I.S MINISTRE
J^y suis Tobjet des plus odieuses allusions.
Joue-t-on Athalie^ je suis Mathan.
LE VOISIN
Tant pis; c'est un drôle, que ce STathan.
LE MINISTRE
Si je souffrais qu'on jouât Tibère^ je serais Séjan.
LE VOISIN
Autre mauvais sujet. On ne vous charge pas , voisin, des plus beaux rôle^, et il parait que vous n'êtes pas le favori de tout le monde.
LE MINISTRE
Et ces vers que le public ne manque jamais
LES ETRB^NSS DIT YOISIK. 1 1
de redemander par trois fois lorsqaW donne ks Vêpres sieilimnes ^ les connaissez-yons ?
LE VOISIN
Je les sais par cœur. Attendez^ je vais vous
les répéter.
LE MnasTRE.
Epargnez-vous cette peine Et ce n^est pas
seulement à Paris que ce scandale a lieu : ma correspondance m^apprend que dans les départemens , qu^à Strasbourg même , en présence du vicomte
LE VOISIN
De quel vicomte? Serait-ce, par hasard, du vicomte de Ch.....?
LE MINISTRE
Non : du vicomte Decaze , mon frère, le préfet du Bas-Rbin.... Vous ne connaissez que lui.
LE VOISIN
Pauvre vicomte! il a dû bien soufBrir; car il vous aime et vous honore. Vous avez donné tant
de lustre à votre maison! Et voilà donc ,
voisin, vos grands sujets de douleur et d'alarmes ! Il faut peu de chose , en vérité , pour abattre votre petit courage. Des articles de jour-
12 WS IBTRENNES DU VOISIII.
naiix de malignes allusions; un homme de
cœur se moquerait de pareilles misères. Mais je soupçonne que le voisin est un peu couard.
LE MiiasT&E.
Vous en parlez fort à votre aise ; et cette
chambre ?
LE voisni.
Cela est plus sérieux ^ j'en conviens.
LE MnnsTRE.
Ce côté gauche, ces nouveaux députés, surtout
LE VOISIN
Vous m'aviez dit pourtant que les dernières élections vous étaient favorables, et qu^elles allaient augmenter le nombre de vos ventriloques.
LE HmiSTRE.
Faut-il donc tant se presser d'avouer sa dé&ite
et sa honte P
LE voism.
II est certain que si ces messieurs sont ministériels 9 ils cachent bien leur jeu : M. Chauvelin est tout miel auprès des généraux Foy ^t De-
marçay. $