LES AMUSEMENS
Que le dimanche, dans tout pays chrétien, doive être spécialement consacré aux louanges du Créateur , c'est une vérité qu'aucun de mes lecteurs ne niera, j'espère. Le second objet de ce jour est de procurer du repos à cette classe laborieuse de la société qui travaille , pour le grand et pour le riche , pendant les six autres jours de la semaine. Il existe pourtant, en divers pays, différentes manières d'employer et de sanctifier cette fête hebdomadaire. La question est donc de savoir quelle est celle qui est la plus conforme à la religion et à la morale ,
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la plus propre à contribuer au bonheur de rhomme.
Sur le continent, à peine les rites religieux sont-ils terminés, que les bals et les spectacles y succèdent. Dans bien des endroits, les boutiques sont entièrement ouvertes; dans d'autres elles ne sont fermées qu'à demi. Des baladins , des charlatans , des arracheurs de dents et des chanteurs remplissent les places publiques, et l'on y voit régner une grosse gaîté , peu convenable à la sainteté du jour. Ceux qui veulent justifier cet usage , disent qu'il a été introduit pour procurer une récréation innocente aux classes laborieuses , et qu'il est juste qu'elles aient leurs arausemens aussi bien que ceux que la naissance et la richesse a placés dans un rang supérieur. Je n'hésiterais pas à penser de même , si ces divertissemens étaient de nature à améliorer leur condition et à réformer leurs mœurs ; mais, d'après la manière dont ce système est organisé , tout commentaire serait superflu , et Terreur de ce raisonnement est évidente.
En Ecosse , au contraire , le dimanche offre une scène affairée de piété qui n'est pas sans
ostentation. On ne sûnge qu'à aller à Tëglise et à chanter deskymnes ; on ne rencontre dan« les rues que des figures allongées ; lontes les ser-"* vantes ont en mains leur profession de foi , c'esl^ à-dire «ne Bible, qu'elles ptM'teint comme en triomphe à leurs converticules respectifs, oii Ton ne trouve pas toujours Tesprit d^une véritable religion. Tous les lieux publics sont fermés ; la danse et la musique , même dans une maison particulière , sont des péchés mortels ; le son de Torgue même blesse une oreille presbytérienne , et la manière ordinaire de ti^rminer la journée est de s'endormir en lisant le volume sacré , tandis que les soi-disant libéraux se livrent aux plaisirs de la table, et substituent les liqueurs spiritueuses aux exhortations spirituelles.
On ne peat blâmer les pieuses intentions de nos voisins ; on ne peut même s'empêcher de louer la rigidité du respect qu'ils ont pour le dimanche ; msûs revêtir la religion de denil , c'est agir contre ses intérêts ; c'est rendre les vérités saintes si sombres et si terribles, qu'elles perdent l'esprit de paix , de doneeuc et de consolation