‹ L'hermite en Écosse, ou, Observations sur les moeurs et usages des ecossais au commencement duChapitre 33 sur 56 · LA VEUVE · texte numérisé non relu

LA VEUVE

sayez , mon vieil ami , tout ce qui m'est arrivé. Il ne me reiste que Wilhelmine : hëlas! elle est veuve comme moi ; son' mari moumt de ses blessures en revenant des Indes occidentales , pendant la traversée , au moment où Ton commençait à espérer sa guérison. Mais Tespérance et notre famille sont depuis long-tems étrangères Tune à l'autre. »

Sa malheureuse fiWe arriva en. ce momeat»

£lle touchait à peine à Tété de son âge , et ses vêttmens de deuil iaisant ressortir la neige de sa peau , elle me parut plus belle que jamais. La dignité du chagrin prêtait un nouvel attrait à son œil humide , et le costume solennel qu^elie portait donnait plus de grâces à sa taille que lorsqu'elle était élastique et légère comme le daim dos montagnes. J'avais vu dans ces denx femiiiès, deux heureuses mères, deux épouses * fortunées. La plus tendre affection régnait entre tous les membres de cette (amille ; les doux nœuds du sang et île la nature ne s'y étaient jamais relâchés un instant. Quel changement ! quel triste spttt^tle n'avais-je pas ialors sous les y^Ux! -

Je né m'appesantirai pas sur les détails d'une douleur à laquelle je prenais la part la plus sin-

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cère. Je ne leur fis pas une courte visite; c'est la conduite de Tégoïste : il atteste la délicatesse pour s'^oigner de Taffligé ; mais le fait est que son cœur insensible ne lui permet pas dt par^ tager les chagrins de celui qui pleure.

En quittant ces malheureuses femmes , je ne pus m' empêcher de réfléchir à l'histoire de cette vénérable famille des frontières d'Ecosse. Elle possédait, de tems immémorial, un domaine assez considérable; mais, comme il n'était pas substitué, il avait changé de maître, par suite des imprudences du frère aîné du père de Wilhelmine. Plus de trente guersiers, portant le même nom , avaient servi leur patrie depuis un demi-siècle. Edouard et Jemmy en étaient les derniers , et l'atné avait aussi laissé une veuve avec deux enfans, privés , dès leur bas Âge , des soins paternels. Leur sœur avait épousé un capitaine d'infanterie , qui ne vit jamais le fils qu'il lui laissa. Le gouvernement avait accordé à chacune de ces trois veuves une petite pension suffisante pour les mettre à l'abri du besoin, mais qui les laissait exposéeis à des privations d'autant plus sensibles, qu'elles y étaient moins habituées; car les deux frères, ayant déjà atteint

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