‹ L'hermite en Écosse, ou, Observations sur les moeurs et usages des ecossais au commencement duChapitre 43 sur 56 · N** XXV · texte numérisé non relu

N** XXV

De tous les pays qu^éclaire le soleil » il tt^en existe aucun dont les habitans aient V amour ée la patrie plus profondément gravé drains leur coeur que TEcossais. Et cet amour du pays , qui identifie au sol celui qui Thabite , et qui fait qu'on en regarde les intérêts, la gloire et la prospérité comme un avantage personnel, FEcossais joint un sentiment d'attacbement inaliénable pour le lieu particulier qui Ta vu naître. S^il est obligé de le quitter, il Ta toujours devant les yeux, et il le regarde comme devant être le terme de ses travaux , la récompense de toutes les fatigues de sa vie.

Ce principe inné se retrouve cbez d'autres nations ; mais ce sont les avantages qu offre un pays, qui le font regretter par ceux de ses en-

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fans qui en sont éloignés. Les regrets du Calédonien ne sont pas inspiré:^ par les mêmes motifs; et cependant il préfère ses marécages déserts, ses montagnes arides , ses pins à feuillage sépulcral , ses bruyères à fleurs pourpres , et son humble chaumière , aux vignobles fertiles , aux champs bien cultivés et aux palais splendides des autres pays. Son intérêt peut Vy fixer ,^mais son coeur soupire toujours pour TEcosse.

Cependant son esprit indépendant ne lui permet jamais d'être un fardeau pour sa famille , et il ne restera pas sur lé sol qui Ta vu naître s'il ne peut lui être utile. C'est pourquoi on le; trouve, plus souvent que les autres sujets de la Grande-Bretagne , en exil volontaire dans les contrées du globe les plus reculées.

L'Ecosse fournit des recrues à Tarmée et à la marine , dans une proportion plus qu'égale à celles qui partent de l'Angleterre et de l'Irlande, comparativement À sa population. Cette circonstance vient de ce véritable amour de là patrie , de ce sentiment de devoirs domestiques, qui donnent de l'activité aux. efforts, et ^ui apprennent à aflironter les fatigues et les dangers, pour se procurer de quoi vivre un jour dans une bon-

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néte mëdiocritë , assister des parens peu forttr^ nés , revenir tôt on tard sur le sol natal, y joaîr des fruits de travaux honorables , et y terminer sa carrière entouré de respect et de considération. Voit-on le Calédonien, comme tant d'autres émigrans , dès qu'il a tourné le dos à son pays, adopter des habitudes et des affections étrangères , renier sa patrie , se naturaliser partout, y prendre racine, et s'écrier avec insensibilité : Uùi çmtur^ ibi patria? Non, il quitte son pays avec plus de regret qu'aucun autre habitant du monde civilisé. Semblable à Taiguille aimantée qui se tourne toujours vers le pôle, son cœur se dirige sans cesse vers son pays. Dans les parties du monde les plus éloignées , sa montagne , son lac , son vallon 9 son rocher, son clail et le tbit de son père , sont toujours présens à son esprit. Qu'il expire dans la Pensylvanie , ou qu'il finisse ses jours à Madras,' vous trouverez en lui , jusqu'à la mort , un Américain du comté d' Argyle , ou un^ Indien d'Edimbourg. Son ame est douée de courage , comme son corps est formé pour le travail et les souffrances. L'espérance est tout pour lui ; elle lé porte à tenter les entreprises les plus difficiles , et l'arme d'une énergie

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qui y est proportionnëe. Et quel est le ressort qui met en jeu cette espérance , ce courage patient et cette énergie? La pensée du retour dans sa chère patrie ; Tattente encourageante de pouvoir 9 après une vie passée en grande partie dans les fatigues et dans les dangers , au milieu des embarras, des obstacles et des difficultés, soit sur terre , soit sur mer, revenir parmi les bruyères et les genêts de ses ancêtres , terminer paisiblement une vie active et laborieuse dans les bras de sa mère, c'est-à-dire de l'Ecosse, et reposer sa tête quelques instans sur le sein maternel avant d'aller rejoindre ses ancêtres.

Même dans le plus Tort d'une bataille , c'est l'idée de sa patrie qui lui élève l'ame , et qui trempe les nerfs de son bras^

Pendant que j'étais en France., ye fis connaissance avec un vieux et digne Calédonien, qui était absent de son pays depuis trente ans. Ha- J[>itué dès son enfance à la noble profession des armes» il avait (ait la guerre dans les quatre parties du monde , recueillant des lauriers et versant son sang pour son pays dans toutes les contrées. Pendant la courte paix d'Amiens , le 4ésir de revoir la France, où il avait reçu son

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éducation , le porta à débarquer sur ses rivages. La mauvaise foi et la perfidie du gouvernement qui y dominait alors l'y retînt prisonnier jusqu'au moment où il fut délivré par les armes des puissances alliées ; mais alors sa santé était si mauvaise qu'il ne put partir sur-le-champ. Au bout de bien peu de tems, la guerre recommença , et il prit encore les armes pour l'honneur dfe son pays.

Pendant ce . long espace de tems , tous ses parens avaient disparu du théâtre de la vie ; la vieillesse , les maladies et la main destructrice de la guerre les avaient moissonnés. Il avait vendu son modique héritage pour soutenir une vieille mère et avancer ses frères chacun dans leur profession ; il se trouvait donc seul dans le monde ^ et sans autre revenu que la chétive demi-paie qu'il avait si bien gagnée.

A son langage et à son air, tous nos compatriotes l'auraient pris pour un étranger. II n'avait aucune relation directe ou indirecte avec les montagnes d'Ecosse, pays où il avait reçu le jour ; il n'y possédait aucune propriété ; il n'y trouvait rien qui pût l'intéresser. Il avait beaucoup d'amis en France ; il y était estimé et

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considéré , et il semblait y avoir pris racine ; vivant avec tant d'ordre et d'économie , que son faible revenu suffisait pour lui procurer tout ce qu'un esprit naturellement prudent et modéré pouvait désirer.

Son cœur n'avait pas toujours été étranger h un tendre sentiment ; mais l'honneur ne lui avait pas permis d'unir à sa pauvreté celle qu'il aimait , au risque de donner le jour à des enfans qu'il laisserait un jour sans ressources ; car l'objet de son affection dépendait entièrement de sa famille. Cette circonstance contribua probablement à lui donner un air un peu mélancolique , et augmenta son goôt pourTétude. Il s'y livra avec ardeur, et acquit des connaissances précieuses dans les sciences et dans la littérature.

Une ame forte et une philosophie salutaire lui apprirent enfin à vaincre sa passion , et domptèrent la fièvre d'amour qui lui avait agité le cerveau. Cependant il avançait en âge , et l'âge , calmant les feux d'une jeunesse passée, lui fit sentir qu'il n'était plus dans la saison des amours, et lui fit regarder le célibat, non-seulemenl comme supportable , mais comme désirable. II ^vait donc alors tout ce qui peut rendre la vie

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heureuse, des habitudes tranquilles, des trësors de connaissances, des jouissances intellectaelles, Testime de soi-même, le respect des autres, une bonne constitution et un revenu , modique à la vérité , mais suffisant à tous ses besoins , dam un pays fertile , où tout est à bon marché , et dont le climat est bien supérieur à celui de la Calédonie. Il semblait pourtant toujours inquiet et mécontent. Cette inquiétude et ce mécontentement ne firent que croître avec le tems , le plongèrent dans un état de mélancolie habituelle , et influèrent enfin sur sa santé.

Son mérite et son urbanité m'ayant attaché à lui, j'éprouvais le plus vif désir de soulager ses peines, mais il fallait en connaître la £ause. J'entamai ce sujet avec toute la délicatesse possible, et je lui fis une offre illimitée de mes services. Il hésita , et il semblait honteux d'avouer la vérité. Enfin il convint qu'il était attaqué de ce qu'on appelle la maladie du pays. Quoiqu'il n'y eût ni famille , ni parens , ni amis , ni domicile, son cœur ^tait dans ses montagnes^ et il ne pouvait être heureux sans les revoir. Cet état était d'autant plus fâcheux qu'il empirait tous les jours, et qu'il n'avait guère la perspec-

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tire de pouvoir satisfaire g^ irrésistible besoin du cœur.

#c Ce beau soldl, me dit-il un jovir , est trop brillant pour moL C'est comme la robe splen* 4ide d'une dame de la cour; cm Tadmire sans y prendre iatërét Combien je lui préférerais mas rochers sternes et mes vallons solitaires! si je pouvais gravir ma kiontagne natale ^ je crois que j'y respirerais une nouvelle vie. Je ne puis supporter ridée de mourir sur une terre étrangère , au lieu de fouler aux pieds nos bruyères pendant le peu de tems qu'il me reste k vivre , et d'en être couvert apr^ ma mort. »

Ses j6ues s'enflammaient toutes les fois qu'il parlait de l'Ecosse. Les larmes lui coulaient des yeux, quand il prenait Bums on Ossian; car, avec tout cet amour pour son pays, la distance de huit cents milles, et la difficulté de Ëiire des éptf gnes s?u: une modique demi^paie , opposaient à ses désirs des obstacles qui lui punissaient insunnontables.

Je ne perdis pas un instant pour lui ;ofrrir une place dans ma voiture jusqu'à Londres , et dès qu'il fut dans cette capitale , il n'en perdit pas davantage ponr s'embarquer pour Leith.

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Arrivé dans cette ville , il en partit à pied , accompagné d*un vétéran montagnard , qui, avait fait sous lui plusieurs campagnes , et qu'il avait rencontré par hasard. Il gagna enfin le pays des bruyères , et , quoique quelques-uns de ses souvenirs doivent avoir été mêlés de regrets ^ picH amor pairiœ , le plaisir de se retrouver sur son sol natal remporta sur tout. Sa maladie du pays , une fois guérie, il n'en connut plus d'autres , et il promet d'atteindre Tâge des patriarches, et d'être réuni à ses pères après une vie aussi longue qu'honorable.

Après avoir parlé de cet amour ardent pour sa patrie qui anime le Calédonien , et qui lui inspire le courage de faire les plus grands efforts pour gagner, en pays étranger, les moyens de retourner chez lui , et d'y goûter le bonheur dans une retraite paisible, voyons maintenant quelles sont les t]ualités qui le mettent en état d'exécuter ce projet.

L'esprit de l'Ecossais est particulièrement actiC La tempérance , la modération , la patience , l'empire sm* soi-même, une raison calme, un saag'fin)i4 ioiperturbable dans les difficultés , sont surtout les qualités qui le caraclérisent, et

elles sont éminemment nationales. Il a aussi une autre vertu très-utile , que ses ennemis transforment méchamment en servilité , c'est im esprit de soumission louable aux circonstances , ce qui maintient en lui la discipline , Tordre et la subordination , sans qu'il lui en coûte un murmure. Mais, s'il garde un profond silence, s'il est résigné au sort et à la fortune , ce n'est pas qu'il soit plongé dans Tapathie ; c'est une véritable sagesse qui lui dicte cette conduite. Personne ne porte à un plus haut degré la sensibilité , l'honneur , et une noble indignation ; mais il sait que la discipline est aussi nécessaire que la valeur dans une armée , et que l'obéissance et la subordination ne sont pas moins indispensables dans toutes les conditions de la vie, qu'une fidélité incorruptible et une industrie infatigable.

C'est par ces moyens que nous le voyons souvent s'élever au plus haut degré dans sa profession; devenir, par exemple, associé de la maison de commerce où il a d'abord occupé le poste le plus humble. Ce n'eçt pas à l'intrigue quMl doit son avancement dans le monde ; le vrai Calédonien n'a pas ce qu'il faut pour s'y

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livrer; il u'ea est redevable qu^à une conduite <koite et ferme. Un homme qui en a d^autres sous ses ordres, dans quelque ëtat que ce soit, ac* cordera naturellement sa confiance , par préférence, à celui que son empire sur ses passions, Tusage modéré qu'il £ait de Tautorité qu'il peut avoir, et son travail assidu, rendent digne de les posséder, et capable d'exercer des fonctions plus importantes. II arrive même que ses habitudes d'industrie et son mérite gagnent et convertisent enfin jusqu^à ceux qui avaient conçu des préjugés contre son pays.

Parmi les qualités qui le caractérisent, la persévérance est une des plus précieuses. De même que la goutte d'eau qui tombe de moment en moment sur la pierre la plus dure , quoiqu'elle s'évapore ou s'écoule en un instant, finit par creuser le rocher qui paraissait impénétrable; ainsi le Calédonien marche toujours droit à son but, quoique ses efforts réitérés soient encore infructueux-, mais le tems, le courage et la patience surmontent enfin tous les obstacles , et finissent par faire impression.

Le montagnard possède cette vertu au plus haut degré. En amour comme en amitié , c'est

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niiroc aussi inébranlable que les montagnes qui Font vu naître. C'est une tour de force du ëôté de rhonneury et rien n'égale son respect et sa fidélité pour son cbef. L'histoire de Donald , qu'on surnomma le Désappointé^ fonmit un tableau fidèle de ce caractère persévérant.

Donald n'était encore que dans le premier printems de la vie quand il devint épris de l'aimable Marguerite, la plus jeune des filles du cbef de son clan. N<m*seulement il faisait partie de ce clan, mais il était même parent du chef. Son père avait été. capitaine dans l'armée, et l'affection du clan pour sts chefs successifs n^avait ni chancelé ni varié depuis plusieurs siècles. Quelques projets que put former le chef, tous les membres de la famille de Donald étaient toujours prêts à le seconder. Donald était chéri de tout ce qui l'entourait ; ff était jeune , brave et bien fait ; mais il avait un grand défaut aux yeux du monde : il était pauvre.

La belle Marguerite ne fut pas insensible au mérite de Donald , mais elle craignait la colère de son père ; et Donald , quand il eût été question de sa vie , n'aurait osé exciter le coufroùx du laird. C'était être trop ambitieux qne de

lever ses regards si haut, sans avoir de fortnne pour appuyer ses prétentions. 11 prit donc la résolution de vendre sa commission d'enseigne , et de braver les périls et la mort dans les climats les plus malsains, afin d'acquérir ce qui lui manquait pour pouvoir raisonnablement aspirer à la main de la fille de son chef. Il abandonna le haussecol et le ceinturon , le plaid et le bonnet surmonté d'une plume ; renonça à une profession pour laquelle il semblait fait, et qu'il aimait de prédilection , pour lutter contre des obstacles et des difficultés innombrables , afin d'amasser de quoi placer l'objet de son idolâtrie dans une situation digne d'elle.

On peut aisément supposer que Donald n 'informa jamais le laird de ses projets , mais il eut soin d'en faire part à Marguerite ; après quoi , lui faisant ses adieux , il partit en se résignant , sans murmurer , à tout ce que le destin pouvait lui réserver dans sa course après la fortune.

Le tems s'écoula, et ne fit qu^ augmenter les efforts de Donald. Ils surpassèrent Timagination , et il serait impossible de les décrire. Travail , fatigue , dangers , maladies , naufrages , rien ne le rebuta ; il passa bien des nuits sans dormir ,

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brava les rayons ardens du soleil ; à cbaque péril , il opposait Tespoir de la récompense qu'il espérait; chaque obstacle disparaissait devant son énergie, et chaque revers ne faisait qu'aîouter à son courage.

Pendant son absence , il' correspondit avec Marguerite, et il se fit un plaisir d'envoyer des présens à son chef, espérant qu'ils aplaniraient le chemin à la demande qu'il se proposait de lui faire un jour, et contribueraient à la faire accueillir favorablement.

Arriva enfin l'époque où , ayant amassé une assez belle fortune , il se disposa à retourner dans son pays natal, pour déposer ses trésors aux pieds de l'amour ; pour faire sur le chaste autel 4e l'hymen l'offrande d'un cœur pur et sans tache , et de tout ce qu'il possédait. Comme la fièvre de l'impatience brûlait dans ses veines quand il approcha des côtes de la Grande-Bretagne ! Sa traversée avait été longue et périlleuse; elle avait duré plus de cinq mois, et il s'en était écoulé plusieurs , avant son embarquement, depuis les dernières nouvelles qu'il avait reçues de Marguerite. Dès qu'il eut mis le pied sur le rivage , il voyagea jour et nuit pour ga-

gner ses moRtagaes , son corar bondissant dans sa poitrine , comme le daim qui les grarissait.

A^ec quelle fierté il songeait aux produits de son industrie! arec quel plaisir il contenq)Iaif son trésor! Ce n'était pas le plaisir d'un avare , car ce n était pas pour lui qu^il Tarait amassé. Combien les priva timisquHl s'était imposée» lui paraissaient douces , en pensant à Theureux moment qui allait Ten récompenser, et qu'il croyait si prochain ! Elles étaient déjà cent fois payées dans son esprit. Qu'étaient de tels sacrifices près de Taraour qui les avait inspirés? Son tems d'épreuves était terminé , mais il aurait été prêt à s'y soumettre encore.

Comme le marchand qui , placé sur le rivage, voit te navire chargé de toute sa fortune , couler à fond à Tinstant où il comptait qu'il allait entrer dans le p<Nrt, ainsi Donald /plein d'espoir et d'amour, arriva pour trouver Marguerite, épouse d'un autre. Qu'étaient maintenant pour lui ses richesses? Pourquoi avait-il enduré la fatigue et les humiliations? pourquoi s'était-il soumis à des travaux longs et pénibles? pourquoi avait-il abandoimé. une profession qu'il aimait et à laquelle il faisait honneur? pour un

«ruel désappoiaf «rn^nt , pom* dt$ espérMcés flétries j pow âne perspnêtive éeiip^e. M ^vguerite ëlttit reconnaissaiite ée la préférence qv^ii coatinuail à loi aecorier , mais le teois avait asé son amour. Et qae lui importait sa recoiiiiaîs-> sance ? Elle n'était qtt*ime ifisntte pour lai , an ontrage à sa fidélité. Il ne resta qne quelques jours dans les Ketix où il avait passé nne jeunesse plus heurense , et il s'en éloigna pour toujours.

On voit assez fréquemment de semblables traits d'amour et de fidélité dans les montagnes d'Ecosse, et dans tous les rangs de la soeiété, depuis la première classe jusqu'à la dernière. L'homme bien né consacre aux armes la moitié de sa vie, pour revenir mettre aux pieds de celle qu'il aime ses lauriers et le fruit d'une économie sévère , et en chercher la récompense dans les bras d'une affection constante. Le soldat et le marin épargnent quelque chose tous les jours sur leur paie, pour avoir, à leur retour, un petit trésor à partager avec leur maîtresse. J'ai connu un jeune médecin qui , n'osant avouer sa passion pour la fille de son protecteur, partit pour les Indes $ y exerça honorablement sa pro^

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fession pendant ptusieurs années, et en revint avec une fortune considérable, dans le dessein de la demander en mariage. Mais, ayant cru que l'honueui lui déf«idait de nuire à la fortune de sa maîtresse en lui demandant, avant son départ, une promesse de fidélité, il la trouva épouse d'un pauvre ofScier. Il ne survécut pa» long- tems à ce malheur , et lui laissa , ainsi qu'à ses enfans , tout ce qu'il possédait.

11 faut pourtant convenir que les exemples de constance mutuelle sont beaucoup plus fréquens en Ecosse. J'y ai connu beaucoup de Donalds, et l'on y voit très-peu de Marguerites.

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