LES IKTRENNES DU VOISIN
LE MIiaSTRE.
Et le général Tarayre qui va revenir!
LE yoism.
Et M. Beaaséjour, le croyez-vous de vù$ amis ? Vous avez bien travaillé ; vantez-vous-en, mon cher voisin : mais à quelque chose malfibur est bon : ils ne veulent plus de vous là-bas , c^est donc notre tour de vous avoir. Il faut , bon gré 9 mal gré, que vous soyez royaliste en 1820, au moins jusqu'au mois de mai. Quant à M. Pas- ^ quier , j'en réponds , il sera excellent cet hiverv
Et moi aussi.
LE VOISIN
Retoumez-vous donc bien vite.
LE MINISTRE
Ne suis- je pas tout retourné? On n'en peut plus douter après avoir lu mon discours.
LE VOISIN
Lequel ? car ce jour-là vous en avez prononcé deux qui ne se ressemblaient guère. Ecoutez , voisin 9 il y avait naguère , à Paris , un grimacier fort extraordinaire qui faisait de son visage
l4 l-ES ÉTRENNKS DU VOISÎN.
tout ce qu^il voulait ; il riait souvent d'un càtë , tandis qu'il pleurait de Tautre. Mais on ne le voit plus depuis quelques années. Serait-il enfin retrouvé ?
LE MINISTRE
C'est moi, peut-être.
LE VOISIN
Je ne Tai pas dit. Au reste , voisin , ce ne sont plus de vains discours qu' on vous demande, c'est une loi. Pourquoi différez-vous de la présenter? Pourquoi prolongez-vous les vagues inquiétudes qui préoccupent nos esprits ? Il s'agit de restaurer cette pauvre restauration , qui , grâce à vous , est bien délabrée. Qu'attendez- vous donc?
LE MINISTRE
J'attends que je sois guéri ; j'ai un rhume , et de plus une colique.
LE VOISIN
Ah ! par exemple , en voici bien d'ime autre! qu'allons-nous devenir? tous nos médecins sont malades. Tout le ministère est à l'infirmerie. M. le garde-des- sceaux a une affection Je poitrine qui le condamne au silence ; celui là a un rhume et la colique. O'est un sort, sans doute,