‹ L'hermite en BelgiqueChapitre 7 sur 14 · QUIÉVRAIN · texte numérisé non relu

QUIÉVRAIN

Nous étions à Quiévrain. Une demi-douzaine de préposés entourèrent la voiture , s'emparèrent sans façon des bagages , et se mirent à procéder méthodiquement à l'inventaire détaillé de notre avoir. C'étaient des formalités sans fin. Il faisait beau temps , nous descendîmes, et après avoir chargé le conducteur de régler nos comptes de frontière , nous prîmes

D'UN TOYAGE. 165

les devants sur la route de Mons. Deux fiacres arrivaient à la course de la Belgique. Ils ralentirent le pas en avant de Quiévrain; et, se détournant de la grande route , ils suivirent à la file un petit chemin sur la droite qui les conduisit sur une pelouse verte , au pied d'un tertre qui paraissait être le lieu du rendezvous. Nous suivions de loin par curiosité. Quatre jeunes gens sautèrent lestement des voitures ; deux d'entre eux se dépouillèrent de leurs habits , tandis que leurs camarades s'occupaient solennellement de la charge des pistolets.

C'était un duel !

Aussitôt le pharmacien philanthrope , sa boîte de pastilles en mains , court aussi prompt que l'éclair sur le lieu du combat pour proposer ses armes favorites Il était trop tard,

le premier coup de feu était parti, l'un des deux combattans gisait sans vie sur l'arène.

Impitoyable honneur, s'écria l'écrivain, en oubliant sa dispute récente.

Le vainqueur d'un œil morne contempla un instant sa victime, jeta un regard égaré sur nous tous, et disparut.Le second du vaincu consacra ses soins au cadavre de son ami , tandis que l'autre témoin se joignait à nous , la larme à l'œil , en déplorant les duellistes et les duels.

Nous retournâmespleins de pensers funestes sur le grand chemin ; la diligence arrivait ; nous reprîmes nos places. Le témoin du combat s'assit à mes côtés.

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