia et Mezerai , et d'caivclopper de ce»> extraits leurs friandes cempositioi». GardtE-TOitf donc IrieH d'ui^enter les droïtâ d^entiée- qu* paie le sucre, ce serùl aujeard'hoî mettre un ■•uvel inlpAt sat l'instruction^ Ce nttde d'enadigaeiBfint, foftdttax, i'encMiviens, ealdéji «ssez dispendioiu , patee qne l'enfant , à qui ta leçon plaît , veut toujours la répéter. L'histoire de France mecoûtwa boa.. La^nièFe dynastie seule m'a ruiné en dragées da tftute espèce. J'ai acheté pour les roîs (ainéms^ plus de dix livres de: diablotins i et c'est, na fw, plus qu'ils ne valant ; mais il s'agissait de tcauver un moyen d'instruire l'dniâncesau.la Ejtti^er, et de loi •ffiir ce qu'on veut qu'eUe appremw sous lue Wme agréable. Or, il me smèle que les eonfisenrs ont enfin résolu ce problème lUfficile : e'eat pourquoi j'ai confié l'éducation de mes en-
Que m^^ ? Gi^iki àw^ A^iMi^iw /le^'baT xars>où.lQîSidtan foit «ImsîrraedÉa^aU^cpies.;; jVbt knd la voiîi de laisirène ;. t)Ui.f c'est ielle ;[ lujron^. Eap{Mloas-?iiottft.bf3Mt;4i^ stg^ s ]âi(i>5^;$;^;#u)r-'
^ !Qii6i jfr. JL'OiiMMïapafi V) ^n '^iQfi) rdjiGWJtii dQ pccvfedrecWft M» MiltaaiiW^ {Mièite écrivain i», i^ivi
ké.pasffligé di^ilâ CouDides Ëoptiimiea^. laï^onsakie èB*>coqâeis>^U6iji«.4tti aii(]û<HiiiAaii4ée hî^rraoir. C^iilui 0pà {ataaîtmâtanaiai0àt>fejc«*ifHipfiiis et de;içh^asQiis<;poiirilé$ f&te^ide femilte et; pou: lanoQif^UêjBniiée. SaoiMN^iQ,)e^t<uii»(>Qtt;cl»èi;e^.^# Un ^tib éç(HL \à oMiplet. iVptkS} a^viti^ oeteifpujc quaoaiidei soB»^aiit H iréiDéhiiîpai: li;'al)bé Pell^grin, qui pourtant était bien juif, n'en demandait pas davantage ; mais je ne sais pas marchander avec le tal^gl^,. Il y a , dans tout ce qui sort de cette boi4iqne\ trois choses dont je fais cas , et qui ne peuvent se payer : de Tesprit ^ de la grâce et du sentûéent. X)'est, d'ailleurs, à prendre ou à laisse/ M. Mliiscent est très-achalande. Plusieurs poètes de cette capitale, que j'ai
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la discrétion de ne pas nommer, s<mt au aombte de ses pratiques, et lui doivent tous les lauriers qui couronnent leurs fronts. U a fait ainsi de fort jolies réputations qui courent le monde et les salons, et se gardent bien de dire d'où - elles viennent. A propos, M. *"**, quia pris la sienne à crédit , est -prié trèsr*instamment de passer au bureau : s^il reste plus long-tems en, demeure ^ on fera saisir, dans les cbansonnlers et alinanacbs de cette année, tous les ver^qui portent sa signature et qui ne sont pas à lui , puisqu^il les doit encore. Lorsque Apollon paiedopMe patente, non compris les centimes additionnels, les plus petites pertes lui sont sensibles ; lorsque , par h dureté des tems , le génie est en échoppe , le frustrer de son dit , c'est une indignité ! Que M. *** y prenne garde ! Il y va "de sa gloire.
CORRESPONDANCE INEDITE. log