‹ L'hermite en BelgiqueChapitre 13 sur 14 · GA1SD · texte numérisé non relu

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seignement qu'un auteur a appelé la leçon éternelle des peuples et des rois. Il est impossible qu'un jeune homme qui a lu avec quelque fruit l'histoire romaine ou celle de la Belgique, ne sente point battre son cœur aux doux noms de patrie et de liberté.

Il vaut mieux n'en rien dire que de consacrer seulement quelques lignes au Jardin botanique, qui, après celui de Paris, est le plus complet, le plus riche et le plus soigné de tous ceux qui se trouvent de ce côté-ci du Rhin.

Je ne traverse jamais le Marché du Vendredi sans croire encore sentir l'horrible odeur des bûchers de l'Inquisition. Je ne puis m'empêcher de frémir en me rappelant que sous l'implacable duc d'Albe, il ne se passa presque pas un jour sans que les flammes n'aient dévoré quelque nouvelle victime. Au milieu de celte place s'élevait une colonne surmontée de la statue de Charles V ; elle fut abattue en 1793 par les révolutionnaires. Ce prince possédait les talens qui font naître l'admiration des peuples, et non les vertus qui les rendent heureux. Ayant formé, comme Napoléon qui a plus d'un rapport avec lui, le projet chimérique de la domination de l'Europe, il mourut dans l'obscurité d'un cloître , en 2- 11

touré de moines ; tandis que celui-ci sous la garde des geôliers anglais alla expirer sur un rocher brûlant , où quelques amis fidèles lui fermèrent les yeux.

Cette merveille de Gand, cet énorme canon qui pèse 34,000 livres et dont la longueur est de dix-sept pieds, nous apprend que sousPhilippe-le-Bon on avait l'art de forger des pierriers plus extraordinaires par leur grosseur démesurée qu'utiles à la guerre. II y a près de trois siècles que ce canon , repris par les Gantois sur les habitans d'Audenarde pendant nos guerres civiles, fatigue de sa masse inerte son affût de pierre de taille.

J'entre dans la Rue -Basse. C'est au milieu de cette rue, n°n, qu'habita et mourut pauvre en i7331e savant anatomiste Jean Palfyn , de Courtrai, auteur de plusieurs ouvrages, alors fort estimés , sur la chirurgie.

En face , n° 18, était l'hôtel ou l'espèce de forteresse habitée du temps des Gueux par le célèbre factieux Ryhove , seigneur de la Kethulle. C'est là qu'il renferma en 1677 les évêques de Bruges et d'Ypres et une quinzaine d'autres seigneurs qu'on croyait les plus attachés au parti des Catholiques.

La partie de V hôtel-de-ville qui donne sur le marché au beurre est un monument d'un effet

grand et sévère, mais défiguré par l'escalier moderne placé à l'extrémité. On s'occupe des moyens de lui rendre ses premières formes extérieures.

Quand je contemple ce beffroi, ce vieux témoin de la grandeur et de la prospérité des Gantois, je me rappelle avec plaisir qu'ils en commencèrent la construction aux premiers jours de leur liberté , c'est-à-dire, lorsque nos princes, pour soutenir l'éclat de -leur rang dans les croisades, vendirent leurs domaines à leurs vassaux. La ville de Gand, érigée alors en commune vers l'année ii 78, fut affranchie de toute servitude; ses habitans purent se rassembler , choisir leurs échevins, avoir une jurisdiction, un beffroi. Ce fut un grand pas de fait : mais que de temps et d'efforts n'a-t-il pas fallu pour arriver à l'heureuse liberté constitutionnelle dont nous jouissons aujourd'hui dans les Pays-Bas !

Je ne passe jamais près de l'église de Saint- Nicolas sans émettre le désir que l'autorité ne permette plus de bâtir autour des temples du Seigneur , chose aussi inconvenante que dangereuse. Les églises doivent être entièrement isolées : si cela était, nous ne serions pas privés de la vue d'un beau monument gothique qui est offusqué par de petites habi-

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