DIALOGUE
LE yoi$iN.
C^est ane merveille, voisin, que de vous voir; je vous guette en vain depuis trois semaines : vous ne sortez donc plus?
LE IffimSTRE.
J'étais malade ; je le suis même encore.
LE VOISIIÏ.
Cela est-il bien vrai, voisin?
LE MINISTRE
Vous ne vous en apercevez pas?
LE VOISIN
Point du tout, je vous assure. Vous avez un
visage de santé qui me fait envie. L^œil est vif...
Voyons la langue , bien ; votre pouls ,
parfaitement réglé. C^est sans doute une plaisanterie, voisin; dites-moi le mot; ne craignez rien, je serai discret; et, foi de journaliste, je nVn parlerai pas dans la Gazette,
LE MIlïISTRE.
Si vous ne m'en croyez pas, interrogez mon médecin,
LE VOISIN
£h bien! oui. Le docteur ? Je le connais
et je rhonore ; mais il est plus fin que moi. On sait, d^ailleurs, que, dans les innocentes mystifications de ce genre , le médecin est volontiers le compère du malade.
LE MINISTRE
Etrange mystification ! une fièvre continue avec redoublement.
LE VOISIN
Etait- elle symptomatique ou essentielle?
LE MINISTRE
Et qu'importe?
lE MINISTRE ET SON VOISIN. 19