LEITH £T EDIMBOURG
nourrissaient et qui le protégeaient. Je dois ce tribut à la vérité , et , soit que je loue , soit que je blâme, je ne la perdrai jamais de vue, n'importe que je plaise ou que je déplaise.
Il y a toujours dans Thabitant de Eeith (je parle du commerçant ) quelque chose d'uni , de simple , et même d'un peu lourd , qui sent les affaires. C'est un mouton qui semble appartenir à un autre troupeau que le marchand d'Edimbourg. On remarque pourtant en lui un air bien prononcé d'indépendance , et il s'y mêle quelques symptômes d'orgueil quand le commerce de la Baltique est florissant ; quand le rum et le sucre soutiennent leur prix, et quand il fait une importation considérable de vins étrangers, et une exportation proportionnée d'ale écossaise , qui n'est inférieure à aucune .de celles de l'univers entier. Il se rend à son aise , les mains dans ses poches , de Leifh à Edimbourg ; et il accélère le pas pour retourner chez lui , quand l'heure du diner l'y rappelle , surtout si tout s'est bien passé à la Bourse ; an lieu que tous les traits du marchand d'Edimbourg annoncent l'anxiété, l'astuce et la spéculation. D'ailleurs, le nombre des négocians de Leith est limité ;
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chacun d^eux est connu comme s'il portait une marque sur le front ; au lien que les marchands en gros ou en détail de la capitale sont confondus avec les hommes de plaisir , les professeurs, les médecins, les hommes de loi, les étudians et les étrangers. L'oeil d'un obsenratenr sait pourtant distinguer toutes ces classes , dont chacune a son caractère particulier bien prononcé, à l'exception pourtant de Thomme de plaisir, qui en change à son gré, on plulét qui n'en a aucun.
Quoi qu'il en soit , le riche comm^çant de Leith a son degré d'importance , et si qudqu^un d'entre eux , ou son successeur apparent , dont l'esprit n'a pas encore toute sa solidité , se per~ met une heure de folie , ou une nuit d'extravagance , le garçon du café , de la taverne , «u de q]|^lfue autre lie» que ce soit, VaLi^lhienoàk Leiih, La femme du négociant de Letth n'est ni rustique , ni précieusie ; ce n'est ni un paquet , ni une petite-maitresse ; mais l'épouse du marchand d'Edimbourg porte la tête plus haut ^ et hs filles de celui-ci ont un genre de toilette pins soigné et plus relevé que leurs voisines du bord de la mer. La saUe de bal de Leith est belle et
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spacieuse , mais ce n^est pas un aimant qui puisse attirer tes habitans de la métropole. On y donne de grands dîners; on y a, le soir, des parties bien ordonnées ; mais rien de tout cela n'approche des routs * et des bals parés de Queen- Street. Les galas 'du port de mer ne peuvent soutenir aucune comparaison avec les festins de la cité, dont la perfection gastronomique com~ mence à être digne de Londres et même de Paris. La visite qu'Edimbourg a rendue à Leith , par la construction des édifices nonibreux qui réunissent presque les deux villes , n'a changé que peu de chose à cet égard. Edimbourg prend Tair de Londres , et Leith conserve sa physio'* nofflie particulière. Il s'établit pourtant quelquefois une sorte de rivalité entre l'aristocratie et la fortune ; le talent et le commerce ; le gentilhomme pins fier que riche , et le négociant fortuné , qui possède des navires , des boutiques et des magasins. Les chefs de famille font cette petite guerre avec discrétion, mais on voit plus rarement les jeunes gens en montrer.
* Grande's assemblées.