‹ L'hermite en RussieChapitre 20 sur 91 · LE PREMIER JOUR BE L'AN · texte numérisé non relu

LE PREMIER JOUR BE L'AN

Cette fête ;, peut-être unique dans le monde , est originale, extraordinaire, menreilleuse-Si TOUS pensez que ce soit trop dire , vous aares tort ; toutes ces expressions restent au dessous de la vérité.

Le souverain et sa Camille commencent Pannée au milieu du peuple; vingt* cinq mille biUetiS sont distribués. A ^ept heures du soir les portes du Palais d'Hiver s'ouvrent à la foule ; nul n'est exclus : la richesse et là pauvreté , le feld-maréchai et Tinvalidé, la princesse et la lingère , le maître des cérémonies et le maître de danse , la dame d'honneur et la demoiselle de compagnie , le chambellan et le valet de chambre , l'académicien et Thomme qui ne sait pas lire , la reine de Géorgie et la modiste française, tous lesrangs , touteslesclassesviennentse confondre aux pieds du trône; tout le monde peut espérer up regard , un sourire , un mot obligeant du monarque. Si les hasards de la foule placent un mougik près de Tempereur , le grand seigneur, debout, derrière ce paysan, le laisse jouir de sa bonne fortune sans songer à la lui ravir. .

Quelque nombreuse que soit cette assemblée , personne ne se permet un manque de respect ; pas un désordre , pas une insolence , pas un vol »

US^ PREMIEB JOtJR DE L'AN. ' 87

et cependant pas un soldat, pas nne baïonnette ; tout appareil militaire est banni de cette enceinte : à quoi bon des armes lorsqu^on est en faraiHe?

Les marcbandes rosses traversent les flots pressés de la multitude avec des coiffures , des coiiiers et des pendans d^oreilles en diamans on perles fines , sans éprouver aucune crainte. Cependant , il est permis de croire que , sur ces vingt-cinq mille individus , quelques-uns furent fripons hier et le seront demain ; mais , dans cette soirée , le respect^ la curiosité satisfaite , le plaisir, enchatnent f9t filouterie t on dirait^ que ces chevaliers d^industrie déposent leur savoir faire aux portes du palais, comme ils y, laissent leurs pelisses. .

A sept beures , le ccnrps diptomatîque est in-tfoduit dans la salle de Saint-Georges.^ A la droite du trAne , et un pen^audessous des marches, est une enceinte formée de paravens k hauteur d^appui, sur trois côtés: c'est là que fempereiir, l'impératrice, les grands ducs et les* grandes duchesses, se rendent suivis d^une cour nombreuse. On s^asseoit quelques instans dans ce lieu réservé 9 et , dès ce moment , la

Page 1