LES £TR£NNES DU VOISIN
LE Yoism.
Dien m'en garde ! Yoas lie lui eil ferez jamais autant que je lui en scfubaite ; c'est un galant homme , et sa famille est fort intéressante.
LE MINISTRE
Il y a d'excellentes vues dans son dernier
écrit. Sa dictature Je yeux ajouter une aile
i sa petite maison de la rue de l'Ouest.
LE YOISIN.
N'en restez pas là. Le philosophe aime à méditer. S'il avait au bout de son jardin un petit pàWUon..... Vous m'entendez ?
LE MINISTRE
Va pour le pavillon.
LE VOISIN
J'aime, voisin , à vous voir dans ces libérales dispositions. Voilà comment on honore son administration. Colbert nouveau , encouragez les talens : les fonds ne vous manqueront pas ; vous avez les jeux, les boues et les filles. Or, avec tout cela , vous pourrez aisément refaire un siècle de Louis XIY. Mais, à propos, on a insulté dernièrement ce monarque à la tribune^ et
tËÂ ÏTREKNES OU VOISm« 9
TOUS avez garde le silence , vous à qui il appar* tenait de le défendre; car, depnb le baptême du petit duc , vous êtes en quelque sorte de la famille ; si les fils de France viennent à manquer, les filleuls passent.
Et moi-même , ne m'insulte-t-on pas à cette tribune? Je laisse faire.
lE yoisiK.
En ce cas , Louis XIV aurait n(iauvaise grâce de se plaindre ; je retire mes conclusions.
u MINISTnS.
Je voudrais vous voir à ma place. Je ne sub pas sur des roses.
LE VOISIN
Vous souffirez donc beaucoup, voisin? Les journaux, d^ abord ensuite *
LE MINISTRE
Allez-vous quelquefois au spectacle?
LE VOISIN
Je n^y mets plus les pieds depuis l'accident qui m'est arrivé à la représentation de Germanicus.
tO LES £TR£KN£S DU VOISIN
IsE MINISTRE.
Vous âyies donc pris parti pour on contre?
' LE VOISIN
Je n'étais ni pour ni contre ; je gardais la neutralité ; je me trouvais bêtement , comme vous, mon voisin, dalis le milieu, et peu s'en fallût que je ne fusse assommé par les deux partis. Avis au lecteur. Mais, que sepasse-t-il donc aujourd'hui au théâtre?