LES ETRENNES BU VOISIN
semble ; confiez-moi vos peines , je les partagerai., et peut-être alors vous paraîtront -elles moins sensibles.
LE MINISTRE
II a un bon cœur Voyez comme ces journalistes me traitent! Me font-ils ass€;z noir? Les royalistes , sur lesquels je comptais cette aimëe , ne sont pas toujours les moins ardens à me nuire.
LE VOISIN
Interrogez -VOUS. Votre conscience ne vous reproche-t-elle rien? N'avez-vous pas provoqué de trop justes représailles ? Répondez , voisin.
LE MINISTRE
Il est vrai que je n'ai point épargné les royalistes ; mais, dans mainte circonstance, ai-je
ménagé davantage leurs ennemis naturels, les . coryphées du parti libéral?
LE VOISIN
Autre sottise, voisin. Est-ce donc ainsi que Ton gouverne ? Vous deviez combattre les fausses doctrines sans descendre à d'injurieuses personnalités , et sans engager l'autorité dans ces
LES ÉtREKNES DU VOISIN. 7
luttes indécentes qni finissent toujours par Ta^ vilir» et la mettent très-souvent en péril. Recevez cette leçon pour vos étrennes.
LE MINISTRE
Et voilà comme vous me consolez !
LE VOISIN
Je fais mieux ; je vous^orrige. Je croyais , au reste, que vous méprisiez fort ces misérables journaux. Votre Excellence ne s^en est-elle pas vantée plus d'une fois ?
LE MINISTRE
Mon Excellence en a menti , car j'enrage , et Azaïs a raison ; je ne peux plus gouverner avec la liberté de la presse.
LE VOISIN
J'espère qu'au moins vous êtes content de cet écrivain , et voilà une compensation.
LE MINISTRE
Elle est &ible ; mais il m'importe , je suis content des brochures et du coeur d'Âzaïs ; allezvous aussi me reprocher le peu de bien que j^ai pu lui faire ?