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» secret de te gaërir toi-même? » Je ne crois pas , Monsieur , que vous pousseriez la cruauté jusque là. Que devient donc votre comparaison? Ajoutez que Thomme, nouvellement enricbi , qui distribuerait aux pauvres le bien quMl vient d'acquérir , victime d'une imprudente générosité , retomberait bientôt dans cet état de misère dont son activité, son amour du travail et son intelligence Tout délivré. Mais vous, Monsieur, serezvous plus pauvre lorsque vous m'aurez guéri ? Quand vous m'aurez fait parler, parlerez- vous moins? parlerez-vous moins bien? Ces trésors de philosophie antique que vous avez amassés , et dont vous paraissez si fier, ne vous resterontils pas? Ne serez-vous pas toujours possesseur de là langue de Moïse qui éiaii perdue depuis çingi-cmq siècles, et que vous avez si heureusement retrouvée P Vous enlèverai-je cette cosmogonie que vous avez rétablie? cet hébreu que vous voyez sous un nouveau jour ? Non , Monsieur , tout. cela vous restera, et, de plus, vous vous enrichirez de tous les heureux que vous aurez faits : c'est la véritable richesse d'un philosophe ami de l'humanité. La société, d'ailleurs, vous
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le save^ mieux qiu. moi , s'est qn'wi ëehamge contiimel de services ; el déj,à ne ^eyoz^VQBS pa& que si vous, m'apprenez qb jpBr. à parkarv }^ pourrai bien im joiur yoxLs> appr^dneià iraisaBoer? Mais enfin, nous. ditesr vous, mg» omntges cas^ mograpiiçues,^''impr4Bunfnl sans émiiâs etciaeuB pûuira y fuiÊtr, Us mémus ccmamsBiOKis et* les mimts, iMjrâBs: cumtifa, A ^oi boa ajoonMr notre gu^iiso» )}Eisi(fi»'à La publication de. yqs: s»- Tans ouvrages.? Le malheur peut-il akisi sfa^ joumer? Ke pèse-4^il pas sus nous à tous les instanâ de notre vie ? Et si la^mort , sans lespest pour vos {vofendes. reekerrhes^ vous frappai! avant (pie ¥Oiis ensttez mis la demûèie masn è v^ écrits , un secret ausflà précieux vous sxAvrait done. au tombeau ! Que nous, importe k» cosmogonie de Mobe ? vani-^elle pour noua le moyen de guérir ks se«rds et muctS' de naîs»^ sance?
Puisque vous ainie& les. comparatsoBs , Mon*sieur, ^'en v;ûs hasarder une fuî me parait ne* pa&manquer d'exactitude. Je suppose qu'mi vaste incendie exe«ee:ses ravagessur l'un des quartiers de e^te capitale ; je suppose encore que dans les
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tradUionS' ohmoias ou pam^uesi vous ayez àè^ coHvert Itt secret dfime pompe y aai'inoj«H de hr qoelte ii ne tiendrait' qa'àvous d'anréter, eâ quelques mimiteisv b vicdence des flanmeë : que dirieK-'vwi&ffin infiirtuiiéaqui imploreraientTotre secours? i» ceMe mère diésol^efuî wa» ccMjiffe- Fait à g«iS9axd'étoiiiicr un incendie éoitt sa fiUe est sur le- point de devenir l^viotime? Feries-^ T0O5 èe» raîsMsemens , k fettt de rne, pour prouver que nal n'» k' droit de vous forcer à^ secourir ksineeiidiiés?yoasserviriez-vous de ces pit^^k^ argnmens que vous avez fait valoir auprès de moi? Dirie2>*von» : « Je ne* suis pas » pompîer, je suis komme èe ktttes? Cet în- » cendle est sans doute winriliéiR'; mais es^l n unique? Qttt sait si, dians ce moment même, » une soitodaine kiondation ne détruit pas ks plus » riches nHnssons; si la peste n^eiolève pas une » grande partie àe& habitant de Smyme o» de *> Constantinopk ; si, dansTEgypte, une nnëç » de sauterelks; -si , en Franee, une fouk de » savans , etc. ? » Ah , Monsieur ! s'ëcrierarf èe^ mère d^s la désolation , il- »'àgit bien de santereUes^et de savans! sauvez mon enfisit ! un
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autre détraira les savans et les sauterelles. Ne seriez-vous pas touché de ce tableau déchirant ? Ajouteriez-vous encore à votre refus une froide et inutile dissertation sur Forigine du feu , sur ses propriétés, etc.? N'oSririez-voos aux malheureuses victimes d'autres consolations que la promesse de publier un jour la description de votre pompe merveilleuse? Il me semble que si vous vous conduisiez ainsi , dans sa mauvaise humeur, et indigné de votre insensibilité, le peuple pourrait bien vous jeter au milieu de ces flammes que vous refuseriez d'éteindre. Donnezvous, Monsieur, la peine de relire cette lettre singulière que vous avez écrite à ma mère, et vous verrez que ma comparaison , beaucoup plus exacte que les vôtres, ne cloche en aucun point. Ma mère apprend que vous avez un moyen prompt et infaillible de guérir les sourds et muets de naissance.: elle s'adresse à vous, et vous con* jfure de donner vos soins à ses deux enfans. Que lui répondez-vous? que vous n'êtes pas médecin , mais homme, de Mires ; que vous n'avez point àiopiais i vendre ; qu'il faut d'ailleurs penser aux aveugles , non moins intéressans que les
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sourds et muets ; puis arrive la cosmogonie que 90US avez rétablie^ et cet hébreu que vous voyez sott$ un nouveau jour, et ces idées dont vous avez trouvé Voriginej etc. En vérité, Monsieur, cette réponse est bien inconvenante, pour ne rien dire de plus.
Vous-même Tavez senti, car, en terminant votre lettre, vous faites doucement entendre i ma mère que si elle voulait placer sa fille dans un pensionnat auquel votre épouse est associée, Rodolphe Grivel est déjà assez avancé pour suivre réducation de cette jeune demoiselle. Mais M. Grivel n'a point votre secret; vous l'avez guéri , mais vous ne lui avez point appris comment il fallait s'y prendre pour guérir les autres. Je suis bien sAr que s'il connaissait votre admirable procédé , il viendrait i l'instant l'essayer sur ses anciens camarades ; et sans doute il commencerait par moi , son meilleur , son inséparable ami, par moi qui partageais toujours ses plaisirs et ses peines ; mais ignorant votre recette, il ne pourrait apprendre i ma sœur que la langtae des signes : cette langue j je la connais tout aussi bien que lui ; je pourrais égale-
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méat renmgner à ma seuir, et jepeoae quecela serak' pfais. décent. Eaddphe amna biciiièt scNse aa» ; ne secadl-il pas dangereiix Ae hA âomief une écolîère à peu près dn méat âge? La lamgiie des signes est la plus étaqnente de toiri«s« les langues ; elle peint , elle figure les objets , elk anme tout , elle.^.. Monsieur , ii ae faui pas qu^mi garçoft de seize ans enseigne cette langue énergique à une demoiseUe de quinas. S«ye« asr sure que la jame pefsone Saisait {or deyentr ^ trop sarvamâe ; ses (ffogiès augmotteraîest i Yue d'oda.
Plus de mjs^es^ Monsieur, faites comaitse votre. saecet i FEniope: entièse ; inscrirez. TVface nom parmi les bien&dteurs de Thuiftamté ;. cette: gloire rat: parait aase& belle pour tenter un friiir lesephe. Ah ! sr. la ProyidegMre aurait daigné bise UK tel présent an pieux et. modeste institnteur qui' risvoque sans cesse en: notre: far^uB, û' a^aur rait pas cm qu'il lui fôt penms de se coitfenter d^une seule expëiknce. Nous, aurions tous par^ tisipé à ce grand bien&it v nous amrions tons ediu eatesdu et p«4é. Alors, se mettant à notre ttoy ce respectable docteur, notre second' père.
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nous eût cjûDdaits a» temple le pins yoisn. Là , prosienuis aux pie4s des autels , rawlaiit gcâcies à Dieu y. psemier auteur de tantes ies éécou*vertes utiles à V humaDitë ,. ums. ^msàoB» chanté cet. hynuK d'amour et d» recomiaîssaace ^ cet hymne que, i^otce reli^en^ <<p* a Uml réformëv a cru cependant devoir conserver. Au milieu de ce concert d'actions de grâces et de louanges, figurez-vous, si vous le pouvez , Témotion et Tattendrissement de notre instituteur; voyez les larmes de la joie inonder son visage; entendez-le qui s'écrie : « C'est maînteasit que je puis mourir » en paix, puisque mes yeux ont vu s'opérer >» un tel prodige ! » Ce seul instant l'aurait payé avec usure de toutes ks peines que nous lui avons coûtées. 11 ne tient qu'à vous , Monsieur , de goûter ce bonheur : les sentimens religieux que vous manifestez dans votre ouvrage prouvent que vous en êtes digne ; et c'est pourquoi j'ai essayé d'en esquisser le faible tableau. Vous retournerez ensuite à la Cosmogonie de Moïse , à la Gram-. maire et au Dictionnaire que vous composez , et dont , à toute force, on pourrait encore se passer un mois ou deux. Si le grand nombre des sourds
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etmuets vous effraie ; si vous craignez qae votre ^^rvane vousëchappe, guérissez-moi d'abord; puis enseignez-moi votre secret , }« guérirai ensuite mes compagnons d'infortune ; je me ferai surtout un plaisir de suivre l'éducation des jeunes demoiselles que vous voudrez bien m'adresser.
CORRESPONDANCE y etC. 1S7
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