LES £TBEMN£S BU VOISIN
que les maudits libéraux ont jeté sur nos hommes d^état. Et qui donc, voisin, soutiendra votre loi ? Savez-vous qu'il n'est pas permis à des mi'* nistres d'être enrhumés , dans un gouvernement où la victoire reste souvent aux avocats qui par^ lent le [dus long-tems , où le champ de bataille c'est la tribune , et le glaive c'est la parole ?
LE MINISniE.
Je suis tranquille; Pasquier parlera pour trois, s'il le faut.
LE VOISIN
Il sera bien obligé de parler pour quatre , car, entre nous , votre M. Portai n'est bon que lorsqu'il écoute ; et, d'ailleurs, son Sénégal l'absorbe. Mais ce M. Pasquier, qui a le bec si bien affilé , pourquoi donc n'a-t-il pas dit un mot lorsque M. Demarçay habilla vos deux excellences
de toutes pièces?
LE MINISTRE. / V' ' '
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Le jour n est pas venu. u
LE VOISIN
Qu'il vienne donc ! Vous ne sauriez croire , voisin , combien je suis impatient de connaître votre projet. Aurons-nous deux collèges, ou n'en
l6 LES ETRENNES DU VOISIN.
fturons-noas qu'un? Serai- je ou ne serai-je pas électeur avec ma patente ? Donnerer-yons des droits aux supériorités morales? Le corps des journalistes, auquel j'ai Phonneur d'appartenir, enverra-t-il nn député à la chambre ? Dites-môi tout cela, voisin. Je ne veux pas d'autres étrennés, et vos doctrinaires ne vous tiendront pas quitte à si bon compte.
LE MINISTRE
Vous ne saurez rien.
LE voism.
Décidément?
LE MINISTRE
Très-décidément.
LE VOISIN
En ce cas , je me retire ; je craindrais d'abuser plus long-tems Ne vous dérangez donc
pas , Monseigneur; restez, je vous en supplie; je suis coiAs de vos politesses ; vous n'y pensez
pas ; votre dignité votre rhume ; un pair de
France qui a la colique Restez, Monseigneur,
et soignez votre santé.