DE LA, REINB D'ANGLETERRE
s'en apercevrait ; car vous pouvez croire que les dernières affaires auraient mieux tourné s'il avait été là. Votre Pépé est un pauvre homme , meilleur à la tribune qu'en face des Autrichienis. Il est vrai que les Samnites qu'il commandait ont mis bien de l'empressement à se retirer.
La princesse de Galles ayant formé la résolution de voyager, plusieurs personnes de sa suite l'abandonnèrent ; mais son fidèle écuyer , devenu son chambellan, ne voulut pas s'en séparer. <f Je me dévoue entièrement à son scr- » vice , écrivait-il alors. Entre elle et moi, c'est » à la vie et à la mort. » lis parcoururent ensemble les champs déserts où s'élevait la ville qui produisit Annibal. De là, ils passèrent en Grèce ; et leur premier soin fut d'y cherche^ , un Homère à la main, les lieux oit fut Troie. L'imaginsition venant à leur aide , après avoir déjeuné sur les bords du Scamandre , ils font le tour de ces superbes remparts , si vaillamment défendus par Hector, saluent le temple de Pallas,* et s'arrêtent avec attendrissement près de la' porte de Scée. L'émotion qu'ils éprouvent alors rappelle aux lecteurs un des morceaux les plus touchans de V Iliade.
Pendant que M. Pergami , tout plein de Pantiquitë, en interrogeait les ruines, il reçnt le prix de ses nobles et laborieuses recherches. Une médaille dont il fit Facquisition lui révéla enfin le secret de son illustre origine. Cette médaille , que les amateurs peuvent voir dans son cabinet, représente une ville grecque du nom de Pergamo ; au revers sont les armes de la famille de M. le baron Pergami , avec tous leurs attributs et tous leurs accessoires. Même nom , mêmes armes ; cela décide la question : M. Pergami Ta d'ailleurs soumise à plusieurs académies, et toutes ont répondu qu'elles savaient depuis long-tems qu'il avait existé une ville grecque du nom de Pergamo; qu'elles savaient encore , et tout aussi pertinemment , que cette ville avait été fondée, suivant l'usage des tems anciens , par un prince du même nom ; d'où' il fallait conclure que M. le baron Pergami, dont les armes sont les mêmes que celles qu'offre le revers de la médaille , descendait directement du prince fondateur de Pergamo. Que les envieux s'écrient donc encore avec une feinte indignation : Un courrier! juste ciel! un courrier!
Et cependant M. Pergami ne veut pas se ren-
D£ LA REIN£ D'ANGL£T£Ra£. :265
dre àrëvideace., « Je doute, dit-il, et j'examine. » On dirait qu'il est honteux de sa royale extraction. C^est, en vérité, trop de modestie; et, puisque la question est décidéQ, ilfaut q«e IM[*,Pergami en accepte les conséque^ace^, sfiuf à faire valoir plus tard ses droits sur Pergamo et ses dépendances : car il a aussi , lui , sa légitimité ; à moins tputefois que la médaille ne spit Causse. C'est à Atliènes qu'il l'a achetée, Qi;, à .Athènes comme à Rome ,. on trouva 4'habile$ artistes qui font de si belles médailles anciennes ^ que notre académie des inscriptions elle-même y est souvent trompée. Ces coquins auraieniril^ abusé de la bonne foi de M^ le barcm? Ils eut sont bi^n capables; et-aIo9?s ce serait: l^v^ita*ble revers de sa médaille. i
IjjlQs ypyageurs s'embarquèrent pQur,;la Pale^tîi^ , et firent au Saint-Sépulcre une visite qui dut le {latter. Une pi;incesse allemande de .riUl^?r^rï«?i?on. dô. Brip&wicjt! le descendant d'un priiM^e çirec , le fondateur d§ Perg^me ! le iSaint7$épu)tre n'est p^ souyent .risité par dç^ peri^nnage^; de cette importance» Mais , iipporta^e à part , on ne trouvera rien de très- II. la
neuf dans leiir relation , on dans lenrs tablettes; et |e soupçonne qne c^est la Tante de la princesse allemande , qni ne pouvait jamais rester hmg-^leihs au même endroit , et dont le naturel pétulant nuisait beaucoup aux observations du pHnce grec. Mais que peut-on nofus dire de non* veafu sur la Cité sainte, depuis qu^elIe a été transitée à ta Chanssée-d'^Antin? Ce n^est, si' l*on veut , qu'une copie; mais une copie de ce mérite Vaut roi-iginal ; et, grâce au talent de M. Prévost, nous connaissons Jérusalem aussi btën^t peut-être mieux que ceux qui en reviennent. Quant aux souvenirs attachés aux lieux, ^t qui en sont inséparables, j'avoue qu'on ne {(eut {(2^ nous les donner pour un petit écu.
Chemin faisant, M. Pergami avait reçu la cïmx de Malte ^ et fot nommé, pendant son sejiourà Jérusalem, chevalier du Saint Séptdcre , et , ide plus , grànd'maltre de Tordre de Sainte- Carolîitef que son altesse royaSe, je ne sais en y^rtii de quel dt'oit , jngea à ptdpos ^e fonder , '«t dont la deviise , comme celle^de Tordre de la Jarretièifé , f 6¥tè ces mots : H^fHii soH qni mal y p^nse , aûn que nds nereux apprennent qu'en
I>£ LA &£IM£ D*ANGLfiT£RRE. 267
tre la fondatrice et le grand-mattre les choses se sont passées en tout bien et tout honneur. M. Pergami leur en do,nne sa parole , et il doit le savoir mieux que personne. « La reine , dit-il, » en terminant ces tablettes , quMl parait avoir » 'été chaigé d'écrice , 1 été cmeUement affligée ; » mais son cœur n'est point entièrement fermé » pour son royal époux , qui peut encore couler » des jours heureux avec une épouse vertueuse » et sensible, s'il consent à réparer des torts M qui y peut-être , sont involontaires. » Et M. Pergami , avant tout , desuoide que le nom de la reine soit rétabli dans la liturgie.
C'est au roi , comme chef de TËglise anglicane 9 à en décider. Ses sujets prieront en conséquence. Quant k moi , qui ne suis pas de sa paroisse , et qai prie assez volontiers pour tout le monde, voire pour les libéraux, je veux, en finissant , et malgré tout bill cimtraire , prier pour la reine et pour M. PergamL Dieu leur soit donc en aide ! '